"Quelqu'un d'adorable qui n'a pas tout maîtrisé" : l'incroyable histoire de Yann M'Vila, de retour à Rennes

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Yann M'Vila (27 ans) fait son retour à Rennes ce samedi (20h). Entre le club, la ville et l'international français, l'histoire est riche en souvenirs.

Entre Yann M'Vila et le Stade Rennais, l'histoire a duré près de neuf ans. Neuf années durant lesquelles il est passé d'espoir du centre de formation à néo-pro avant d'intégrer l'équipe de France et d'en être titulaire. Mais l'histoire, étalée dans le temps, a été parsemée de petites affaires. "On a dit beaucoup de choses sur Yann, son environnement, ses parents. Je me souviens, il avait acheté une maison, il logeait sa famille. Vu de loin, son environnement pouvait paraître compliqué", reconnaît Frédéric De Saint-Sernin. Pour autant, l'ancien président du club, qui a cumulé deux mandats (décembre 2006 à mai 2010 ; juin 2012 à mai 2014), garde de très bons souvenirs du milieu stéphanois.

"C'était le niveau au-dessus, un joueur indiscutable"

"Il a toujours été extrêmement professionnel, respectueux envers le Stade Rennais, ses partenaires et la hiérarchie", dit-il, soutenu dans son argumentaire par Laurent Huard, l'entraîneur avec lequel Yann M'Vila a notamment remporté la Coupe Gambardella face à Bordeaux (3-0), le 24 mai 2008. "La Gambardella, ça reste un très bon souvenir. Il avait marqué d'une belle frappe", rappelle le technicien, qui décrit un joueur "entier, engagé dans ses entraînements et volontaire", qu'il avait fait débuter au poste d'arrière droit lors d'un match à Vitré, avec l'équipe réserve. "Même à un poste qu'il ne connaissait pas, à 17 ans à peine, il avait déjà tout pigé. Ce jour-là, je m'étais dit 'attention, ce joueur, c'est du lourd."

Yann M'Vila PS Rennes

L'avenir a donné raison à Laurent Huard, mais laisse forcément un goût amer. "Yann, c'était le niveau au-dessus, un milieu indiscutable en équipe de France, précise Frédéric De Saint-Sernin. Je me souviens de ce moment où avec quatre autres joueurs (Mavinga, Ben Yedder, Niang, Griezmann), il est sorti lors d'un rassemblement, ça a mal tourné et il y a eu des échos dans la presse." Le début des complications à l'échelle nationale. "Il est devenu une sorte de proie des médias et ça s'est emballé", souligne pour Goal son ancien avocat Me. Thierry Fillion. Frédéric de Saint-Sernin, qui l'avait sanctionné sportivement en accord avec Frédéric Antonetti, se rappelle très bien de son entretien avec le joueur : "Yann est venu dans mon bureau. Il est entré, il a enlevé sa casquette. Il est resté debout et je lui ai dit 'Yann, assieds-toi, on va discuter cinq minutes'. Il m'a dit 'c'est normal Président, je vous comprends très bien. J'ai écorné ma propre image, celle de l'équipe de France et du Stade Rennais."

"J'ai été en garde à vue avec lui à côté de Rennes..."

Yann M'Vila, "ce n'est pas quelqu'un qui fuit les choses", raconte Laurent Huard. Et effectivement, ce jour-là, il avait tenu à assumer, en leader d'équipe. "Il y avait un Rennes avec Yann et sans Yann alors qu'il n'avait que 20 ans. Il dégageait une puissance, il avait un coffre, une VMA considérable. C'était un joueur au physique hors-norme avec beaucoup de mental", ajoute Frédéric De Saint-Sernin, pas dérouté plus que cela par le contexte familial qui pouvait éventuellement peser sur la situation du jeune homme. "C'était un souci pour Yann à l'extérieur, assure pourtant Me. Thierry Fillion. Avec le Stade Rennais, il s'est toujours comporté du mieux possible mais ça ne collait pas forcément avec sa vie personnelle." L'avocat énumère : "J'ai été en garde à vue avec lui à la gendarmerie à côté de Rennes, pour une sombre histoire de coup de poing à un type qui lui devait de l'argent. Il avait aussi eu un problème avec son frère près de la gare, une rixe avec un automobiliste. Je me rappelle également de Montpellier, où il était en discothèque avec des nanas en VIP avant de partir à l'hôtel. C'est symptomatique de ce qu'il a vécu. Yann était victime et on en a fait une forme d'agresseur."

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Yann M'Vila Rennes Ligue 1

Des histoires comme ça, Me. Fillion dit qu'il peut "en avoir des dizaines". Mais elles rappellent surtout le jeune âge de Yann M'Vila à l'époque, professionnel et parfois dépassé. "Quand les médias s'emballent, c'est difficile d'affronter ça, surtout à cet âge-là. Yann, c'était quelqu'un d'adorable, et peut-être trop", regrette son ancien avocat. "On a rarement vu un joueur avec autant de capacités. Certains virages n'ont pas été forcément bien pris. Des événements se sont conjugués et il n'a pas tout maîtrisé", complète Laurent Huard.

L'histoire a pris fin en janvier 2013, quand Yann M'Vila est parti au Rubin Kazan quelques mois après qu'une offre de 23 millions d'euros d'Arsenal ait été refusée par le club. "Est-ce qu'il aurait dû y aller ? Est-ce que s'il avait accepté, il ne se serait pas brûler les ailes plus tôt ? Je crois que c'est M. Pinault qui avait dit 'non, il reste", se remémore Frédéric De Saint-Sernin. "Il a quitté Rennes à la fois pour des raisons personnelles et économiques. Un moment de sa carrière s'est joué quand il est parti à Kazan et il n'est pas remonté depuis", estime pour sa part Me. Fillion. Le voilà maintenant à Saint-Etienne depuis cet hiver. Un club dans lequel Jean-Louis Gasset, son entraîneur, en dit le plus grand bien. Logique, si l'on en croit Laurent Huard : "Parce que Yann est aimé de ses coéquipiers, de ses entraîneurs. Que ce soit Laurent Blanc, Jean-Louis Gasset ou Frédéric Antonetti. Tous l'ont adoré." Une transmission dans le temps, qui se vérifie d'homme à homme, à l'aube des retrouvailles avec son club formateur.

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