Manchester City - OL (1-2) - C'était Lyon, version Ligue des champions !

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Au terme d'un match où il a brillé avant de résister, l'Olympique lyonnais a réussi une soirée européenne mémorable face à un ogre du continent.

Même s'il a eu tendance à dormir trop longtemps en ce début de saison, Lyon a prouvé, mercredi soir à Manchester, qu'il n'était pas mort. Et c'est Bruno Génésio, en premier ressort, qui l'a sorti de sa torpeur. Sans Lucas Tousart, dont la dernière non-titularisation remontait au 4 février dernier, le coach rhodanien avait décidé de faire peau neuve à son équipe qui a maîtrisé son sujet. En dominant leur adversaire du soir pendant une bonne heure, les Lyonnais ont prouvé qu'ils pouvaient bien conjuguer leurs individuaités au service d'une équipe impressionnante par séquences. Repliés et combatifs pendant la dernière demi-heure, les coéquipiers de Nabil Fekir ont achevé leur partition en faisant preuve d'une force collective qui n'avait pas encore été observée cette saison. Si cette victoire initiale n'écrit pas toute la suite de l'histoire, elle pourrait bien en être un heureux préambule.

Recentré sur les valeurs collectives, mais pas que...

Après le mauvais match nul réalisé à Caen samedi dernier, une réaction était attendue par tout l'état-major lyonnais qui l'avait bien fait comprendre. Au cours d'une prise de parole dans le vestiaire dimanche, Jean-Michel Aulas avait fait répéter à ses joueurs l'importance de l'institution et du respect qu'il fallait lui porter. Au delà des considérations tactiques et du résultat, le président lyonnais attendait donc de voir appliquer à la lettre ses recommandations. Et à en juger par la bagarre menée de bout en bout par Memphis Depay, les allers-retours incessants de Maxwel Cornet et l'abnégation de l'équipe sur l'ensemble des phases de jeu, le message a clairement été entendu. " Ce soir doit nous faire prendre conscience que lorsqu'on est tous concernés, tous ensemble, nous avons une équipe qui a beaucoup de talent et qui est capable de gagner partout ", lançait Bruno Genesio en conférence de presse après la rencontre. 

Bernardo Silva Rafael Manchester City Lyon Champions League 19092018

Mais comme il était injuste d'attribuer au seul manque d'investissement la contre-performance de Caen, il serait aujourd'hui tout aussi malhonnête d'expliquer uniquement ainsi le succès face à City. L'engagement dont les Lyonnais ont fait preuve de la première à la dernière minute n'est qu'une partie de l'équation. L'autre concerne l'approche parfaite de Bruno Génésio qui s'était mis en tête de concocter un onze joueur, capable à la fois de se jeter dans le combat tout en se donnant les moyens de ressortir les ballons. En titularisant Maxwel Cornet et Houssem Aouar sur les côtés, l'entraîneur des Gones a contrarié les ailes des Citizens qui ont manqué de profondeur et se sont longtemps enfermés dans un axe bien gardé.

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En préférant Pape Cheikh Diop à Lucas Tousart, l'OL s'est donné de la verticalité et une touche technique à l'origine de l'ouverture du score. Après une récupération haute de Nabil Fekir poussé par un milieu pressant, Houssem Aouar a retrouvé son capitaine en une touche pour créer le décalage. L'essentiel était là. Le reste, le centre, le cafouillage de Delph et la frappe croisée dans le petit filet de Cornet (26e) n'ont été que la conséquence logique d'une domination générale... accentuée par un second but de Nabil Fekir (43e), excellent dans l'utilisation du ballon et les efforts consentis lorsqu'il ne l'avait pas. 

Pendant près d'une heure, l'OL a donné la leçon à une équipe de City sans trop d'imagination, bien bloquée par la mise en place tactique adverse. " Je suis fier de mon équipe, de ce qu'on a mis en place ", résumait Bruno Génésio qui ne souhaitait avant tout que la prestation donne un sens à la suite. " Ça doit nous donner des idées en Ligue des champions mais aussi en championnat ". Cela tombe bien, la Ligue 1 arrive dimanche prochain avec une première grosse affiche au Groupama Stadium face à l'Olympique de Marseille. L'occasion de démontrer que plus que le coup d'un soir, l'OL vient de véritablement lancer sa saison.

Julien Quelen, à Manchester. 

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