Pas forcément programmée à l'égard du calendrier de ce groupe B, la défaite concédée contre les Pays de Galles de Gareth Bale a de facto plongé la Slovaquie dans une situation d'urgence : gagner ou, très vraisemblablement, mourir face à la Russie. Un match à quitte ou double. Une nuit afin d'affirmer ses ambitions ou faire une croix sur ses aspirations.
Le stade Pierre-Mauroy de Lille, mercredi dernier, a été le théâtre de la confirmation : Marek Hamsik est entré de plein pied dans cet Euro 2016 en exerçant sa fonction de leader à l'instar d'Andres Iniesta, Toni Kroos, Luka Modric ou encore Dimitri Payet. Le mérite est sans doute encore plus important en raison des limites inhérentes à la sélection dirigée par Jan Kozak. Au contraire de l'Espagne, l'Allemagne, la Croatie ou la France, la Slovaquie ne dispose pas de recours afin de se montrer performante au plus haut niveau, autant sur le plan individuel que collectif. À travers son implication totale, Hamsik est parvenu jusqu'alors à élever le niveau global de son groupe en rendant ses coéquipiers meilleurs et en conférant une valeur ajoutée conséquente à la compétitivité de la Slovaquie.
La créativité de la Slovaquie dépend d'Hamsik
Par sa pure qualité individuelle, le natif de Banská Bystrica est capable de faire la différence comme en témoigne sa passe décisive du milieu de terrain à destination de Vladimir Weiss sur le premier but de son équipe et plus encore sur son exploit individuel, alliage de technique et précision, face à une défense russe passive. La créativité de la Slovaquie est intégralement tributaire des pieds de Marek Hamsik. Si la sélection est capable de se persuader d'adopter une approche qui pourrait être jugée comme peu protagoniste - se replier puis attendre afin d'avoir des opportunités claires - c'est grâce à Hamsik. L'impact de Maurizio Sarri sur le rendement du milieu de terrain - repositionné en relayeur à Naples cette saison - joue également pour celui qui semble être arrivé à sa maturité footballistique. Avec Naples en Serie A cette saison, Hamsik a été le premier créateur d'occasions (94) puis inscrit 6 réalisations et délivré 11 passes décisives.
Capable de transformer une équipe sans capacités compétitives à un collectif sûr de sa force, Hamsik a assumé son rôle de leader depuis le début d'un tournoi dans lequel les espaces sont rares. Un mérite qu'il ne faut pas mésestimer. Dans l'optique d'une qualification pour les huitièmes de finale de l'Euro 2016, Wayne Rooney et les Anglais sont prévenus du danger. Le Chaudron de Geoyffoy-Guichard est prêt à entamer son ébullition.

