OM-Atlético Madrid - Pourquoi cette finale est un tournant dans la carrière d'Antoine Griezmann

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Catherine Ivill
Qu'il quitte l'Atlético ou pas, Antoine Griezmann joue gros contre l'Olympique de Marseille. À tous points de vue, cette finale est capitale pour lui.

L'histoire du foot dit que les grands joueurs sont des hommes de finale. Messi et Ronaldo sont des hommes de finale. Neymar est déjà un homme de finale. Zidane, l'autre Ronaldo, Maradona, Platini, Cruyff, Pelé étaient des hommes de finale. Antoine Griezmann n'appartient pas à cette caste pour le moment. Il a pu l'effleurer du bout des doigts, mais il n'y est pas entré. Personne ne peut affirmer qu'il n'y entrera jamais, mais il n'est pas encore un homme de finale. Dans sa carrière, c'est un plafond de verre qu'il doit absolument briser, à 27 ans. Pourquoi ce match-là ressemble à un tournant pour lui ?

Parce qu'il a un palmarès à étoffer

Depuis toujours, Antoine Griezmann diffuse l'impression de partir de plus loin que les autres. Rejeté par le système académique français, le gamin de Mâcon s'est construit une identité basée sur son apprentissage espagnol et son émancipation à la sauce sud-américaine. C'est peut-être pour cela qu'il ne nage pas encore avec les plus grands. Mais cette trajectoire sinueuse n'est plus une explication à son maigre palmarès. Plus à ce stade de vie, en tout cas. Car le fait est que sa vitrine ne comporte que deux trophées - mineurs tous les deux : un titre de champion d'Espagne de Segunda División avec la Real Sociedad en 2010 et une Supercoupe d'Espagne avec l'Atlético en 2014. Un CV en décalage avec le calibre du joueur.

PS Griezmann

L'international français ne s'y trompe pas, d'ailleurs. C'est sous ce prisme-là qu'il aborde l'événement depuis des semaines. "Pour moi, ce serait le premier titre important après la Super Coupe d'Espagne", a-t-il expliqué dans un entretien accordé au site officiel de l'UEFA. "J'ai l'opportunité de remporter l'UEFA Europa League maintenant, et je veux vraiment le faire. Je vais tout faire pour aider mes coéquipiers. Pour le club, c'est tout simplement un nouveau titre. C'est important et cela montre que nous sommes toujours en mesure de rivaliser avec les meilleurs". Il y a deux ans, la star de l'Atlético avait échoué sur les dernières marches de la Ligue des champions et du Championnat d'Europe des nations. Les similitudes entre ces épopées avaient été multiples parce qu'il en avait été le héros dans les tours précédents, et que Cristiano Ronaldo, lui, avait été son bourreau. 

Parce qu'il peut entamer un nouveau cycle

Avant de disputer sa première Coupe du monde, il y a quatre ans, Antoine Griezmann avait fait le premier grand saut de sa carrière en quittant son Pays Basque adoptif pour rejoindre la capitale espagnole. C'était un élève prometteur que le peuple découvrait encore dans un climat trouble, au cœur des affaires sportives qui frappaient l'équipe de France. Le visage juvénile est devenu une figure nationale. Un joueur qui compte dans le panorama. En France comme en Espagne. 

De l'autre côté des Pyrénées, il ne se passe pas une journée sans que son avenir ne soit commenté dans la presse ibérique. L'été dernier avait été chaud, celui-ci sera suffocant. L'idée qui court, c'est que le Français règle la question de son avenir avant de poser le pied en Russie. Les quotidiens catalans annoncent l'attaquant des Bleus au FC Barcelone, bien que les dirigeants du club soient restés discrets sur le dossier, Josep Maria Bartomeu se contentant simplement de reconnaître une prise de contact avec l'entourage du joueur, à l'automne dernier. Le buteur Luis Suarez, en revanche, s'est mouillé en lâchant un gros morceau sur une radio uruguayenne. "Je suis fier que les dirigeants du Barça ramènent des joueurs de la qualité d’Antoine, comme Dembélé ou Coutinho auparavant. C’est un joueur qui apporte beaucoup, qui joue à un haut niveau depuis plusieurs saisons et qui se bat tout le temps. C’est le chef de l’Atlético devant et ça c’est primordial. Qu’il soit le bienvenu car il ne vient prendre la place de personne mais seulement avec la volonté de gagner des choses importantes". Bref, tout porte à croire que Griezmann peut boucler la boucle avec cette Coupe d'Europe. L'Atlético est un chapitre majeur de sa vie. Si son départ prend forme, il doit le clore avec un beau point final.

Parce que le contexte est particulier

L'enjeu est une chose, le cadre en est une autre. Il faut bien se rendre compte qu'Antoine Griezmann va disputer une finale à Lyon, à moins d'une heure de sa ville natale, contre Marseille. Les deux coins représentent quelque chose dans son esprit. Depuis toujours, l'attaquant n'a jamais caché sa tendresse pour l'OM, bien que Diego Simeone, catégorique, se refuse à croire que ce penchant ait un impact. Et si le Vélodrome l'avait porté en demi-finale de l'Euro contre l'Allemagne, c'est bien l'enceinte lyonnaise qui a donné une autre tournure à son aventure, cet été-là. C'était contre l'Irlande. L'intéressé n'a pas oublié. "C'est vrai, j'ai de super souvenirs du stade", a-t-il expliqué, toujours sur le site de l'UEFA. "Nous étions menés à la pause et, grâce à ces deux buts, nous avons totalement inversé la tendance dans ce match. J'ai également marqué d'une bicyclette à Lyon en UEFA Champions League (pour la Real Sociedad en barrages en 2013/14). C'est une ville où j'ai bien réussi auparavant. Je n'espère qu'une chose, c'est que cela continue". 

En tribune, il y aura les regards bienveillants de sa famille. Et en face, il y aura les camarades. Steve Mandanda, Dimitri Payet, Adil Rami, entre autres. "C'est un joueur très intelligent, vicieux, il arrive à se faire oublier, il est toujours là où tu ne l'attends pas, il est complet", a décrypté le colosse de la défense marseillaise en conférence de presse. "Dans les vingt derniers mètres, il ne faudra pas le lâcher. Cela fait un moment que je suis dans le football, je défends souvent contre des copains...". Le foot est ainsi fait que les belles victoires ne s'écrivent pas par hasard. Peut-être qu'Antoine Griezmann a besoin de cette histoire-là pour que le film se termine bien. Après ça, l'horizon sera bleu.

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