Lyon, Monaco, Marseille : l'évaluation des candidats à la 2ème place de Ligue 1

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Lyon, Monaco et Marseille se tiennent dans un mouchoir de poche à deux matches de la fin. Goal distribue les bons points pour ce sprint final.

Derrière le Paris Saint-Germain, l'autre monde de la Ligue 1 se livre quelques batailles acharnées pour donner un peu de saveur au printemps. Parce que le titre était une affaire réglée trop vite, peut-être. Il y a la lutte pour le maintien, qui donnera le vertige jusqu'à la fin. Il y a celle pour la cinquième place, palpitante depuis des mois. Et puis il y a cette place de dauphin, qui est devenue la plus convoitée de toutes depuis quelques semaines. Lyon, Monaco ou Marseille s'y sont installés, tour à tour, sans jamais la conserver. Aujourd'hui, tous ont des raisons d'espérer.

Lyon (deuxième, 75 points)

Un an après l'éclatement de sa génération dorée emmenée par Lacazette et Tolisso, Jean-Michel Aulas aurait certainement signé pour occuper cette deuxième place début mai. Il a ouvert un nouveau cycle avec une équipe joueuse, mêlant jeunesse du cru et personnalités étrangères, et le cocktail est gagnant. Mais Lyon devra faire attention jusqu'au bout. 

Le motif d'espoir : Lyon a régné sans partage sur le football français pendant sept ans, mais même dans ses grandes années, l'OL ne s'est jamais appuyé sur une équipe aussi dévastatrice. Pour la première année de ce cycle, ce groupe a impressionné par sa force de frappe offensive. Les chiffres sont là : il a battu le record de buts inscrits dans l'histoire du club sur une saison de Ligue 1. Il compte aussi quatre joueurs ayant franchi la barre des 10 buts en championnats (Mariano, Fekir, Depay, Traoré). Ces quatre-là ont tous connu des pics de forme ces derniers mois. Le talent intrinsèque est la clé de cette équipe, dont le calendrier a été allégé après son élimination de l'Europa League.

L'interrogation : Cette bande de surdoués s'est fait tirer les oreilles un peu trop souvent cette saison. Elle est sujette à des trous d'airs défensifs fréquents, sur une période donnée ou même dans un match, parfois. Elle est l'équipe ayant été rattrapée le plus souvent après avoir eu une avance de deux buts durant cette campagne 2017-18, une donnée parlante. C'est un peu le défaut de ses qualités. Pour conserver la meilleure place, l'OL devra se faire violence à chaque instant. Même dans le confort. 

Nabil Fekir, Memphis Depay, Lyon

Monaco (troisième, 74 points)

Après la saignée de l'été dernier (Mbappé, Bernardo Silva, Bakayoko, Mendy, Germain...), il aurait presque été anormal de voir l'AS Monaco surfer éternellement sur l'euphorie de son titre. La bande à Jardim a laissé cette impression en début de parcours. Après cet été indien, les choses se sont corsées avec les premières déconvenues en Coupe d'Europe. Cette équipe a un talent certain et un mental de fer, mais son expression collective a montré des limites. 

Le motif d'espoir : Une nouvelle dynamique amorcée. Les défaites concédées à Paris (7-1) et à Guingamp (3-1) - les deux seules en 21 matches - ont laissé des traces, mais elles ont eu le mérite de sonner la révolte dans les rangs monégasques. L'expérimenté Andrea Raggi avait appelé ses troupes à réagir. Il a été entendu le weekend dernier, à Caen, sous l'impulsion d'un gamin de 18 ans, Moussa Sylla. Globalement, l'homogénéité de l'effectif monégasque peut permettre à Leonardo Jardim de livrer deux bonnes compositions pour terminer, d'autant que Saint-Etienne réussit mieux à l'ASM que par le passé. Enfin, ce groupe a montré de vraies vertus mentales cette saison. C'est une satisfaction, avant le chant des départs.

L'interrogation : Au-delà du menu, qui n'est pas le plus copieux de tous en quantité, Monaco va tout de même devoir affronter deux équipes pleinement concernées par des enjeux. Les Verts veulent accrocher une place européenne, tandis que Troyes joue sa peau en Ligue 1. Par ailleurs, Leonardo Jardim a dû composer avec de multiples blessures pour ses joueurs cadres depuis janvier (Falcao, Jovetic, Keita Baldé, Sidibé). Il faudra donc jauger la condition physique de ces éléments, si tant est qu'il soient aptes.

Marseille (quatrième, 73 points)

Qui aurait imaginé que l'OM lutterait pour une deuxième place avec une finale d'Europa League à disputer, quand l'équipe de Rudi Garcia s'était faite gifler 6-1 sur le Rocher à la fin de l'été ? Cette équipe a grandi. Elle s'est construite en souffrant, avec un esprit guerrier. Et elle a pu compter sur son talent pour finir en trombe.

Le motif d'espoir : L'expérience. Avec Steve Mandanda, Dimitri Payet, Luiz Gustavo et un Florian Thauvin plus mature que jamais, l'OM peut s'appuyer sur des joueurs capables de répondre à la pression d'une fin de saison aussi palpitante. Elle sera grandement dictée par cette finale d'Europa League, sur tous les plans - physique, mental, émotionnel. Mais l'OM a les moyens de finir en trombe. L'équipe de Garcia doit profiter de cette atmosphère particulière.  

L'interrogation : Dans cette catégorie de cadres, il est dommage qu'Adil Rami, suspendu, n'ait plus son mot à dire en Ligue 1. La finale est dans les têtes, forcément. Même si l'OM affronte deux équipes déjà sauvées, le club phocéen devra se méfier de ces adversaires libérés. Et Marseille est l'équipe qui a joué le plus en matches en Europe. Les jambes seront lourdes. 

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