Pays-Bas - France 2-0 - Les 3 armes que les Bleus ont perdu depuis la Coupe du monde

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Pour grimper sur le toit du monde, l'équipe de France a eu un mode opératoire très clair. Elle en a perdu les ingrédients, pour le moment.

Cette fois-ci, il n'y a pas eu de réaction. Pas de sursaut d'orgueil pour camoufler les moments chauds. Pas de Kylian Mbappé, d'Antoine Griezmann ou d'autre super-héros. Il fallait que cela arrive, peut-être, pour comprendre que ces Bleus-là ne sont plus dans l'action depuis trop longtemps. En s'inclinant aux Pays-Bas ce vendredi (2-0), ils ont manqué l'occasion d'assurer leur place dans le Final Four de la Ligue des Nations, mais cette défaite dépasse la simple logique comptable. C'est un coup d'arrêt, parce que c'est la première. Et il ne faudrait pas que ce soit plus que ça. Pour rebondir, l'équipe de France va devoir retrouver les ingrédients qui l'ont menée tout en haut.

Savoir souffrir sans craquer

Le propre d'une équipe de contre est de savoir plier sans rompre, et l'équipe de France en était devenue une, c'est un fait. Depuis sa rentrée internationale, elle ne parvient plus à fermer les espaces et résister dans les longues phases de possession qu'elle laisse à son adversaire. Elle ne choisit plus, elle subit. La ligne défensive n'est pas la seule à pointer du doigt. Souverains au milieu en Russie, les Bleus sont beaucoup trop poreux depuis trois mois. Lors des derniers rassemblements, quelques erreurs individuelles, ici et là (Kimpembe, Pavard...) ont peut-être masqué ce mal collectif. Les chiffres disent autre chose.

Ce vendredi, Hugo Lloris a par exemple effectué le plus grand nombre d'arrêts pour un gardien de l'équipe de France sur les 10 dernières années (9). Face à l'Islande, il en avait fait 7, et ce record avait déjà été battu. Si le rendement du capitaine est un oasis dans le désert, c'est aussi un signal important. Sans une finition parfois un peu trop facile d'un Memphis Depay omniprésent, les Bleus auraient pris une claque. Les mots de Moussa Sissoko résonnent. "On s'est fait bouffer dans les duels, c'est notre marque de fabrique, c'est là où on excelle. Ce soir, on a oublié les fondamentaux".

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Savoir piquer après la récupération du ballon

L'image est restée dans toutes les têtes. Une récupération de N'Golo Kanté, un relai de Paul Pogba ou Antoine Griezmann et une accélération de Kylian Mbappé. En Russie, ce circuit a dégoûté à peu près tous les adversaires qui se sont frottés au Bleus. Mais il s'est étiolé, progressivement, et ne s'est pas vu du tout vendredi soir. Déjà parce que Paul Pogba, pas forcément dans les meilleurs dispositions en octobre dernier, était cette fois-ci absent, et que son remplaçant Steven N'Zonzi a manqué son examen. Ensuite parce que N'Golo Kanté, peut-être un peu déboussolé par son changement de position en club, ne fait plus la loi au milieu. Et enfin parce que les deux stars offensives des Bleus sont de plus en plus isolées. Condamnés à un exploit individuel et éloignés dans ce 4-3-3 bricolé, Antoine Griezmann et Kylian Mbappé n'ont plus la même liberté de mouvements. Le prodige doit même composer avec des prises à deux (ou à trois). Vendredi, il ne pouvait pas s'en sortir. Sans laisser planer une menace offensive, le style minimaliste des Bleus ne fait plus sens.

De Ligt Mbappe Netherlands France

Exploiter les coups de pied arrêtés

Quand l'expression collective est défaillante, les coups de pied arrêtés offrent une alternative. Là aussi, l'équipe de France l'a assez montré pendant la Coupe du monde, notamment dans la phase à élimination directe, où tous les coups-francs à moins de quarante mètres, où qu'ils soient, étaient bottés à la perfection par Antoine Griezmann. Or, en dehors des penalties de Mbappé et Griezmann contre l'Islande et l'Allemagne, les Bleus n'ont pas marqué un seul but sur phase arrêtée depuis la finale contre la Croatie. Leurs corners offensifs sont moins incisifs. Et sur les coups de pieds arrêtés défensifs, aussi, l'équipe de France affiche des failles nouvelles. Ce vendredi, Virgil van Dijk, habile dans l'exercice, aurait pu en profiter. "On a joué au minimum de notre potentiel et on l’a payé", a conclu Hugo Lloris. 

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