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Barella InterGetty Images
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Inter : les chiffres confirment la baisse de régime de Barella, mais ses propos après le derby sont plus inquiétants

Le derby perdu 3-1 par l'Inter, le septième consécutif sans victoire pour le club, a suscité une profonde réflexion au sein de l'Inter. Au Giuseppe Meazza, malgré la circonstance atténuante d'une condition physique loin d'être optimale pour de nombreux joueurs, beaucoup ont essuyé une sévère désapprobation. Parmi eux, celui qui fait le plus parler, notamment en raison de ses propos d'après-match, est Nicolò Barella.

Le milieu italien a commis des erreurs importantes sur le terrain. Il est en net recul par rapport aux deux dernières saisons, comme le confirment les chiffres. Mais son interview d'après-match suscite elle aussi des interrogations : il y a mis en cause sans détour ses coéquipiers et l'entraîneur Cristian Chivu.

  • QUELLES ERREURS DANS LE DERBY

    Pour Barella, le derby est à oublier totalement : la moyenne de ses notes ne dépasse pas 4,5, avec des commentaires comme « à côté de son sujet », « lent », « touche trop le ballon », entre autres.

    Sur chacun des trois buts de l’AC Milan, il y a quelque chose qui ne lui ressemble pas : sur le premier, il revient en marchant et tarde à aider sa défense sur le centre que Pulisic reprend de la tête. Sur le deuxième, Rabiot part de sa position et Barella le laisse passer comme s’il ne pouvait pas représenter un danger. Enfin, son choix de tenter de sortir de sa défense balle au pied est insensé : il perd le ballon et commet, à l’entrée de la surface, la faute que Moreira transforme en but.

  • DES CHIFFRES EN BAISSE

    Plusieurs statistiques importantes de Barella sont en net recul par rapport à la saison dernière, ce qui est particulièrement notable pour un joueur avec ses caractéristiques. L’ancien joueur de Cagliari est l’un des meilleurs milieux de terrain d’Italie quand il est en forme et peut donner le meilleur de lui-même, tant sur le plan de l’explosivité que sur le plan mental.

    Cette saison, alors qu’il semblait déjà en baisse la saison passée, Barella parcourt en moyenne la même distance par match, mais sa moyenne de course au sprint a presque été divisée par deux par rapport à l’an dernier (13,7 contre 7,8).

    Quelles conséquences ? Le nombre moyen de tacles par match est en baisse (1,6 contre 1,1), tout comme celui des ballons récupérés (4,9 contre 4,3). Il a déjà commis 2 erreurs ayant conduit à un but adverse, contre 0 l’an dernier.

    En phase de possession, le nombre moyen de ballons perdus a augmenté (12,2 contre 11,9 par match), tandis que les passes clés et la précision des centres ont diminué, même si ce n’est que légèrement. Mais c’est surtout le chiffre des xAssist attendus, qui mesure le potentiel offensif des passes destinées à ses coéquipiers, qui s’est effondré, passant de 6,62 à 1,74.

  • « IL NOUS MANQUE LE BON ÉTAT D’ESPRIT. AVEC CE SYSTÈME… »

    En substance, Barella évolue à un rythme moins soutenu que lors des deux dernières saisons. Il se montre donc moins dangereux et a probablement besoin de quelques matches de repos supplémentaires.

    Le sentiment le plus préoccupant, toutefois, est que son principal problème, à l’heure actuelle, n’est pas seulement physique, mais aussi mental. À cet égard, ses propos après le match, au micro de Sky et de Dazn, constituent le signal d’alarme le plus inquiétant.

    « Depuis le début de l’année, nous n’avons pas la bonne attitude. C’est une mauvaise chose. Nous avons aussi montré notre force en seconde période, mais tous les matches ne se ressemblent pas. La fatigue se paie. Nous devons nous regarder en face. Depuis quelque temps, nous n’abordons pas le derby de la meilleure des manières. Être les plus forts ne suffit pas : il nous est déjà arrivé d’être les plus forts sans gagner. 

    Le fait de ne pas avoir de remplaçants frais en attaque sur le banc a probablement influencé les choix de l’entraîneur. Nous avons essayé de faire quelque chose de différent, peut-être en perdant nos certitudes ».

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  • Des propos « à la Bremer », un signal d’alarme

    Ce n’est pas la première fois que des joueurs importants de cet effectif tiennent des propos aussi forts. Alessandro Bastoni avait été le premier à hausser le ton, avant le match de Ligue des champions contre le Shakhtar : « Les finales de Ligue des champions sont loin, revenons sur terre. » Puis Chivu lui-même avait déclaré avant un match : « Si cela fait un moment que nous n’avons pas gagné de derby, il faut se poser une question. Nous devons redevenir plus provinciaux. »

    Et aujourd’hui, c’est au tour de Barella. Mais il s’exprime après une prestation personnelle largement négative, avec des déclarations qui ressemblent davantage à un défoulement qu’à une autocritique. Sur le plan de la communication, c’est un but contre son camp très semblable à celui marqué il y a quelques semaines par Gleison Bremer, qui avait ouvert une période de mini-crise à la Juventus.

    La pique adressée à Chivu et la remontée de bretelles infligée à ses coéquipiers sur leur attitude constituent le signal d’alarme le plus sérieux pour cette équipe. Pas les nombreuses entames de match ratées, ni les matches où elle n’a pas réussi à revenir au score, mais l’absence d’unité dans les intentions, confirmée ensuite par le « Il nous manque un peu de faim » prononcé par l’entraîneur roumain après le match.

    Si l’Inter veut vraiment repartir de l’avant et prendre un tournant dans une saison loin d’être compromise, où elle reste au contraire largement en course sur tous les fronts, c’est assurément par là qu’elle doit commencer.