Milan-Juve, où sont passées les recrues ?

Commentaires()
Allegri Montella Fiorentina Juventus Coppa Italia
Getty Images
Milan et la Juve, qui s'affrontent ce samedi à San Siro, ont un point commun cette saison ; ils ne sont guère satisfaits de l'apport de leurs recrues.

Il fut un temps où une opposition entre l'AC Milan et la Juventus était LE match que toute l'Italie attendait. Celui que les supporters préparaient des semaines à l'avance et que les joueurs des deux équipes cochaient sur leurs agendas dès la divulgation du calendrier. Mais, ce temps-là est bien révolu. Aujourd'hui, du côté de la Botte, et en raison du déclin des Rossonerri, l'on se passionne beaucoup plus pour un Juve-Naples, voire même pour un Naples-Inter que pour un face à face entre Lombards et Piémontais. Et le duel de cette année, dont le premier acte se tient samedi, confirme cette tendance. Il aurait pu, cela dit, faire exception, mais pour cela il aurait fallu qu'il y ait un ingrédient nouveau. Telle que l'impatience de voir des recrues en forme illuminer éventuellement ce rendez-vous. Or, des recrues en forme, il n'y en a pas. Ni dans le camp milanais, ni même dans celui de Turin.

5 raisons qui permettent à Naples de croire au Scudetto

Exagère-t-on en disant qu'aucun transfuge rossonero ou bianconero n'a répondu aux attentes depuis le début de la saison ? Le fait qu'il n'y ait même pas un nom qui se dégage spontanément est déjà la preuve que le bilan de ses nouveaux venus est (au mieux) insuffisant. Et cet état de faits est plus problématique pour l'équipe de Vincenzo Montella que celle de Massimiliano Allegri. Au vu des moyens qui ont été consentis dans les coulisses, avec une enveloppe d'une valeur de 194,5M€ signée par les propriétaires, et aussi de la situation sportive dans laquelle se trouvait l'équipe, Milan avait beaucoup moins droit à l'erreur que son rival. Malheureusement pour ce club,aucun terme positif ne peut être utilisé aujourd'hui, après deux mois de compétition, pour qualifier le mercato réalisé.

Montella en danger à cause du maigre apport des recrues

Les Milanais ont fait venir presque une équipe entière durant la précédente intersaison, dont sept éléments aux montants dépassant les 15M€. Qui peut-on citer dans le rayon des satisfactions ? En étant complaisant, on pourrait nommer le latéral Ricardo Rodriguez ou le milieu de terrain Lucas Biglia. Pour les autres, l'apport se situerait entre neutre et mauvais. Et ce n'est certainement pas le coach de l'équipe qui contredira ce jugement, lui qui peine à dégager une équipe-type (22 joueurs utilisés rien qu'en Serie A) et qui est même en passe de faire personnellement les frais de ce mercato raté et des résultats décevants qui en ont résulté.

Goal 50 Revealed: The best 50 players in the world

Milan s'est beaucoup "renforcé" en attaque, mais jusqu'à présent aucun attaquant ne s'impose comme un titulaire indiscutable. Les André Silva, Nikola Kalinic se relaient à tour de rôle en compagnie du jeune Patrick Cutrone, tandis que sur les côtés l'international Fabio Borini fait fidèle à sa réputation de joueur irrégulier. Le Turc Hakan Calhanoglu est à peine plus convaincant, et se fait surtout remarquer par les cartons qu'il empile (2 jaunes et 1 rouge). Derrière, le tableau est aussi peu reluisant. L'Ivoirien Franck Kessie peine à s'imposer en dépit d'un temps de jeu conséquent (seulement 45 manquées en championnat), et les défenseurs Musacchio et Bonucci n'arrivent pas à prendre leurs marques au sein de l'équipe. Dans le cas de ce dernier, et au vu du prix qu'il a couté (42M€), cela devient très inquiétant. L'arrière international n'est que l'ombre de joueur qui avait brillé avec la Juve et dont les performances ont valu une présence dans le onze FifPro de la saison.

L'article continue ci-dessous

Pour Allegri, le changement ce n'est pas maintenant

À la Juve, justement, on serait bien heureux de le récupérer. La défense de la Vieille Dame n'est plus la plus hermétique de l'Italie et il est compliqué de ne pas voir un lien avec le départ de celui qui l'avait commandée pendant sept ans. Benedikt Howedes a été recruté pour le remplacer. Mais, le champion du monde allemand n'a pas encore disputé le moindre match. Il n'est actuellement pas à 100% de ses moyens physiques, mais même sans cela Allegri hésite à lui faire confiance. L'ancien de Schalke 04 n'est qu'au cinquième rang dans la hiérarchie des défenseurs centraux. Le recrutement a donc été manqué à ce poste. Ça n'aurait été cependant qu'un moindre mal, si dans les autres secteurs, on avait été plus inspirés dans le choix de recrues.

Pour pallier le départ de Dani Alves, la Juve s'est attachée les services de Mattia De Sciglio. Un drôle de choix vu que ce dernier avait déjà du mal à tirer son épingle de jeu du côté de Milan. Devant, Federico Bernardeschi et Douglas Costa ont droit à un meilleur temps de jeu. Toutefois, ils ont du mal à séduire et ce n'est pas le but splendide inscrit par l'ex-Florentin lors du dernier match qui va altérer ce constat. Allegri continue de s'appuyer essentiellement sur les joueurs qui lui ont donné satisfaction lors des deux saisons précédentes. Et rien n'indique qu'il soit prêt à changer son fusil d'épaule et relancer la concurrence.

En résumé, Milan et la Juve n'ont pas beaucoup tiré profit du dernier mercato. La saison reste longue et il n'est pas impossible qu'il y ait une lecture différente à ce bilan en mai prochain. Mais, en attendant, les tifosi des deux formations doivent prendre leur mal en patience et continuer à ruminer l'époque où cette rencontre entre les deux équipes les plus titrées de l'Italie était une vraie affiche.

Fermer