Real Madrid - Faites place, Santiago Solari est le vrai "nouveau Zidane"

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Getty Images
Les similitudes entre Solari et Zidane sont prégnantes. Le vrai "nouveau Zidane", c'est l'Argentin, confirmé par son club jusqu'en 2021.

Nasri, Meghni, Gourcuff, Marvin Martin, Camel Meriem... Une foule bigarrée et hétéroclite de joueurs un peu plus talentueux que la moyenne généreusement étiquetés "nouveaux Zidane" par des médias un peu trop enthousiastes. Et si le nouveau Zidane était plutôt un entraîneur ? 

C'est la thèse que soutient Santiago Solari. Ancien coéquipier de Zizou chez les Galactiques avec qui il formait un trio létal côté gauche avec le concours de Roberto Carlos, Solari était loin de sembler predestiné au pragmatisme qu'il affiche aujourd'hui en tant qu'entraîneur, lui qui multipliait les arabesques et les dribbles chaloupés avec son inimitable patte gauche. Une sorte de Zidane bis, moins décisif, mais plus dribbleur. Les points communs avec Zizou sont plus nombreux que jamais aujourd'hui, moins dégarni, tout aussi dégourdi, Solari est le nouveau Zidane des entraîneurs. Et voici pourquoi :

Une arrivée dans un contexte difficile

En janvier 2016, Zinedine Zidane, jeune entraîneur inexpérimenté à la tête de la Castilla, remplace en urgence un Rafa Benitez en situation d'échec complet. L'Espagnol, miné par les ingérences latentes de Florentino Perez, notamment sur la question du positionnement de Gareth Bale, jette l'éponge.

En octobre 2018, Santiago Solari, jeune entraîneur inexpérimenté à la tête de la Castilla, remplace en urgence un Julen Lopetegui en situation d'échec complet. L'Espagnol, miné par la gestion indigente de Florentino Perez lors du dernier mercato et qui n'a jamais su définir son projet ludique, est cordialement invité à jeter l'éponge.

Le péril jeune

Les deux hommes, alignés en pleine tempête, ont dû convaincre vite à la barre d'un bateau qui prend l'eau, sans disposer d'aucune expérience au plus haut niveau, sans filet, sans planche, ni salut. Solari et Zidane connaissent bien le réservoir de la Castilla qui regorge de jeunes talents. Les Lucas Vazquez et autre Asensio de Zizou ont laissé la place à Vinicius, Javi Sanchez et Reguilon pour Solari. Rebattre le jeu avec le carte jeune et voler dans les plumes des vétérans avec de jeunes coqs.

Solari fait donc du Zidane ou du Guardiola avant lui, dans des clubs qui par leurs armature particulière, leur envergure conséquente et leur statut de locomotives de leur championnat, disposant de grosses structures de formation (La Masia et la Fabrica Blanca, en l'occurence), offrent moult opportunités en termes de jeunes talents prêt à éclore, comme des jeunes pousse à exposer avec parcimonie à l'éclairage des projecteurs sous peine de les "griller", pour invoquer un vocable footballistique usité.

Des contres courants

Une assise défensive travaillée et une utilisation optimale du cuir avec un pragmatisme affiché, des attaquants rapides et des milieux et des défenseurs capables de relancer vite et bien (voire très bien pour Modric et Kroos) et le Real devient cette équipe incroyablement dangereuse pour qui le moindre corner adverse ou phase de position interrompue devient une occasion de but. Le dogmatisme de Lopetegui avec ses phases symptomatiques de possession lénifiantes et stériles n'a jamais pris et ça, Solari l'a bien compris.

À l'instar de Zidane, l'Argentin préconise lui aussi une gestion saine des hommes, basée sur la méritocratie. Son mantra s'est clairement dessiné dès ses premières conférences de presse. "Au Real Madrid, personne n'est intouchable". Des propos qui font écho à ceux de Zidane, dont la gestion d'Isco a été exemplaire et qui a su protéger son groupe des influences extérieures (qu'elle proviennent d'observateurs, d'acteurs du jeu ou des médias) pendant tout son règne.

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ps benzema solari

Pragmatisme et méritocratie

Avec Solari, Alvaro Odriozola, Dani Ceballos et Sergio Reguilon ont tous été récompensés de leurs bonnes dispositions à l'entraînement avec des titularisations face à des joueurs mieux installés et plus anciens. Devant les médias, le jeune coach argentin a défendu Ramos et a louangé Benzema et Bale, très fragilisés à cause de leur innocuité offensive affichée ces dernières semaines. Ses propos sur le Français sont d'ailleurs carrément interchangeables avec ceux de Zidane sur l'attaquant lyonnais à l'époque où le coach tricolore entraînait le Real : "Karim apporte beaucoup de choses, des espaces, du jeu, des remises, du travail défensif, pour Solari. "Nous connaissons tous la qualité de Karim et ce qu’il peut apporter à la fluidité de l’équipe.", disait pour sa part Zizou. Maillot blanc et blanc maillot. 

Entre les deux hommes, seule la forme diffère, la méthode reste la même. Reste à savoir si Solari, ce nouveau Zidane, ira jusqu'à imiter son modèle dans l'actualisation frénétique de la vitrine à trophées, ce qui constituait la marque de fabrique de son prestigieux devancier. De quoi mériter enfin ce tant convoité surnom... Sa première mission sera d'éviter la saison blanche, éclairée au néant. Mais en observant le parcours de Zidane, Solari l'aura sûrement appris : au Real, parfois, même gagner ne suffit pas.

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