Avant même le début de l’Euro 2016, l’Italie tirait la sonnette d’alarme : Claudio Marchisio blessé, Marco Verratti forfait, Andrea Pirlo évincé… Peu de chances que la sélection italienne, de réputation très défensive, ne s’illustre dans un domaine où elle allait manquer cruellement de ses leaders.
Pourtant, après deux matches brillamment exécutés, la Squadra Azzurra s’est qualifiée pour les huitièmes de finale de la compétition, s’illustrant justement dans ce domaine si cher à Antonio Conte. Et cette surprise est aussi l’œuvre d’un joueur, Leonardo Bonucci, bien plus qu’un simple défenseur.
Aux côtés de Chiellini et de Barzagli dans l’inamovible 3-5-2 de Conte, Bonucci est peu à peu devenu le patron d’une défense bien huilée et déjà affinée par le sélectionneur sur le banc de la Vieille Dame. Aujourd’hui, Bonucci est le maillon fort de la chaine, l’illustre soldat avec une rage communicative.
"À nous défenseurs d'aider l’équipe, de lui faire passer ce petit palier qui nous manque pour rivaliser avec les plus grands. Nous devons compenser les absences de talents par notre organisation, notre agressivité, notre faim. On n’a pas de limite. On a le savoir tactique pour poser des difficultés à n'importe quelle équipe. Quand tu es l'Italie, tu dois au moins arriver en quarts de finale", concédait-il lui-même avant le premier match de l’Italie.
Getty ImagesPourtant du talent et du sens tactique, Bonucci n’en manque pas, comme il l’a démontré depuis le début de l’Euro. Pour l’entrée en lice de l’Italie face à la Belgique (2-0), il a tout simplement été le joueur le plus brillant de la Nazionale. Solide en défense, il a non seulement muselé les individualités belges, mais a été le premier relanceur pour permettre à sa sélection de se projeter en bloc et de lancer des offensives.
Bonucci comprend et saisit les opportunités. D’ailleurs, c’est d’une de ses sublimes ouvertures en profondeur que vient l’ouverture du score de Giaccherini. Précieux, il l’a également été contre la Suède d’Ibrahimovic en combinant parfaitement avec Chiellini, venant à bout de l’équipe suédoise en résistant et en s’assurant un nouveau match sans encaisser le moindre but (1-0).
"Leonardo Bonucci est depuis toujours l'un de mes footballeurs préférés", avait prévenu Pep Guardiola, qui l’imaginait déjà dans la liste des meilleurs défenseurs d’Europe aux côtés des Ramos, Silva ou Hummels.
Car s'il peut paraitre moins solide que ses deux partenaires sur les duels, Bonucci a d'autres atouts. Parfait sur ses interceptions, premier constructeur du jeu à l’italienne, c'est un défenseur qui a le regard porté - comme ses passes - vers l'avant.
S’il est l’un des hommes qui a permis de relever la tête d’une sélection venue sur la pointe des pieds, il en sera certainement l’un des héros pour la phase finale. Car avec l’Italie, les lumières sont enfin braquées sur la défense.
Et pour le dernier match de la phase de groupes contre l’Irlande, malgré une qualification en huitièmes de finale déjà acquise, Bonucci n’aura qu’une seule et unique mission : prouver qu’il est définitivement au sommet de son art.



