Décontracté et accessible, André-Pierre Gignac s'est longuement attardé sur le scénario de cette demi-finale contre l'Allemagne. L'ancien Marseillais, chez lui dans cette enceinte du Vélodrome, n'a pas caché son soulagement et se projette sur la finale contre le Portugal.
André-Pierre, quel sentiment règne après cette superbe victoire ?
André-Pierre Gignac : On a fait un bon début de match, 10 bonnes premières minutes. Après, ils ont mis un peu le pied sur le ballon. On a eu pas mal de difficultés. On a tenu, on a bien défendu et on a fait une bonne deuxième mi-temps. On les met en danger sur des coups de butoir. C'est un beau match... C'est un beau match parce qu'on a puisé dans nos réserves, on a mis tout ce qu'on avait.
Est-ce que c'était une consigne de leur laisser le ballon ?
Pas du tout, mais on a pas eu le choix, c'est comme ça. Avec les joueurs qu'ils ont au milieu, que ce soit Kroos ou Özil, la qualité technique qu'ils ont pour se mettre dans les intervalles, c'était très compliqué. Mais on a tenu bon. On a eu ce penalty à la 45ème minute. On marque et tout de suite après c'est la mi-temps donc c'était un bon avantage. Et psychologiquement, peut-être que ça leur a mis un coup derrière la tête. On est rentré en deuxième mi-temps avec les mêmes intentions, ça a été compliqué, forcément, face aux champions du monde. Mais on est là. On est à la maison. On a montré qu'on en voulait plus qu'eux et au final on a remporté cette rencontre, et dimanche on sera au Stade de France.
Avez-vous eu peur lorsqu'ils ont commencé à mettre le pied sur le ballon ?
Non, on n'a pas eu peur. C'est un match de foot. On avait des consignes très strictes qu'on a bien appliquées.
C'était quoi ces consignes ?
Ne pas les laisser prendre trop le ballon non plus. Serrer Özil, ne pas le laisser sur son pied gauche ouvert parce qu'on sait que sur ses passes ou sur ses frappes il est dangeureux. C'est le chef d'orchestre allemand. Mais au-delà de ça, on a marqué ces deux buts, et je pense que c'est bien mérité.
Qu'est-ce qui est jouissif aujourd'hui pour vous ? Battre enfin l'Allemagne par rapport au passé ?
Non ce qui est jouissif ce n'est pas ça... Bon c'était une période noire pour l'équipe de France ce match à Séville, mais pour les anciens je pense que ça va être bien. Ils vont être contents pour nous. Et en même temps voilà, il y a eu une petite pique parce que quand on voit leurs titres aujourd'hui... Quand on est arrogants comme ça, le football te donne un coup sur la tête. Donc ça va leur faire du bien. Ce genre de choses, ça envoie quand même des piques.
Le Portugal, ça vous inspire quoi ?
On va bien récupérer déjà. Ils ont eu un Euro mi-figue mi-raisin on va dire, mais ils sont là. Ils ont fait une belle demi-finale contre le Pays de Galles qui avait fait un bel Euro. Donc on verra comment on prépare ça. Mais premièrement, se régénérer c'est le plus important.
Joachim Löw a dit que l'Allemagne était la meilleure équipe sur le terrain. Vous êtes d'accord avec cela ?
Ben il aurait été en finale s'il avait été le meilleur.
Par Loïc Tanzi, au Stade Vélodrome





