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Mathias Coureur

PORTRAIT - Mathias Coureur, le globe-trotter du foot

10:03 UTC+2 07/10/2017
Mathias Coureur
Après des expériences en Espagne, en Bulgarie et en Géorgie, Mathias Coureur a opté pour le Kazakhstan où il fait les beaux jours du Kaysar Kyzylorda.

Voyager grâce au football, découvrir de nouvelles cultures. C'est la vie que Mathias Coureur a choisi. Formé au Havre, l'ancien nantais est devenu au fil des années un globe-trotter. Un joueur prêt à faire des milliers de kilomètres pour vivre de sa passion. Un quotidien qu'il a adopté au gré des expériences, avec comme point de départ son transfert en D3 espagnole, en 2010. "Mon passage en Espagne (à Orihuela, Atlético Baléares puis Huracán Valencia CF, ndlr) est intervenu après ma désillusion à Nantes. Je n'ai pas eu d'autres offres, du coup j'y suis allé, et au final ça m'a ouvert beaucoup de portes. J'ai appris l'Espagnol alors qu'à l'école j'étais zéro, ça m'a donné le goût du voyage", raconte l'attaquant de 29 ans, désormais au Kazakhstan. 

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S'il reconnaît qu'il y a 10 ans il aurait mis un terme à sa carrière si on lui avait prédit une tel avenir, Mathias Coureur, dont le contrat avec le FC Kaysar Kyzylorda se termine dans un mois, ne regrette pas la voie qu'il a emprunté. Il en est même plutôt fier : "Je vis des moments que je n'aurais jamais vécu si j'étais resté en France. En Ligue 1 ou en Ligue 2, j'aurais certainement été un joueur banal alors qu'en Bulgarie (au Cherno More Varna, ndlr), par exemple, j'étais une star. Là-bas, jai remporté la Coupe nationale en marquant le but de la victoire, j'ai été le seul buteur du club en Coupe d'Europe. Ils voulaient même rebaptiser une tribune à mon nom." Des expériences qui lui ont permis de gagner "en maturité dans (sa) façon de voir la vie".

"Maintenant, j'ai envie de manger le monde"

"Je suis un globe-trotteur du foot, oui, mais grâce au foot je suis devenu un globe-trotteur tout court. Chaque année, je me fais 2-3 pays. Dernièrement, je me suis fait la Colombie, je suis allé aux Etats-Unis, j'ai fait la Tanzanie et je compte maintenant découvrir le Sénégal." Des envies d'ailleurs qu'il n'avait pas durant son adolescence : "J'étais comme tout le monde. J'allais à Londres et puis c'est tout. Les Etats-Unis, c'était un rêve. Mais maintenant, j'ai envie de manger le monde". Avec l'idée pour l'international martiniquais, issu de la région parisienne, de "prendre de l'argent encore 2-3 ans grâce au football" avant d'envisager un retour en France où sa famille, ses amis et "les mecs de (son) quartier" reconnaissent qu'il vit "un truc de dingue".

D'un naturel jovial et direct, Mathias Coureur ne se cache pas : "Si je suis parti au Kazakhstan (où évolue le Russe Andreï Arshavin, ndlr), c'est purement financier." Et tous ces voyages profitent évidemment à sa famille, à laquelle il reste très attaché malgré la distance. "Mes parents, qui n'ont pas eu la chance de voyager, sont venus me voir quand je jouais en Espagne, en Bulgarie et en Géorgie. Ils n'ont pas encore fait le déplacement au Kazakhstan mais ils vont venir", assure-t-il, heureux d'offrir de belles vacances à ses parents, dont il paye aujourd'hui le loyer. "Une sorte de reconnaissance" pour Mathias Coureur, conscient qu'un tel geste n'est pas à la portée de tout le monde. Et la vie au Kazakhstan dans tout cela ? "Il faut s'y faire", répond-il.

"La politique tu ne la sens pas trop parce que tu vis ta vie, mais au niveau du rythme, ça change. Quand tu prends le taxi, il n'y a pas de ceinture de sécurité par exemple. Moi, j'ai la télé française, j'ai mes potes qui viennent me voir, donc c'est tranquille", explique l'ancien joueur de Tbilissi, un temps convoité par Niort après son passage en Bulgarie. Au Kazakhstan, il a aussi fallu gérer la question du racisme, mais "grâce au foot", encore une fois, tout cela s'est un peu calmé, même si au départ, les gens le prenaient en photo "parce qu'ils n'avaient jamais vu de noir". Mathias Coureur raconte même qu'à son arrivée, il ne sortait pas de chez lui mais il a fini par se faire sa place. Une nouvelle étape dans la vie de ce passionné, un peu aventurier.