Sélection - Italie, la reconstruction sans fondations

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Opposée à l'Ukraine ce mercredi soir en amical, la Nazionale n'a gagné qu'un match depuis un an. Le renouvellement des cadres se fait attendre.

L'Italie a rendez-vous ce mercredi soir avec l'une des légendes de son championnat. Andreï Chevtchenko, sélectionneur de l'Ukraine depuis deux ans, revient sur les terres de ses exploits ce mercredi soir pour un match amical contre la Squadra Azzurra. L'attaquant emblématique de l'AC Milan dans les années 2000 revient dans un contexte particulier, à Gênes, où la sélection rendra hommage aux disparus de la catastrophe du Pont Morandi. L'émotion passée, "Sheva" fera face à une équipe mal en point depuis maintenant de nombreux mois, voire des années. Le déclin de la Nazionale se situe pour certains après l'Euro 2016, suite au parcours intéressant d'Antonio Conte et de ses hommes, quarts de finaliste en France. La transition avec Giampiero Ventura a été mal opérée et en conséquence, l'Italie a échoué dans sa qualification pour le Mondial russe, lors du fameux barrage contre la Suède

Une seule victoire en un an : contre l'Arabie Saoudite 

Depuis mai 2018, Roberto Mancini est le nouvel homme fort de cette sélection qui se cherche une nouvelle identité mais aussi des joueurs de confiance. En défense, les vétérans Bonucci et Chiellini composent toujours la paire, malgré la perte de leur fidèle compère de la Juventus, Andrea Barzagli, qui a pris sa retraite internationale. Cependant les deux solides stoppeurs n'ont plus leur rayonnement d'avant en sélection. Les chantiers majeurs se situent à de nombreux étages : les latéraux, l'entrejeu et le secteur offensif. De nombreux domaines où l'Italie manque parfois de vivier mais aussi de continuité.

Au milieu de terrain, Jorginho fait l'unanimité à travers ses performances à Chelsea où Maurizio Sarri en a fait le pilier de son équipe. À ses côtés, une nouvelle fois, Marco Verratti focalisera les attentions. Décevant avec le maillot de l'équipe nationale, le joueur du PSG sera attendu au tournant. Pour Gianluigi Buffon, qui s'est exprimé il y a un mois dans les colonnes de la Gazzetta dello Sport, il est même le meilleur élément de cette Nazionale. "Il n’y a qu’un joueur avec du talent en Italie et c’est Verratti. C’est un joueur incroyable par son jeu, son toucher de balle et sa vision du jeu. C’est un génie et tout le monde ne le comprend pas toujours." Annoncé titulaire face à l'Ukraine ce mercredi soir, le natif de Pescara sera sans doute le plus scruté de ceux qui seront alignés au coup d'envoi.

Pour ce qui est de l'attaque, difficile d'y voir clair tant les joueurs changent entre les méformes de certains (Belotti, Balotelli) et les blessures (Zaza). Pour ce qui est des certitudes, Ciro Immobile incarne en club ce haut niveau que désire retrouver la Nazionale. Néanmoins, le buteur de la Lazio déjoue sous le coup de la pression dès qu'il porte ce fameux maillot bleu azur. Un mal récurrent depuis plusieurs années pour les attaquants italiens. La jeune garde a aussi son mot à dire puisque Federico Bernardeschi (24 ans) et Federico Chiesa (20 ans) réalisent un début de saison prometteur en Serie A. L'opportunité de s'installer durablement ne tient qu'à eux alors que Mancini a décidé de rappeler Sebastian Giovinco, trois ans après sa dernière convocation.

"Nous savons que le chemin ne sera pas facile"

Face à ces nombreuses interrogations, le sélectionneur de 53 ans a choisi de prendre de la hauteur et de ne pas se cacher. "Le mot patience ne fait pas partie de notre vocabulaire, nous sommes habitués à être critiqués", a-t-il confié en conférence de presse. Roberto Mancini préfère retenir du positif des dernières sorties de l'Italie, malgré un bilan famélique depuis un an : un seul succès, en amical, contre l'Arabie Saoudite en mai dernier. Pour le reste, quatre matches nuls et quatre défaites. "Nous savons que le chemin ne sera pas facile, commente l'ancien entraîneur de l'Inter Milan. Je préfère noter que le mois dernier nous avons perdu contre le champion d'Europe (1-0) avec une équipe de moins de 23 ans." En faisant référence au match face au Portugal, Mancini souhaite voir du positif là où peu d'observateurs ont été enthousiastes. C'est pourtant bien à travers certaines valeurs morales et mentales que l'Italie se redressera.

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