Proyecto Crecer, quand Bordeaux se met à l’heure argentine

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Le club girondin a développé depuis 2004 un partenariat avec ce centre de formation argentin pour faire venir de jeunes talents.

Rodrigo Castro, Emiliano Sala, Valentin Vada et désormais Daniel Mancini. Ils sont quatre à avoir traversé l’Atlantique pour terminer leur apprentissage à Bordeaux. Avant de débarquer au Haillan, il y avait le Proyecto Crecer, une école du ballon rond situé dans la ville de San Francisco, à quatre heures de Buenos Aires (Argentine). Depuis près de quatorze ans, de jeunes Argentins se perfectionnent dans l’espoir un jour d’être détectés par les responsables du centre de formation des Girondins, au cours d’un stage spécifique d’un mois.

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Une filiale devenue triangulaire

Tout a commencé en 2004 quand Bordeaux signe un partenariat qui permet d’avoir la priorité sur les jeunes sur place. En contrepartie les Girondins fournissent une aide matérielle et financière à ce club situé dans la province de Cordoba. Le Proyecto Crecer est doté d’une belle réputation en Amérique du Sud, possédant ainsi lui aussi une filiale au Pérou. Les entraînements ont lieu l’après-midi, juste après l’école. Cette structure est ainsi uniquement destinée à la formation où les apprentis footballeurs commencent leurs gammes très jeunes jusqu’à l’âge de 18 ans.

Depuis 2013, un autre club est entré dans ce partenariat, les mythiques Newell’s Old Boys. L’ancienne équipe de Marcelo Bielsa peut ainsi récupérer les jeunes joueurs ne trouvant pas grâce aux yeux des Girondins tout en pouvant les perfectionner jusqu’à ce qu’ils soient majeurs. Si Bordeaux peut récupérer un élément par an, les Newell’s intègrent de leur côté jusqu’à cinq à six jeunes qui peuvent ainsi se frotter à des académies plus huppées en Argentine, voire des clubs professionnels.

Sala et Vada, les meilleurs exemples

"L’objectif, c’est d’être le plus proche possible des Girondins, sur la tactique, la préparation physique , confiait Guillermo Di Meola, directeur du centre, à Sud Ouest en avril dernier. On connaît leur planification et on essaie de s’adapter en fonction du nombre de joueurs que l’on a, du climat et de nos réalités sociales." Si les différentes promotions ont mis du temps à faire éclore des talents, les années 2010 voient les Girondins récolter les fruits de ce long travail. Si Rodrigo Castro n’a pas duré en France (13 rencontres en pro), Emiliano Sala et Valentin Vada ont depuis percé.

Valentin Vada Bordeaux Metz Ligue 1 08042017

Pourtant les deux trajectoires n’ont pas été similaires, le buteur actuel du FC Nantes a par exemple été prêté à Orléans, Niort et Caen avant de se stabiliser chez les Canaris. L’attaquant n’a jamais eu sa chance en Gironde, contrairement à Valentin Vada . Tout n'a pas été facile pour le milieu relayeur qui a dû faire face pendant un an et demi à un refus de jouer de la part de la FIFA. Étant mineur, l’institution a jugé que le transfert depuis le Proyecto Crecer était interdit. Vada n’a pas lâché et est devenu depuis début 2016 un joueur qui compte dans l’entrejeu des Girondins.

Un projet voué à durer ?

"On ne veut pas seulement mettre les Girondins en avant. Ici, on ne veut pas donner de faux espoirs, on ne veut pas qu’ils se fassent trop d’idées. On a 150 joueurs, ils savent que tous ne pourront pas passer pro en France." Guillermo Di Meola possède un discours prudent pour ses jeunes protégés. Malgré tout, de nouvelles têtes réussissent à débarquer au Haillan. En janvier dernier, les Girondins annonçaient ainsi la signature de Daniel Mancini, 20 ans, qui avait terminé sa formation et débuté en pro aux Newell’s. Ce jeune milieu, dont l’arrivée a été approuvée par Gourvennec, pourrait effectuer la préparation de la prochaine saison avec les pros.

Établi depuis 14 ans, le lien entre Bordeaux et l’Argentine semble de plus en plus marcher et les deux parties veulent continuer dans ce sens. Chaque année, les dirigeants bordelais font le point pour savoir où en sont les dernières générations et l’état des infrastructures pour ce qui est devenu un deuxième centre de formation à part entière. En arrivant à Bordeaux, Vada confiait qu’il regardait Fernando Cavenaghi et ses performances comme un modèle. C’est désormais lui qui sert de leitmotiv aux jeunes Argentins du Proyecto Crecer qui rêvent d’Europe.

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