PORTRAIT TACTIQUE - France-Islande : les Bleus ont les armes pour enrayer la machine de guerre nordique

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Face à l'Islande, prête à mourir sur le terrain, les Bleus devront empêcher la relance pour ne pas s'exposer. Et montrer que leur collectif a de plus grands talents.

C'est l'histoire de David contre tous les Goliaths. Car peu importe l'adversaire, l'Islande, qui participe pour la première fois de son histoire à l'Euro, est une parfaite allégorie du petit contre le grand. Elle est aussi une caricature, celle de la petite équipe pour qui tout le monde s'éprend, qui se défend avec ses armes, décrites avant tout comme celles du cœur et du courage, poussant au second plan ses atouts tactiques.  

Mais les Vikings n'ont jamais été les simples guerriers bourrus que l'histoire peint communément. Du temps des conquêtes du grand Nord (et notamment celle de l'Angleterre, au passage), leur stratégie était d'une redoutable efficacité. Quelque 1200 ans plus tard, leur équipe de foot n'agit pas différemment. Leur collectif construit ses contours avec une solidarité sans faille et une tactique claire et précise qui lui permet d'exploiter au maximum les failles de son prétendu adversaire mieux armé.

La bataille aura lieu sur deux fronts

L'Islande part du principe qu'elle devra gagner sans le ballon en répondant stratégiquement à l'occupation territoriale de son adversaire. Face à l'Angleterre, les coéquipiers de Ragnar Sigurdsson ont eu une position moyenne si basse que l'attaquant de pointe, le Nantais Kolbeinn Sigthorsson, n'a pas dépassé le rond central.

     

* Le premier schéma montre la position du bloc islandais face à l'Angleterre, le second les lignes de récupération

Ce qui ne les a pas empêchés d'à la fois résister aux assauts adverses et de porter les leurs de manière chirurgicale. Dans la construction des actions, Lars Lagerbäck demande à ses joueurs de répondre à un schéma très simple. Sans le ballon, défendre en bloc, réduire au maximum les espaces, monter très vite en individuel sur le porteur afin d'amoindrir les angles d'attaque. Dès la récupération, chercher directement de l'air avec de longs ballons axiaux qui permettent ensuite à tout le bloc équipe de se projeter très rapidement et de développer des contre-attaques à partir des ailes.

Sur les schémas ci-dessous, ces situations se dégagent très nettement. En bleu, les passes longues montrent que les défenseurs ou le gardien cherchent directement à atteindre leur pointe haute pour ensuite construire sur les côtés (passes courtes en jaune). Face au Portugal lors de la phase de poules, le danger est ainsi majoritairement venu de la droite (1) tandis que l'Angleterre a souffert sur le flanc gauche (2). 

     

Le piège à éviter : se laisser déborder, surtout sur phases arrêtées

Tout laisse donc à penser que l'équipe de France aura le ballon et devra bien l'utiliser dans le camp adverse pour faire des différences. Malgré leur maîtrise technique supérieure, les Bleus n'excellent pas dans ce domaine et devront éviter de s'exposer en laissant les espaces que savent très bien exploiter les Islandais. Très portés vers l'avant, les latéraux et les milieux de terrain devront dons s'entendre parfaitement sur les couvertures pour combler les failles.

     

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Comme le montre le schéma de son second but face à l'Angleterre (1), l'Islande développe du jeu près des lignes et tente de profiter des touches gagnées dans le camp adverse. Leurs longues touches qui portent le danger directement dans la surface adverse sont une arme à prendre en considération, à la fois pour un replacement rapide et un marquage précis. Le premier but face aux Three Lions (2) prouve encore une fois que les ballons sur les côtés sont rapidement mis à profit.

Le joueur qui a la clé : Blaise Matuidi

Deux solutions s'offrent aux Bleus : bloquer les côtés directement ou empêcher les Islandais de les atteindre. Dans son effectif, Didier Deschamps possède des joueurs qui ont toutes les caractéristiques nécessaires pour la deuxième option. Le contrôle du jeu incitera l'adversaire à se trouver en position d'inconfort à la récupération. Blaise Matuidi, spécialiste du travail de sappe et très précieux dans le jeu sans ballon, a ainsi toutes les qualités pour priver les rampes de lancement islandaises du loisir de relancer comme elles l'entendent. 

Une capacité naturelle que le milieu du Paris Saint-Germain devra utiliser pour harceler le porteur et l'empêcher en toutes circonstances de donner de l'oxygène à son équipe et enclencher la mécanique grâce à laquelle l'Islande se montre si dangereuse. Il faudra alors que les créatifs, Paul Pogba, Dimitri Payet, Antoine Griezmann ou Kingsley Coman donnent suite pour percer la muraille.

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