Real Madrid - Dani Ceballos, chronique d'un échec pas forcément annoncé

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Getty Images
Dani Ceballos n'est pas franchement très sollicité par Zinedine Zidane cette saison. Loin du fabuleux destin attendu à sa signature.

La saison dernière, le Real avait fait sa spécialité de lancer avec succès des jeunes joueurs prometteurs. Les Asensio et autres Vazquez avaient, pensait-on, pavé la voie du futur pour d'autres jeunes espagnols prometteurs. Ce Real là promettait d'avoir une identité de jeu (voire même une identité tout court), des valeurs et un projet à moyen, long terme. Mais on ne peut construire que sur un sol stable et des fondations solides et ça, l'infortuné Dani Ceballos en a fait les frais.

Mécomptes de fées

Le jeune milieu espagnol a bien du mal à s'épanouir au Real, lui qui ne figure même plus sur le banc depuis le 9 décembre dernier. Loin du destin d'un Isco, recruté comme lui après avoir brillé en compétition de jeunes avec la Rojita, et qui a fini par disputer une place de titulaire aux plus grands joueurs du monde.

S'il partage le format dit "de poche" avec le milieu andalou, Ceballos est plus dans la veine d'un Xavi. Car quand Isco consomme l'espace devant lui et peut encore s'exprimer dans un mouchoir de poche avec ses dribbles affûtés, Ceballos préfère organiser son territoire, conserver le ballon et en faire profiter ses coéquipiers.

Ceballos 2.0, déjà ?

Si on peut noter quelques similarités dans leurs profils respectifs, les destins des deux joueurs connaissent des trajectoires aux antipodes l'une de l'autre. Le conte de fée vécu par l'ancien de Malaga n'a rien à voir avec le parcours inachevé de l'ancien betico. Pour Ceballos, la citrouille commence à pourrir en l'attente de se transformer en carrosse et les seuls escarpins qu'il laisse traîner, on peut les retrouver du côté de Valdebebas, le centre d'entraînement du Real, où il s'est d'ailleurs fait une entorse de la cheville lundi dernier. Alors que Ceballos n'obtient que très peu souvent le privilège d'un court featuring, ou d'un éventuel cameo en équipe première, les impitoyables rumeurs reviennent hanter les colonnes des médias madrilènes, révélant dans leur boule de cristal que la cellule de recrutement merengue viserait désormais Fabian Ruiz, la nouvelle star du Betis au milieu de terrain. Un Ceballos 2.0. Une mise à jour bien précoce alors que le logiciel original n'est même pas encore installé...

Face à ces rumeurs de patch day one, Quique Setien, l'entraîneur du Betis, avait déclaré en conférence de presse que Ceballos avait fait "une erreur de jeunesse" en succombant aux sirènes du Real trop jeune et qu'il le voyait déambuler "avec un visage triste" du côté de la capitale espagnole. Le joueur a ensuite rétorqué qu'il était on ne peut plus heureux avec ses 186 minutes en Liga cette saison avec un court message publié sur Instagram : "Je suis heureux". Forcément...

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La fable du jeune Ceballos transcende l'histoire du jeune talentutueux parti trop tôt dans un club aux horizons trop grands. Le Real de l'été dernier était encore l'équipe qui régnait sur le monde du football et qui semblait capable de rester sur le trône encore plusieurs années, pouvant donc se permettre des investissements pour l'avenir en vue d'une domination durable avec des Ceballos, Marco Asensio, Marcos Llorente ou autre Theo Hernandez.

À l'époque, Ceballos avait le choix entre le Barça et le Real et avait choisi Madrid comme projet porteur pour le futur face à un Barça "en fin de cycle" et en pleine incertitude avec le départ de Luis Enrique. Mais sa vision de jeu, que l'on peut qualifier d'hors-norme, ne lui avait pour autant pas permis de voir l'avenir.

Seuls Mateo Kovavic, souvent blessé durant la saison, et Borja Mayoral ont joué moins que Ceballos cette saison. Mais évitons l'écueil favori de l'analyse footballistique qui consiste à établir des conclusions définitives à partir de situations temporaires. Isco aussi a dû attendre très longtemps avant d'avoir sa chance avec Zidane. Ceballos doit, à l'instar de la La Belle au bois dormant, attendre patiemment son prince qui viendra éveiller son potentiel. Reste à savoir si le prince en question sera toujours Zidane.

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