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Coupe du monde

Uruguay-France : Varane sur un coup de tête, quatre ans après...

21:39 UTC+2 06/07/2018
Raphael Varane Uruguay France World Cup 06072018
Battu sur un duel aérien contre l'Allemagne en 2014, Raphaël Varane a renversé l'opinion en marquant de la tête pour délivrer les Bleus.

Dans une aventure exceptionnelle, chaque match a ses histoires. Et chaque histoire a ses images. Contre l'Argentine, il y avait eu ce but fabuleux de Benjamin Pavard, arrière droit révolté par une erreur de couverture, comme un appel à l'improbable doublé de Lilian Thuram face à la Croatie en 1998. Contre l'Uruguay, c'est Raphaël Varane qui a fait un clin d'oeil à l'histoire. La sienne, quatre ans plus tôt au Brésil, où un duel aérien perdu face à Mats Hummels avait suffi à l'Allemagne pour plomber les Bleus en quarts de finale de Coupe du monde.

L'histoire n'est pas finie, mais la sienne a changé

L'image a continué à planer au-dessus du défenseur français pendant ces quatre longues années, comme pour illustrer les reproches qu'il a longtemps concentré. Alors quand le champion d'Europe est monté dans le ciel pour couper au premier poteau un coup-franc bien boté par Antoine Griezmann, ce souvenir amer est remonté à la surface, forcément. Il y avait tout dans son geste. Le relâchement, le timing, la maîtrise. Et pour le sublimer un peu plus, des adversaires directs réputés pour être maîtres des airs. "C'est de la joie à l'état pur, c'est magnifique", a réagi le patron de la défense française sur TF1 après le match. "J'ai dit à Antoine de me la mettre à cet endroit là il l'a mise. C'est plutôt bien choisi comme moment. Je me le disais tout au long de la saison quand ça ne venait pas, c'est venu au bon moment en quarts de finale".

Raphaël Varane ne le nie pas, le duel face à Hummels l'a poursuivi longtemps. "On m'en parlait parce qu'il n'y avait pas eu d'autre quart entre temps, on ne va pas résumer ma carrière à ça", a-t-il poursuivi, non sans agacement. "Mais ça va faire du bien de ne plus en parler maintenant. Oui on va aller la chercher, on est venu pour ça". Les mots, bien choisis, résonnent encore. Comme son action finalement, ils symbolisent la prise d'autorité d'un joueur plus affirmé que jamais. Car la perception renvoyée par l'ancien Lensois depuis le début de sa carrière était toujours la même. Propre, élégant, bon relanceur et rapide, mais pas assez dur sur l'homme. Cela faisait trop longtemps que le défenseur du Real Madrid avait une réponse à donner sur un autre terrain.

Depuis le début de cette Coupe du monde, il s'illustre donc davantage dans son goût pour le combat. Ses prises de parole, aussi, sont bien plus visibles pendant le déroulement des matches. Comme Antoine Griezmann, Paul Pogba était un de ses rares compagnons de route, au Brésil. Pour lui, le parallèle était évident. Dans sa rhétorique bien à lui, le Mancunien a donné le ton sur TF1. "Combat, rage, envie. On avait envie de gagner, de se surpasser. Aujourd'hui, on a montré ce qu'on valait. Je me rappelle, il y a quatre ans, on a perdu en quart de finale. Coup de boule. En plus, c'était le joueur (Hummels, ndlr) à Raphou (Varane). Aujourd'hui, coup de boule, il le met, ça rentre". Il y a un mois, Raphaël Varane a soulevé la Ligue des champions pour la quatrième fois de sa jeune carrière. Dans l'ombre de Sergio Ramos, leader charismatique et lutteur reconnu, le Français s'est nourri des qualités de son compère de charnière. Alors bien-sûr, le temps n'était pas à l'euphorie pour l'international français. Sa détermination est claire. L'histoire des Bleus n'est pas finie. Mais après cet Uruguay-France, la sienne a changé. Définitivement.