PSG : La conquête de l'Asie a bien commencé

Commentaires()
JURE MAKOVEC/AFP/Getty
L'Asie a toujours été une cible pour le PSG. Avec l'arrivée de Neymar, entre autres, le club a les armes pour conquérir cette partie du monde.

Sébastien Wasels, le directeur du bureau Asie Pacifique, nous a reçu au 18è étage de l'hôtel où logeait l'équipe du Paris Saint-Germain à Singapour, pendant sa tournée. Installé dans la cité-Etat depuis le mois de mai dernier afin de développer la marque parisienne en Asie, il nous livre les ambitions du club. Alors que d'autres écuries européennes sont présentes depuis quelques années dans cette partie du monde, le PSG a tout à construire et les arrivées de Neymar, Mbappé ou encore Buffon sont clairement des atouts à l'heure actuelle. 

Pourquoi avoir ouvert un bureau à Singapour ?

Sébastien Wasels : Ça a toujours été une priorité pour le club. Depuis l’arrivée de QSI et la présidence de Nasser Al-Khelaifi on a toujours travaillé ce sujet comme étant prioritaire. Le club s’est beaucoup transformé en sept ans pour devenir une des plus grandes marques de sport mondial et aujourd‘hui 25% de nos fans sont en Asie, notre plus grosse base de fans est en Indonésie. Il était donc temps pour le club de s’installer ici à l’instar des autres grands clubs européens qui ont leur filiale ici pour continuer à continuer à développer notre base de fans et des partenariats locaux.

Pourquoi avoir mis autant de temps ?

On n’a pas pris tant de temps que cela. Comme toute grande marque qui souhaite s’internationaliser il y a différentes étapes à franchir avant d’ouvrir un bureau spécifiquement. Aujourd’hui on a senti le bon moment, avec les arrivées de Neymar et Mbappé l’été dernier.

Est-ce que le recrutement de personnalités comme Neymar ou encore Buffon aide à ce développement ?

Oui, bien sûr. En plus le marché asiatique à ses spécificités : ils suivent énormément les stars. Encore plus qu’en Europe ou aux USA où ils seront plus attachés au club. Le fait d’avoir de grandes stars a vraiment un impact fort. On l’a vu suite à l’arrivée de Neymar, on a vu un engagement en Asie quatre fois plus important sur nos réseaux sociaux, les ventes de maillot ont explosé à ce moment-là. Et puis la spécificité de Neymar et de Mbappé, considérés comme les pépites du football mondial, c’est qu’ils sont jeunes. On l’a ressenti ici puisqu’on nous dit que nous sommes le club du moment mais surtout le club du futur. Le PSG compte de nombreuses stars en dehors de Neymar et Mbappé, Buffon nous a fait le plaisir de nous choisir pour nous rejoindre et il a une aura assez incroyable comme on l’a vu à Singapour.

Est-ce que l’absence de ces stars a été un handicap dans cette tournée à Singapour ?

On aurait préféré avoir nos stars, c’est sûr mais c’est une année post Coupe du Monde et s’ils ne sont pas avec nous c’est parce qu’ils ont fait un bon Mondial.

Et puis on est là pour le long terme. On va revenir dans les années qui viennent en Asie, ce ne seront pas des années de Coupe du Monde à chaque fois donc on pourra compter sur tout l’effectif.

Vous avez eu le temps de prendre le pouls à Singapour, comme est perçu le PSG ?

Je suis là depuis début mai et c’est extrêmement positif. On a un certain positionnement avec le PSG, étant le seul club avec la Tour Eiffel et le nom Paris, qui apporte une touche de glamour non négligeable en Asie. Cela a toujours fait partie de la stratégie de marque depuis l’arrivée de QSI, de travailler ces thématiques naturelles pour Paris, que ce soit les sujets liés à la mode, à la culture, à l’art. On est différents des autres clubs européens parce qu’on est Paris, avec tout ce que ça représente en termes de symbole et d’opportunité.

En Asie le championnat le plus suivi est la Premier League, comment combler ce retard ?

Les clubs anglais bénéficient de l’apport de la Premier League, c’est évident. Les matches anglais sont joués dans l’après-midi ce qui permet d’être en prime time en Asie donc déjà on est enchanté des différentes initiatives de la LFP pour rendre le championnat français plus visible, à l’image de PSG-Nice diffusé l’an dernier à 13h et qui avait réuni 1,7 million de Chinois. Le nouveau deal avec CCTV 5 en Chine va aussi nous aider à avoir une meilleure visibilité et puis le nouvel appel d’offre, positif pour le football français, qui ouvre des cases horaires aide aussi à gagner de la visibilité. La stratégie du PSG est extrêmement ambitieuse, tant au niveau des évènements que l’on souhaite organiser comme cette tournée à Singapour que d’un point de vue digital et de l’engagement de nos fans. On a été un des clubs qui a le plus investi dans le domaine du digital pour permettre à nos fans, où qu’ils soient dans le monde, de pouvoir suivre le club au quotidien.

Quelles sont les premiers gros chantiers du PSG en Asie ?

Ils sont multiples : développer notre base de fans, mieux faire connaître le projet à l’ensemble des médias locaux, de donner la possibilité à des clubs et des organisations locales de mieux connaître le PSG et d’apprendre à travers notre savoir-faire en termes de formation et méthodologie, puis enfin de mener des partenariats commerciaux, que ce soit sponsoring ou de licence, l’opportunité d’ouvrir des écoles de football ou bien encore organiser des tournées comme celle-ci. Une multitude de projets donc, qu’ils soient médiatiques, autour de nos fans ou bien commerciaux.

Et à long terme ?

Je dirais la même chose mais de manière accentuée. On a aussi la volonté de mettre des stratégies ciblées par territoire. L’Asie n’est pas uniforme, c’est une constellation de pays avec des cultures et des spécificités très diverses. On n’aborde pas le marché japonais comme on aborde le marché coréen, indonésien ou chinois. On va donc travailler à avoir une stratégie personnalisée pour chacun de ces marchés à long terme. La Chine par exemple est très à la pointe des collaborations avec les clubs de football afin de se former pour organiser la Coupe du Monde et y être performant donc on va peut-être porter un accent un peu plus fort sur ces sujets-là, la Corée sont  extrêmement demandeurs de esports, peut-être qu'on insistera un peu plus sur ce sujet afin de capter cette audience jeune et dynamique. Pour terminer, le Japon est très féru de lifestyle, donc on travaillera plus sur ces axes-là, des collaborations avec des designers et des artistes locaux. Les Japonais sont fans de judo, on a ouvert une section judo au Paris Saint-Germain avec un porte-étandard aussi impressionnant que magnifique qu'est Teddy Riner donc ce sera peut-être pour nous un moyen de capter l'attention de ce marché. 

Est-ce que le PSG compte ouvrir d’autres bureaux en Asie ?

Le bureau Asie Pacifique est à Singapour et il est voué à rester ici, c’est notre quartier général. Après il n’est pas impossible qu’on ait des collaborateurs qui s’installent sur les marchés clés à l’image de la Chine et le Japon. Notre stratégie sera d’accompagner ces potentiels collaborateurs pour développer ce projet extrêmement excitant et ambitieux.

Fermer