Quique Setien, l'homme de convictions du Bétis, bourreau du Barça et du Real

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En peu de temps, Quique Setien s'est hissé parmi les coaches les plus intéressants du panorama mondial. En battant notamment le Real et le Barça.

Septième de Liga, qualifié en 16ème de finale de la Ligue Europa contre Rennes, et capable de s'imposer face au Real et au Barça à l'extérieur, le Bétis Séville demeure une équipe dirigée de main de maître par Quique Setien depuis juin 2017 et sa prise de fonction au sein du club andalou. 

Ancien joueur professionnel (Racing Santander, Atlético Madrid ou encore Levante), l'homme âgé de 60 ans dénote surtout par sa vision générale qu'il a su mettre en place avec Las Palmas et donc le Bétis Séville au plus haut niveau du football ibérique. Cet amateur de jeu d'échecs conçoit son sport à travers le ballon et ne s'en cache pas : il veut être protagoniste et gagner avec la manière le plus souvent possible.  

"Je comprends le football à travers le ballon. Il y en a d'autres qui interprètent le jeu sans le ballon. C'est ainsi que je ressens le football. Je veux gagner mais au fond, je défends aussi cette façon de jouer comme une question d'éthique. Mais je respecte également ceux qui ne sont pas comme moi. Pourquoi ? Parce que je sais à quoi ressemble le football. Je sais que certaines personnes pensent que notre façon de faire est risquée, c'est plus simple de défendre", confiait-il dans un entretien accordé à ESPN en décembre 2017.

L'une des missions d'un coach est de convaincre son groupe de sa façon de voir le football, d'unifier un groupe autour d'une idée commune et reconnaissable. Dans le cas de Quique Setien, sa réputation a pu avoir une influence auprès du groupe avant même sa signature au Bétis Séville. "Un joueur tend toujours vers ce qui est confortable. Quand vous arrivez, vous parlez aux joueurs. Ici, dans certains cas, je n’avais même pas besoin de le faire car la prédisposition était si bonne : certaines personnes ont changé simplement en sachant qui venait, car j'étais identifié avec une certaine façon de jouer. Le joueur qui est en vacances d’été et qui lit que son équipe a signé ce coach sait déjà", a-t-il indiqué à ESPN.

Eder Sarabia, l'entraîneur adjoint de Setien, a narré une anecdote surprenante qui en disait long sur la résonnance de la vision de Quique Setien auprès des joueurs : "Au troisième entraînement de pré-saison ici au Bétis, on a disputé le premier match et lors de ce premier match, sans rien dire aux joueurs, les centraux allaient déjà comme des fous vers le gardien, les joueurs se regroupaient pour s'associer. Avec des carences et des choses qu'on a dû corriger mais le footballeur le savait déjà. Le footballeur qui était sous les ordres de Quique savait déjà en grande partie ce qui allait lui être demandé", confait-il à Ecos del Balon.

Setien a vu plusieurs éléments les plus fameux du football mondial lui faire savoir qu'ils appréciaient sa façon de procéder sur le terrain. De Luka Modric à Sergio Busquets qui, après la défaite du Barça au Camp Nou en octobre dernier (3-4), avait signé sur son maillot des mots forts de sens envers le technicien qui est souvent cité comme un possible successeur d'Ernesto Valverde : "Pour Quique, admiration pour ta vision de voir le football". Marc Batra, ancien joueur du Barça, a lui mis en exergue les similarités entre Quique Setien et un autre entraîneur identifié à une vision claire du football : "Dans ce Bétis, j'ai retrouvé l'entraînement que j'ai effectué avec Guardiola et également avec Luis Enrique. Soudain, tout redevint très familier au travail. Oui, on peut dire qu’il existe un fil qui relie Guardiola à Setién", disait-il à El Pais en septembre.

Stat passes Bétis*statistique Opta toutes compétitions confondues en 2018/2019

Entraîneur qui s'est imposé sur la pelouse du Bernabeu (0-1), du Camp Nou (3-4), et de San Siro (1-2) avec le Bétis, le mérite de Setien est aussi d'avoir rendu son style de jeu très compétitif. L'expression galvaudée souvent employée lors d'une rencontre fermée est de la qualifier de "tactique" en la comparant à une partie d'échecs. C'est justement une discipline qu'apprécie l'entraîneur du Bétis Séville, qui ne s'en est jamais cachée (il a disputé un match d'exhibition contre Garry Kasparov champion du monde d'échec de 1985 à 2000, ndlr).

"J'aime l'ordre. C'est fondamental. Les échecs et le football sont similaires, les pièces sont liées à l'attaque et à la défense. Il est essentiel de dominer le centre du tableau", a-t-il fait savoir. Dans cette logique, il n'est pas surprenant de voir son équipe du Bétis Séville, notamment grâce au duo composé de Canales et Lo Celso, faire du ballon une priorité. Avec 64,5% de possession en moyenne et 15 894 passes tentées depuis le début de l'exercice actuel toutes compétitions confondues et une réussite de 88% dans le registre même si cela peut parfois donner lieu à des matches stériles lorsque le Bétis ne parvient pas à trouver la faille devant les défenses adverses ou à se montrer efficient dans la zone de vérité (seulement 21 buts marqués en 18 matches de Liga, ndlr).

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Les débats autour du style de jeu, si présents dans l'époque actuelle, intéressent peu Setien qui préfère plutôt se focaliser sur l'aspect qualitatif du travail effectué. "Le style n'est pas le problème. Il s’agit de bien faire les choses. Car que se passe-t-il lorsque vous défendez pendant 90 minutes et que vous perdez ? Il semble qu'avec cela, vous ne devez jamais rien justifier. Chaque style peut perdre. Ce que vous devez faire, c'est vous assurer que vos joueurs comprennent votre idée et l'exécutent bien", arguait-t-il auprès de l'Independent. 

À travers une conviction importante, Quique Setien a su fédérer son groupe de sa façon d'envisager le football. Une idée globale centralisée autour du ballon qui est désormais pleinement intégrée par l'ensemble de l'effectif comme nous l'a confié Loren Moron, l'attaquant du Bétis : "Nous sommes conscients du football que nous produisons, qui je pense est celui que tous les joueurs veulent, c'est-à-dire courir avec le ballon et non sans ballon." 

Face au Real Madrid, ce dimanche soir, Quique Setien aura une belle opportunité de proposer au public du bouillant stade Benito-Villamarín, et aux nombreux téléspectateurs, le football qui lui vaut de nombreux éloges.

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