Real Madrid | Gareth Bale, un début de saison et des questions

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Le début de saison de Gareth Bale est à l'image de celui de son équipe : confus, agité et conviant les interrogations.

C'est comme une pièce mal ajustée d'un puzzle aux fragments épars que l'on doit pourtant assembler dans un temps imparti. Gareth Bale et le Real Madrid ne sont pas à leur place au classement et sont loin de s'imbriquer parfaitement entre eux pour le moment.

Bale de match

Sifflé face à l'APOEL, essoufflé face à Valence, inspiré en seconde période à Anoeta, désespéré lors du premier acte contre le Betis, Bale ne sait plus trop où il en est en ce début de saison. L'ailier gallois est l'allégorie parfaite de l'entame de campagne de son équipe. Retour(s) de blessure et course contre la montre inclus. Voire course tout court pour Bale, qui avait atteint sa vitesse de pointe de 35 km/h lors de son but à San Sebastian. Juste une accélération. Mais Bale reste bien loin du niveau avec lequel il nous avait choyés avant sa blessure la saison dernière.

Gareth Bale Real Madrid

Au Pays Basque, Bale avait joué dans un 4-3-3 inédit en débutant sur le flanc droit du trident merengue avec Asensio à gauche et Mayoral au centre. Une configuration qui confine à l'insolite, voire à l'ironie, puisque Bale avait, in fine, joué avec Isco (sachant que ce dernier avait évolué au poste de Kroos et non dans son rôle habituel), qui s'était approprié sa place dans le onze titulaire la saison dernière, en faisant au passage un très bon usage.

Quelle place désormais pour le Gallois alors que Cristiano Ronaldo a enfin fini de purger sa suspension de 5 matches ? La confiance sans faille de Zidane, qui fait partie intégrante de sa vision en tant que coach, devrait lui garantir encore beaucoup de crédit, malgré des performances erratiques et surtout, une innocuité offensive de plus en plus inquiétante.

Le Gareth Bale décisif, même dans les airs, des saisons précédentes, a laissé place à un joueur en plein doute et très maladroit devant les buts. Pourtant, Madrid aurait bien besoin d'un buteur en ce moment. Lorsque Benzema s'est blessé au milieu de la première période face à Levante, c'est Bale qui l'avait remplacé et foncé directement vers la place de numéro 9. On n'a pourtant pas vu de "Air Bale" face aux Granotas, ni contre le Betis, où cette fois Bale avait débuté au sein d'un duo d'attaque inédit avec Ronaldo qui effectuait son retour.

Il a tout d'un grand (attaquant)

Et le Gallois a pu démontrer à loisir qu'il lui manquait la discipline et le sens du placement d'un attaquant de métier, dérivant sur les flancs à plusieurs reprises et laissant ses milieux rechercher en vain un point d'ancrage pour combiner aux abords de la surface adverse.

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La fameuse pièce du puzzle qui ne rentre pas, ou plutôt, qui ne rentre plus dans le schéma global. Pourtant, Bale serait bien inspiré de limer ses imperfections et d'arrondir ses angles pour s'adapter à ce nouveau rôle offensif plus axial et plus proche des buts adverses. Le Gallois a non seulement Isco, mais aussi Marco Asensio dans le rétroviseur. Car si Zidane marche à la confiance, voire parfois, à l'affectif, toute sa doctrine de coach est bâtie sur la méritocratie. Le Bale actuel n'a aucune chance de figurer dans le onze titulaire en l'absence de blessés. Madrid ne peut pas se permettre d'avoir deux attaquants maladroits et scrupuleux dans une ligne offensive composée de trois joueurs. Pas en ce moment.

Bale possède, en principe, tous les attributs de base pour réussir en tant que buteur. Vitesse, présence aérienne, frappe de balle, finition, instinct…  Et se réinventer en permanence, c'est le prix à payer pour exister dans l'effectif le plus fourni de la planète. Son passeport pour durer. Après tout, la différence entre un astre scintillant et une étoile filante, c'est juste une accélération.

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