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Ils ont fait l'histoire de la CAN : Laurent Pokou

Les plus jeunes ont connu Didier Drogba, les plus vieux Laurent Pokou. Décédée à 69 ans en novembre dernier, la légende ivoirienne a laissé une trace indélébile dans l'histoire de son pays. Plus qu'un footballeur, "c'était un artiste" pour Alain Cosnard, ancien joueur du Stade Rennais et vainqueur de la Coupe de France 1971. "Tu aurais dû naître Brésilien", lui avait même dit Pelé, en personne. Un joueur d'exception, qui aura marqué l'histoire de la Côte d'Ivoire autant - si ce n'est plus - que celle de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) au-dessus de laquelle plane actuellement l'ombre d'un talent hors norme.

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Considéré comme le meilleur joueur ivoirien de l'histoire, Laurent Pokou n'est donc pas là pour voir les Eléphants défendre leur titre au Gabon. Il restera aussi, dans l'esprit des observateurs, l'un des plus grands joueurs de l'histoire du football africain. "Il a marqué non seulement l’histoire du football ivoirien, mais également celle de l’Afrique. Pendant longtemps, Pokou a détenu le record du nombre de buts (14) inscrits lors d’une phase finale avant que Samuel Eto’o ne le dépasse en 2008 (16 buts)", rappelait justement dans Le Monde son compatriote et ancien sélectionneur national, Georges Kouadio.

5 buts en un seul match à la CAN

Laurent Pokou n'a jamais remporté la CAN. Et pourtant, c'est grâce à cette compétition qu'il a lancé sa carrière à l'échelon international... À 27 ans seulement. Un départ sur le tard en raison de la volonté des autorités ivoiriennes de ne pas le laisser quitter le pays à une époque où le football n'était que semi-professionnel, là-bas. Il a débarqué à Rennes en 1974 où il a naturellement construit sa légende. Giovanni Sio, l'attaquant du club breton présent à la CAN avec la Côte d'Ivoire, lui a d'ailleurs rendu hommage après son but inscrit en Ligue 1 face à Angers (1-1). Un hommage parmi d'autres, au final.

Au pays des Hermines, Laurent Pokou était surnommé le "Duc de Bretagne". Lui-même disait avoir une attache particulière avec cette région. "La Bretagne, c’est une partie de moi-même, et je ne cesserai jamais de le dire. Je suis fier d’y retourner, tant que j’aurai la santé. Rennes, c’est le club de ma vie", confiait-il lors de son retour à Rennes en 2009. Deux jours après son décès, le 13 novembre 2016, un vibrant hommage lui a également été rendu au stade Bollaert avant le match amical entre l'équipe de France et la Côte d'Ivoire (0-0). Ce qui ne sera pas renouvelé à la CAN en ce mois de janvier.

On retrouve pourtant le nom du natif de Treichville (un quartier d’Abidjan), quadruple champion de Côte d’Ivoire et sextuple vainqueur de la coupe entre 1967 et 1980, dans le livre d'histoire de la CAN. Avec le chiffre 5, comme le nombre de buts inscrits par Laurent Pokou lors de la plus large victoire de l'histoire de la compétition. Sous son impulsion, la sélection ivoirienne avait sèchement battu l'Éthiopie 6-1 lors de l'édition 1970, organisée au Soudan. Un record vieux de quatre décennies, qui n'a que très rarement été menacé depuis. Le sera-t-il cette année ? C'est ce que l'on verra dans les prochains jours...

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