Portrait - Krzysztof Piatek, le “Robocop” qui doit briser la malédiction des attaquants à l’AC Milan

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Avec trois buts en deux titularisations pour ses débuts avec les Rossoneri, le buteur polonais marque les esprits en Lombardie et en Italie.

Arrivé pour 35 millions d’euros cet hiver et avec la lourde responsabilité de remplacer Gonzalo Higuain au pied levé, Krzysztof Piątek ne déçoit pas pour l’instant. Avec un doublé en Coupe d’Italie contre Naples (quart de finale) et une nouvelle réalisation quatre jours plus tard contre l’AS Roma en Serie A, l’attaquant polonais réussit des débuts idylliques. Presque trop beau pour celui qui n’avait coûté que 4,5 millions d’euros au Genoa l’été dernier pour le faire venir du KS Cracovia. D’entrée, avec un quadruplé en coupe contre Lecce, l’avant-centre de 23 ans avait suscité la curiosité. Ce qui aurait pu être un simple tube de l’été s’est transformé en véritable hit, au point d’être à ce jour un concurrent de poids à Cristiano Ronaldo pour le titre de Capocannoniere (meilleur buteur de la saison). Gennaro Gattuso a résumé de manière brève le caractère de son nouveau joueur. "Il ressemble à Robocop, il a juste dit quelques mots. 'Je veux marquer et tout casser."

Leonardo : "Le numéro 9 doit se mériter"

Son apprentissage du haut niveau a commencé dans l'antichambre de la première division polonaise, en 1 Liga, du côté de Lubin. Le natif de Dzierżoniów (au sud du pays) a eu une première saison épanouie avec des aptitudes intéressantes. Il participe surtout à la montée dans l’élite de son équipe où il finit évidemment par se faire repérer par le club de Cracovie qui le recrute pour 700 000 euros à l’été 2016. Deux ans et demi plus tard, il en vaut 50 fois plus. Une trajectoire vertigineuse pour quelqu’un décrit comme une personnalité discrète et apte à s’adapter à un nouveau climat. Six mois après son premier départ pour l’étranger, Piatek s’est bien fait un nom alors que les attentes sont nombreuses pour qu’il confirme.

Être efficace et se faire un nom à San Siro est un beau défi pour Piatek, surtout qu’il est devenu difficile pour un pur numéro 9 de s’imposer ces dernières années en Lombardie. De nombreux attaquants se sont en effet cassés les dents à ce poste si particulier. Si Carlos Bacca et Patrick Cutrone s’en sortent bien sur le plan des statistiques, la plupart des avant-centres ont eu des bilans décevants, si ce n’est catastrophique à l’image de Fernando Torres ou d’André Silva. À ce sujet, Leonardo le directeur sportif des Rossoneri avait ironisé pour enlever de la pression à sa recrue offensive. "Il voulait le numéro 9 mais nous pensons que cela doit se mériter. Donc nous avons décidé de lui donner le numéro 19 à la place." Signe que les temps changent du côté de l’AC Milan.

Milan

Krzysztof Piątek est un attaquant létal dans la zone de vérité avec un but tous les 8,2 ballons joués dans la surface adverse (statistique Opta). Sa participation au jeu n’est pas des plus actives avec 30 ballons touchés par match mais son rôle au Genoa et désormais au Milan consiste bien à être avant tout réaliste. L’avant-centre polonais fait ainsi partie de cette espèce en voie de disparition, celle des attaquants discrets dans la partition collective mais très adroits face au but. Icardi (24 ballons/match) et Arkadiusz Milik (25 ballons touches/match) sont dans cette catégorie par exemple en Italie.

"J'ai choisi la pression moi-même, indique l’intéressé dans un entretien à Foot Truck. Je dois m'y habituer, mais je ne changerai pas. Je dois travailler dur tous les jours et les résultats finiront par arriver. Peu importe si je joue à San Siro ou pour Cracovie ou la Pologne." Ses premiers pas dans l’antre milanaise ont confirmé cette tendance : le doublé express inscrit en 16 minutes face à Naples, sur des services de Laxalt et de Paqueta, a montré sa capacité à optimiser les rares ballons à sa disposition. La meilleure des manières pour se faire adopter par un public frustré par de nombreuses recrues décevantes au cours de la dernière décennie.

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Libre comme Piatek

En conférence de presse, Gennaro Gattuso a également dressé un portrait élogieux de son nouveau joueur, plus séduisant que la simple image d’un robot qui exécute de manière clinique ses gestes. "Piatek te fait trouver beaucoup de lignes de passes, il attaque bien la profondeur et les défenseurs s’inquiètent quand il part. Les défenses courent à reculons car elles s’inquiètent et il est plus facile pour nous de développer le jeu. Quand nous nous appuyons sur lui, il nous donne un coup de main pour faire remonter le bloc."

Piatek ps

Piatek sait aussi sortir de son image froide quand certains événements extérieurs le touchent, à l’image de la première fois où il a foulé la pelouse de San Siro en tant que joueur milanais. "Je suis entré seul sur le terrain, raconte-t-il toujours à Foot Truck. J’écoutais de la musique, et dès que j’ai entendu les applaudissements, j’ai ôté mes écouteurs… L’atmosphère a été incroyable. Les supporters m’ont accueilli comme l’un des leurs alors que je n’avais encore rien fait." Preuve de son recul vis-à-vis des dernières semaines, l’attaquant polonais a bien conscience du chemin qu’il lui reste à parcourir pour rentrer définitivement dans la cour des grands. Si tout va bien, il pourrait même prétendre à moyen terme au numéro 9, devenu un luxe aux yeux de Leonardo et des Milanais.

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