Modric, Isco, Kroos, Asensio, les milieux aux profils Barça qui ont fait le choix du Real

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Par le passé, Barcelone a convoité de nombreux joueurs qui ont pris la décision d'opter pour le Real Madrid. Avec des conséquences très importantes.

Barcelone a toujours entretenu une relation particulière avec sa façon d'envisager le football. Les notions d'ADN, philosophie ou identité reviennent plus que de coutume avec le club catalan. C'est un thème général qui sera encore au centre des débats avec Ernesto Valverde sur le banc du Camp Nou cette saison : il devra faire un choix entre la MSN et l'ADN du Barça, cette façon de considérer le ballon, toujours en 4-3-3 avec une patte identifiable, même si cela s'est dillué au fil des années depuis le départ de Pep Guardiola. 

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"Je dois m’adapter au style et au jeu du club, de l’équipe depuis si longtemps, qui a ramené des titres. Le jeu du Barça passe par un grand jeu collectif, surtout au milieu, multiplier les combinaisons. Nous voulons avoir le contrôle du jeu. Le jeu du Barça a toujours été basé sur un grand esprit collectif, en attaque comme en défense", disait Valverde, le 1 juin dernier lors de sa conférence de presse de présentation. Le milieu de terrain est un secteur très important historiquement pour le Barça qui a eu les yeux posés sur plusieurs joueurs d'un profil très clair : petit gabarit, capable d'imprimer le rythme d'une rencontre, à l'aise dans la possession du ballon. Luka Modric, Toni Kroos, Isco Alarcón ou Dani Ceballos répondent à ces caractéristiques. Seulement, les trois premiers, courtisés par le Barça, ont pris la direction du Santiago Bernabeu au lieu du Camp Nou, et le quatrième pourrait en faire de même.

Pourquoi un tel désintérêt pour le Barça ? Le contexte est important. Lorsque le club a courtisé Modric ou Kroos, Isco ou Asensio, le milieu de terrrain composé par Busquets, Xavi et Iniesta n'avait quasiment aucun équivalent sur la planète football, un peu de la même façon que la MSN, dans son ensemble, représente l'attaque ultime de nos jours. Si un joueur signait pour le Barça, il aurait dû se satisfaire d'une place de remplaçant, de subalterne au trio espagnol. En 2010, au micro de Catalunya Radio, Yaya Touré expliquait les raisons de son départ du Barça, lui qui n'était plus titulaire en raison des performances supérireures de Sergio Busquets dans l'esprit de Pep Guardiola : "Quitter le FC Barcelone a été le moment le plus compliqué de ma vie. Sans Sergi Busquets, je ne serais pas parti. C’est une personne très sympathique. Il a des qualités énormes. Mais moi je voulais jouer et non pas être sur le banc."

Les conséquences sont également grandes depuis lors. Avec le départ de Xavi, Barcelone manque d'un véritable organisateur de jeu et doit composer avec Iniesta et Busquets, pas toujours les plus réguliers, notamment sur la dernière saison. Trio majeur de l'époque dorée du Barça sous Guardiola, le trident Busquets-Xavi-Iniesta n'a pas trouvé de relève réelle, que ce soit de la Masia ou venant de l'extérieur du club, qui a recruté des joueurs assez peu propices au style historique comme André Gomes, qui a été la cible d'une offre de 35 millions de la part d'un club de Premier League, refusée par le Barça ou Arda Turan, utilisé comme alternative à Neymar. Le seul qui a su s'intégrer de façon correcte a été Ivan Rakitic. De fait, le seul élément qui pourrait atténuer un immense sentiment de regret serait Marco Verratti, encore au PSG. Le natif de Pescara est un élément capable de tenir et conserver le ballon, conférer une sensation de contrôle qui se raréfie au Camp Nou. En février, avant le huitième de finale de Ligue des champions contre le PSG, Raynald Denoueix confiait à Goal : "Xavi, c’est irremplaçable… Ou peut-être que justement, le remplaçant de Xavi, il est dans l’équipe d’en face, c’est Verratti. Lui est vraiment dans le même style." 

Lionel Messi Andres Iniesta Barcelona

Pendant que le Real triomphe en Europe, le Barça ne sait pas exploiter au mieux le talent de Messi

Dani Ceballos, élu meilleur joueur du dernier Euro U21, est lui aussi dans le viseur du Barça et correspond au profil idéal tant il demeure capable de créer des actions, conserver le ballon et donner un véritable sens au style d'une équipe comme il l'a prouvé durant la saison écoulée au Bétis Séville en étant le véritable cerveau de sa formation. Le Real Madrid, le Barça, la Juve et l'Atlético Madrid sont à la lutte afin de le signer et tous sont prêts à payer les 15 millions de sa clause de libération. Selon nos informations, le joueur va discuter avec son entraîneur, Quique Setién, avant de le faire avec sa direction afin de déterminer son avenir. De son côté, le Bétis Séville aspire à prolonger son contrat et à le convertir en joueur le mieux payé de l'effectif. 

Les conséquences des échecs du Barça dans l'entrejeu, et  par conséquent l'incapacité de trouver une succession au trio Busquets-Xavi-Iniesta a vu le club catalan incapable d'exploiter au mieux l'ère de Lionel Messi. Certes avec La Pulga, le Barça a su gagner 8 Ligas (contre 4 pour le Real) et 5 Coupes du Roi (contre 2 pour le Real). La donne diffère peu en Ligue des champions. Durant le cycle de Messi, le Barça a pour le moment  gagné 4 trophées (2006, 2009, 2011, 2015) contre 3 pour le Real (2014, 2016, 2017) mais la dynamique actuelle du club merengue, double tenant du titre sous la direction de Zinédine Zidane, couplée à un idée claire basée sur le développement des jeunes, porte à croire que le cycle victorieux du Real pourrait perdurer en Europe.

Possèder le meilleur joueur de la planète dans ses rangs depuis tant d'années engendre forcément des exigences élevées et il est difficile de ne pas penser que le Barça n'a pas exploité pleinement le talent de Messi en termes de titres. Moins bien accompagné au milieu de terrain qu'il l'a été avec Busquets-Xavi et Iniesta, le natif de Rosario a vu les Modric and co triompher en Europe là où il a dû se contenter d'éliminations en quarts de finale lors des deux dernières saisons. De par ses échecs à convaincre les milieux de terrain idéaux, Barcelone a sans le vouloir participé au développement du Real Madrid dans ce secteur de jeu primodrial. Aujourd'hui, et en se projetant dans un futur possiblement doré pour le club madrilène, le Barça peut s'en mordre les doigts. 

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