Avant Saint-Etienne - Dijon : sans faire de bruit, Loïs Diony reverdit après une saison blanche

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Révélé à Dijon il y a 2 ans, Loïs Diony, qui retrouve le DFCO ce samedi à Geoffroy-Guichard (20h30), s'est refait une santé après une année infernale.

Le rôle d'avant-centre est vraiment un métier à part. Loïs Diony peut l'attester, peut-être mieux que tout le monde. Recruté par Saint-Etienne il y a un an et demi pour un montant record dans l'histoire du club (8 millions d'euros + 2 millions de bonus), l'attaquant des Verts a traversé la campagne 2017-18 comme un fantôme. Muet pendant ses six premiers mois dans le Forez, il avait été transféré à Bristol au coeur de l'hiver, mais sa disette s'est poursuivie en Angleterre.

Bien-sûr, le natif de Mont-de-Marsan, qui a fêté son 26ème anniversaire ce jeudi, n'est pas le premier à traverser ce long tunnel obscur, mais tous les buteurs qui ont vécu l'expérience s'en souviennent comme d'un traumatisme, quand les observateurs, eux, la considèrent comme une tâche sur un CV. Alors quand l'ancien Dijonnais a revu la lumière du jour dès la 1ère journée de cette saison, contre Guingamp (2-1), dans la chaleur de l'été, la page s'est tournée. "Je voulais retirer le maillot mais j'avais déjà un jaune et j'allais faire l'erreur de l'année (rires)", avait-il lâché sourire aux lèvres, sur beIN Sports. "J'attendais ce but depuis plus d'un an. J'en ai souffert de cette saison...".

Décalé pour mieux marquer

Plus qu'une nouvelle campagne, cette saison est donc un nouveau chapitre dans la carrière tortueuse de Loïs Diony. Révélé sur le tard après une formation chaotique qui l'a menée de Bordeaux à Nantes, l'attaquant des Verts a emprunté un itinéraire bis pour devenir pro. C'est à Dijon qu'il est vraiment entré dans le circuit. Ses retrouvailles avec le DFCO ce samedi auront donc une saveur particulière, forcément. D'autant que le jeune homme mène enfin sa barque avec les Verts grâce à Jean-Louis Gasset, dont la bonhommie et l'expérience sont précieuses pour un état d'esprit nouveau. L'entente entre les deux hommes n'était pas une évidence, pourtant, parce que l'ancien adjoint de Laurent Blanc n'hésite pas à utiliser l'attaquant sur le côté gauche, là où l'intéressé ne cache pas sa préférence pour l'axe. "Moi aussi il y a des trucs qui me déplaisent. Je m'y adapte", a tranché le coach des Verts. "En partant de la gauche, il n'a pas le souci d'un buteur, et en arrivant lancé, j'estime qu'il a plus de chances". On dit qu'il faut parfois reculer pour mieux sauter. Diony, lui, est décalé pour mieux marquer.

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Quelque part, il n'y a pas de hasard à ce que Jean-Louis Gasset utilise Loïs Diony de cette façon. Elle correspond aussi à ses attributs. Puissant, mobile, généreux, l'attaquant des Verts peut aussi être montré du doigt pour sa finition incertaine ou sa technique un peu frustre. En revanche, sa qualité d'appel et son activité ne sont plus à démontrer. Perçu comme un joueur plus utile que brillant, l'ancien Dijonnais a trouvé sa place dans le secteur offensif des Verts en empruntant ce créneau-là. Son renouveau se traduit dans les chiffres, où tous ses compteurs (et pas uniquement celui de son total de buts) ont quasiment doublé avec le même nombre d'apparitions, d'une demi-saison à l'autre.

PS Diony

À Dijon, personne n'a perdu de vue Loïs Diony. L'attaquant avait formé un duo fructueux avec Julio Tavares qui l'avait vu empiler 22 buts en 2 saisons, dont 11 pour l'année de la découverte dans l'élite. Grand artisan du maintien du club après sa remontée, Diony a surtout laissé l'image d'un garçon attachant en Bourgogne, où Olivier Dall'Oglio avait appris à gérer son tempérament de feu pour optimiser ses qualités. L'entraîneur du DFCO observe donc sa petite renaissance avec bienveillance. "C'est le Loïs qu'on a connu, qui est plutôt efficace et qui est plutôt positif. Ce n'est pas une nouvelle pour nous", a-t-il expliqué cette semaine, sourire en coin, sur France Bleu. "La saison dernière, ça a été un gros apprentissage pour lui. Il est parti peut-être dans certaines certitudes, il s'est cloisonné dans ces certitudes-là. Ce n'était pas la bonne voie, il est revenu à des choses plus raisonnables, plus terrain, plus football. De suite, les résultats sont apparus. Ça fait plaisir, parce que c'est des garçons qui sont passés chez nous, qui ont pu grandir chez nous et qui sont allés voir ailleurs après. J'ai toujours cette âme de formateur, ça me fait plaisir quand des garçons réussissent. S'il ne fait pas un bon match contre nous, je ne lui en voudrais pas quand même". Le message est lancé.

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