Portugal - Sans faire de bruit, Bernardo Silva endosse son costume de leader

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Getty Images
Toujours privé de Cristiano Ronaldo, le Portugal pourra toutefois compter sur un Bernardo Silva devenu indispensable face à l'Italie ce samedi.

"Notre image a changé. Avant, tout le monde regardait le Portugal comme une bonne sélection, sans trop en avoir peur finalement. Maintenant, on nous regarde en tant que champion d’Europe. On en impose plus. Ça donne encore plus de pression, les matchs sont plus difficiles, mais on a gagné le respect", déclarait Bernardo Silva le 15 juin dernier, avant de disputer une Coupe du Monde qui lui tenait tout particulièrement à coeur.

Et pour cause, considéré comme l'un des plus grands talents de la Seleçao et destiné à s'imposer comme un cadre de la sélection ibérique, le joueur désormais âgé de 24 ans avait été contraint de renoncer à l'Euro 2016. Un véritable crève coeur pour celui qui avait été présent lors des ultimes rassemblements ayant précédé le sacre du Portugal et qui jouait à l'époque à l'AS Monaco, entretenant donc une relation toute particulière avec la France, le pays hôte de la compétition. 

"Quand j’ai su pour ma blessure. J’étais très triste car je savais que je ne pourrais pas être là à aider la sélection (...) Je suis Portugais mais je joue ici en France. J’aime la France. Monaco, Nice, Cannes, Saint-Tropez, ce sont de très beaux endroits. Donc c’est forcément spécial", avait alors déclaré le joueur, qui s'était toutefois quelque peu rattrapé un an plus tard en remportant le titre de Champion de France en 2017 avec l'AS Monaco. 

Désillusion en 2016, frustration en 2018, ambition pour 2020

Se rattraper, c'est plus que jamais le mot d'ordre pour Bernardo Silva en cette fin d'année 2018, même si dans la carrière d'un footballeur, rattraper le temps perdu n'est jamais une mince affaire. Absent en 2016 puis déçu d'avoir pris la porte dès les huitièmes de finale face à l'Uruguay (2-0) cet été, qui plus est avec le poids bien réel d'une étiquette de Champion d'Europe sur le dos, défendre ce titre en 2020 constitue un objectif de taille. Néanmoins, au vue de sa progression linéaire et surtout de la dimension qu'il est en train de prendre si bien en sélection qu'Outre-Manche du côté de Manchester City, force est de constater que le natif de Lisbonne semble bien placé pour avoir une importante carte à jouer lors de l'Euro 2020

Bernardo Silva Poland Portugal

"Tout le monde sait que les ailiers sont en compétition pour jouer. Mais pour l’instant, il y a Bernardo et 10 autres joueurs. Il est est loin devant les autres", s'emportait par exemple son entraîneur Pep Guardiola en début de saison, conquis par un élément qui avait tout de même coûté 50 millions d'euros aux Citizens un an plus tôt. "Il mérite tout mon respect, en tant que professionnel. On s’en aperçoit statistiquement, c’est le joueur qui a le plus couru. À chaque match, il court 11, 12, 13 kilomètres et toujours dans le bon tempo. Donc merci beaucoup à Manchester City d’avoir acheté ce gars à Monaco". 

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Fort de son nouveau statut chez le Champion d'Angleterre, c'est tout naturellement que Bernardo Silva s'impose comme un pilier de la sélection portugaise ces derniers mois, surtout sans la présence du quintuple Ballon d'Or en la personne d'un Cristiano Ronaldo absent jusqu'en 2019. Une absence qui pèse 84 buts inscrits en 154 sélections, qui permet toutefois à d'autres jeunes indivualités que sont Bruma, Rúben Neves, Pizzi ou encore Renato Sanches de s'émanciper, tout en restant au service d'un collectif qui séduit déjà avec 3 victoires lors des 4 derniers matches, le tout enrobé par une réelle identité de jeu. 

Responsabilisé à vitesse grand V 

"Les joueurs ont assimilé les idées que je souhaitais transmettre, c'est très positif. Aucune équipe ne serait plus forte sans Cristiano Ronaldo, le meilleur joueur du monde, mais ceux qui ont été appelés ont réalisé de grandes performances, c'est bon pour le futur car ce groupe et ces jeunes sont en train de grandir", avait analysé Fernando Santos, le sélectionneur de la Seleçao, après la rencontre remportée face à l'Italie (1-0) le 10 septembre dernier. 

Bernardo Silva Poland Portugal

Pour grandir, nul doute que d'apprendre à se passer des services de Cristiano Ronaldo, et ce même de façon provisoire, pourrait s'avérer être un mal pour un bien. Ainsi, l'habituel 4-4-2 a été troqué contre un système évoluant entre un 4-1-4-1 et un 4-3-3 plus classique, favorisant l'éclosion de joueurs jusque là cantonnés à des seconds rôles. En ce sens, si les jeunes individualités précédemment évoquées pointent le bout de leur nez, Joao Cancelo, André Silva et Bernardo Silva, eux, sont en passe de devenir indispensables. Et le dernier cité, ayant joué l'intégralité des rencontres de Ligue des Nations face à l'Italie (victoire 1-0) puis face à la Pologne (victoire 3-2 et un but marqué) y compte bien, fort d'un mental à toute épreuve. 

"Je pense que dans le football, le plus important, c’est la tête. C’est la façon de penser le jeu. Si tu penses bien le jeu, si tu as une bonne idée de comment jouer le match, c’est ça le plus important, pas besoin de physique ou de technique", avait-il déclaré il y a déjà plus de deux ans. Bien avant de connaître un début de parcours passé tout près de démarrer sous les meilleurs auspices... Décuplant un appétit déjà conséquent. 

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