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Zinédine Zidane

Real Madrid | Zidane : deux ans de règne et des étoiles plein les yeux

19:01 UTC+1 04/01/2018
Zinedine Zidane, Real Madrid vs Barcelona, 17/18
Cela fait deux ans jour pour jour que Zinedine Zidane entraîne le Real Madrid avec des hauts, débats et surtout, des titres.

Nous sommes le 04 janvier 2016 et Zinedine Zidane est présenté à la presse madrilène. Le retour d'un fils qui s'avérera très prodigue par la suite. Florentino Perez, fragilisé dans le vestiaire merengue comme en dehors après l'éviction du chouchou des joueurs Carlo Ancelotti et l'appointement de Rafa Benitez au projet de jeu abscons et à la communication piteuse fait sauter le fusible que constitue le coach espagnol et engage les manoeuvres d'urgence. 

La presse madrilène parle de "Damage control" ou de "fan service" pour les supporters, certains iront même jusqu'à identifier Zidane comme une victime sacrificielle, jetée en pâture aux médias dans un club qui a digéré puis recraché d'anciens joueurs en quelques semaines par le passé, on pense à José Antonio Camacho, dévoré par les égos galactiques après quelques semaines de "règne" en septembre 2004.

Mais un Zidane ne s'effraie pas aussi facilement. La scène, digne d'un épisode de Game Of Thrones, où il salue un par un ses joueurs dans le vestiaire en les regardant dans les yeux juste après sa désignation fait le tour du monde. Des joueurs qu'il a affronté, d'autres avec qui il a joué et certains qu'il a entrâiné. Zidane les a adoubés, avant de leur promettre qu'il paie toujours ses dettes. 

Les débuts de Zidane sont compliqués. Il perd notamment son premier grand rendez-vous face à l'Atlético Madrid (un adversaire contre lequel il aura beaucoup de joie par la suite) à domicile en Liga sur un but de son compatriote Griezmann. Mais les progrès de Zidane ne se voient pas encore à l'oeil nu. Petit à petit, il parvient à faire de ses joueurs une unité indivisible et imputrescible tout en maintenant subtilement la pyramide des des égos au sein du vestiaire, celle dont sont tributaires les prérogatives et les performances des individus comme du groupe.

Zidane, ancien Galactique, voire même LE Galactique par excellence, comprend les subtilités de la vie d'un groupe aux multiples étoiles. Et les performances suivent. Mais Zizou ne se contente pas de veiller à la bonne vie de l'équipe. Conscient qu'il s'agit de la plus grande opportunité de sa vie, Il se donne à fond et prend même des risques tactiques. Des risques qui, in fine, s'avéreront payants.

L'instauration d'une méritocratie perspicace lui permet une marge de manoeuvre qu'il utilisera pour l'incorporation progressive des jeunes dans l'équipe A. Sa lecture toujours lucide des prestations de chacun lui permettra l'instauration d'une équipe B lors de sa deuxième année de règne avec des joueurs comme Morata, james ou Asensio qui sauveront le Real de moult mauvais pas en championnat notamment. On peut également le créditer de l'épanouissement d'Isco, un joueur qu'il avait contribué à recruter depuis sa position d'adjoint d'Ancelotti, lui confiant la mène de ses offensives la saison dernière après un match épique face à l'Atlético Madrid au Calderon pour cette fois un succès 0-3 sur trois but de Ronaldo en novembre 2016.

Ronaldo, sans doute l'une de ses plus grandes réussites, lui qui a oeuvré pour la transformation du Portugais d'ailier volumineux à finisseur létal, toujours de manière très diplomate, notamment dans sa communication, ne mentionnant jamais que cette transformation s'imposait forcément pour un tentenaire dont la production a toujours dépendu de sa forme physique. Mais la plus grande réussite de Zizou, ce n'est pas sur le terrain qu'elle a eue lieu. Le Français a fait de ce Real Madrid "son" équipe, loin des ingérences présidentielles qui ont toujours, historiquement, gangréné l'organigramme d'un club appartenant à ses supporters, mais constamment guetté par son président comme un mari jaloux.

Avec ses défauts comme avec ses qualités, ce Real est l'équipe de Zidane. Un Real qui entame son année 2018 face à Numancia en Coupe du Roi ce jeudi en étant loin de ses aspirations du début de saison en Liga. Une situation qui évoque énormément les débuts de Zizou en janvier 2016, quand Pérez l'avait chargé de faire fleurir un champ de ruines perclus de mines antipersonnel. Et bougre de lui, il a réussi. En 116 sorties officielles sur le banc du Real, Zidane peut se prévaloir de 8 titres sur 10 possible. Une moyenne assez incroyable d'un trophée toutes les 14 rencontres. Et pas des moindres, puisqu'il y a deux Ligue des champions dans le lot. Deux Ligue des champions consécutives.

Finalement, le Real de Zidane, c'est un peu son fameux amorti en extension. Gracieux, unique, il monte très haut et alors que tout le monde tance son ambition, tanne son audace, attend une blessure et promet un mauvais rebond ou une sortie en touche, Zidane, fait ce qu'il fait de mieux. Il contrôle. À l'époque des Galactiques, les médias avaient un mot pour ça. Zidanesque.