Merci Monaco !

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Au coup de sifflet final, mardi soir à Turin, les Monégasques et la France du football étaient fiers de leur équipe. Parce qu'il y a bien de quoi.

Nul ne saurait vraiment dire qui des sourires ou des déceptions dominaient les têtes monégasques, mardi soir après la défaite en demi-finale de la Ligue des champions face à la Juventus. Et pour cause, l'amertume de l'élimination a rapidement laissé place au bonheur d'avoir vécu une fantastique aventure européenne. Si les compétiteurs ne peuvent se réjouir d'une défaite, ils peuvent en revanche prendre le recul nécessaire pour réaliser l'ampleur des obstacles franchis pour la concéder, un soir de mai où le football est plus que jamais roi. Car depuis le début de la saison, qui rapellons le a officiellement débuté pour eux le 27 juillet 2016, l'AS Monaco s'est mué en distributeur de bonheur pour les amoureux du ballon rond. Au-delà d'un dernier carré dans la plus belle des compétitions de clubs, les Monégasques ont surtout raconté une histoire qui ne s'oubliera pas de sitôt.

Lire le résumé de la rencontre : malgré Mbappé, la Juve était encore une fois trop forte

Cent cinquante. 150 ! 

Jamais, en 180 minutes, Monaco n'a pu contester la supériorité de son adversaire. "Tout le mérite revient à la Juve, analysait humblement Tiemoué Bakayoko en zone mixte. Ils ont fait deux belles confrontations. On est tombés sur meilleur que nous". Personne, pas même le président Vadim Vasilyev, ne remettra en cause les dires du robuste milieu. Humble dans la défaite, Monaco trouve ailleurs de quoi gonfler son orgueil. "Nous sommes la première équipe de l'Histoire à avoir commencé en tour préliminaire et à être allé en demi-finale. C'est vraiment exceptionnel ce que nous avons réussi avec l'équipe la plus jeune, avec un budget 3 ou 4 fois inférieur à la Juve et 5 ou 6 fois inférieur au Real Madrid. C'est juste exceptionnel. Il y a quatre ans, en mai 2013, nous jouions en Ligue 2". Une évolution qui trouvera son apogée dans les jours à venir avec un titre de champion de France qui ne semble plus pouvoir lui échapper.

Monaco

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Un huitième titre conquis avec la manière, aux yeux de tous et au nez et à la barbe des meilleures attaques du continent. Mardi soir à Turin, le but de Kylian Mbappé face à Gianluigi Buffon n'avait d'anecdotique que son impact sur la double confrontation. Avec un peu plus de perspective, il était un symbole fort de tout ce que l'ASM a offert cette saison à ceux qui admirent ce sport. Lui, la révélation mondiale de l'année, représentant émérite de la jeunesse princière, inscrivait en réalité le 150e but toutes compétitions confondues d'une équipe simplement rafraîchissante pour notre championnat empoussiéré d'images défensives tenaces. "On est fiers de nous et je pense que la France aussi, se félicitait le principal intéressé après la rencontre. On a bien représenté le pays. On a essayé de montrer de quoi on était capable et je crois qu'on a montré à l'Europe qu'on était une bonne équipe capable de se frotter aux meilleurs". 

Car voilà ce qu'a donné Monaco cette saison : un grand coup de balai sur les clichés d'une Ligue 1 trop frileuse, inintéressante, à l'hégémonie parisienne, incapable de rivaliser avec les grands du continent. Pour tout cela, pour cet élan sur lequel, espérons-le, le football français saura capitaliser. Merci Monaco. 

Julien Quelen, au Juventus Stadium.

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