La sélection saoudienne a créé la sensation lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar en battant l’Argentine, alors championne d’Amérique du Sud et future lauréate du titre mondial, sur le score de 2-1, après avoir pourtant concédé l’ouverture du score.
Getty Images SportEntre réalité et fiction… L’équipe d’Arabie saoudite peut-elle reproduire l’exploit de l’Argentine face à l’Espagne ?
La prouesse argentine… et le rêve espagnol
Malgré l’élimination des « Verts » au terme de la phase de groupes, suite à deux défaites successives contre la Pologne et le Mexique, cette victoire historique demeure gravée dans les mémoires des supporters saoudiens, qui espèrent la revivre lors de la Coupe du monde 2026.
Logée dans le groupe H, l’équipe d’Arabie saoudite affrontera d’abord l’Uruguay mardi prochain à l’aube, puis l’Espagne et enfin le Cap-Vert.
Malgré la dangerosité de l’Uruguay, c’est face à l’Espagne, tenante du titre continental et grande favorite du tournoi selon les données d’Opta, que l’Arabie saoudite espère créer l’exploit.
Si l’Argentine de Messi, recordman des Ballons d’or, a brillé lors de la Coupe du monde 2022, l’Espagne aligne aujourd’hui Lamine Yamal, vice-champion de la dernière édition, ce qui rendrait un succès sur les Bleus tout aussi retentissant.
Le « nœud arabe », une action technique consistant à enchaîner plusieurs dribbles courts et rapides dans un espace restreint, permet au joueur de se libérer d’un marquage étroit tout en conservant le ballon.
Les supporters saoudiens espèrent voir l’histoire se répéter face à l’Espagne, rappelant les difficultés rencontrées par les « Matadors » lors de leurs sorties les plus récentes contre des sélections arabes.
Les Ibériques ont été tenus en échec 0-0 par l’Égypte en mars, puis 1-1 par l’Irak en juin.
Certains diront que la Roja a aligné une équipe remaniée face à l’Irak, mais ce nouveau partage démontre qu’un coup est possible.
Recul saoudien
Cependant, la réalité montre que ce recul n’est pas l’apanage de l’Espagne : la sélection saoudienne traverse elle aussi une période de forte baisse de ses résultats ces derniers temps, et plus précisément depuis le début de l’année, au cours de laquelle elle n’a remporté qu’une seule victoire.
Cette unique victoire a été obtenue contre Porto Rico, 95 places plus bas au classement, une performance conforme à l’écart de niveau.
Pire, les « Verts » ont concédé quatre défaites en six sorties face à la Jordanie, l’Égypte, la Serbie et le Venezuela, et n’ont arraché qu’un match nul contre le Sénégal.
Une série de contre-performances qui réduit comme peau de chagrin les espoirs de créer l’exploit face à l’Espagne et repousse le rêve d’une victoire au rang de simple hypothèse.
Un nouvel appareil technique
Les supporters saoudiens ont retrouvé l’espoir, notamment après le départ de l’entraîneur français Hervé Renard, vivement critiqué durant son mandat à la tête de la sélection, surtout ces derniers mois.
Le technicien hellène Giorgos Donis, fraîchement nommé sélectionneur, a déjà séduit les fans en imposant un style de jeu plus audacieux, notamment dans le secteur offensif où les « Verts » manquaient d’efficacité sous l’ère Renard.
Les fans misent sur l’élan et la motivation que l’arrivée d’un nouveau staff peut insuffler aux joueurs, afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes lors de la Coupe du monde, et notamment face à l’Espagne.
Si l’arrivée d’un nouveau staff peut booster la motivation, elle entraîne aussi un risque d’instabilité tactique, surtout que le style de Donis diffère radicalement de celui imposé par Renard durant son mandat.
Nommé à moins de deux mois du coup d’envoi du Mondial, Donis n’a dirigé que trois matchs amicaux, ce qui limite pour l’instant l’impact technique escompté sur le groupe.
Cette malédiction historique
Outre la réalité du terrain, l’histoire elle-même ébranle les espoirs de la sélection saoudienne : son palmarès mondialiste, qui compte 19 matchs, 4 victoires, 13 défaites et 2 nuls, ne plaide pas en faveur d’une surprise face à l’Espagne.
En 19 matchs disputés en Coupe du monde, l’équipe saoudienne ne s’est imposée que quatre fois, pour treize défaites et deux nuls.
Parmi ces quatre succès, les « Verts » n’en ont obtenu qu’un seul contre une sélection européenne : face à la Belgique lors de la Coupe du monde 1994, pour dix revers, dont une défaite 1-0 contre l’Espagne en 2006.
En dehors de la Coupe du monde, les Saoudiens n’ont jamais battu ni même tenu en échec la Roja, concédant trois défaites en autant de confrontations.
Hors Coupe du monde, la Roja l’a emporté 3-2 en amical en 2010 puis 5-0 en 2012.
Une série noire qui oblige les coéquipiers de Salman Al-Faraj à défier à la fois le passé et la logique pour espérer créer l’exploit face à la Roja.
VOUS AVEZ APPRÉCIÉ CETTE HISTOIRE ?
Ajoutez GOAL.com à vos sources préférées sur Google pour consulter davantage de nos articles
