Longtemps avide de trophées, Antoine Griezmann rattrape le temps perdu

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Alexander Hassenstein
Vainqueur de la Supercoupe d'Europe contre le Real Madrid (4-2, a.p.), Antoine Griezmann a récolté un nouveau trophée cette année. Le troisième.

C'est une bonne habitude qu'Antoine Griezmann apprécie de plus en plus. Exulter. Brandir un trophée. Et poser pour une photo qui restera dans les archives. Cela faisait un mois qu'il était grimpé sur le toit du monde quand il a soulevé la Supercoupe d'Europe, mercredi soir, après un match débridé contre le grand rival madrilène. Bien-sûr, ce n'était pas une Coupe du monde, pas même une Coupe d'Europe comme en mai dernier, mais ce nouveau titre en 2018 lui permet d'entamer cette campagne comme il avait terminé la précédente. Dans ce costume de gagnant qui donne un sens nouveau à sa carrière.

Dans les faits, la prestation du Mâconnais ne restera pas inoubliable. En phase de reprise, Antoine Griezmann a fait parler sa justesse technique, comme toujours, mais il a peiné à influer sur le jeu de l'Atlético avant de laisser sa place à l'heure de jeu. Mais au-delà de sa copie personnelle, ce succès avait une résonnance particulière. Parce que c'était le Real en face, déjà. Et parce que le Français avait annoncé son choix de rester juste avant le coup d'envoi de l'aventure russe.

PS Griezmann

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"Je suis resté à l'Atlético parce que le projet était bon", a-t-il rappelé sur Movistar après la rencontre. "J'ai confiance dans ce club, dans le ''Cholo'' (Simeone), et j'ai vu ce soir que je ne me suis pas trompé. Il reste beaucoup de chemin à parcourir et il faut continuer comme ça. Ce n'est que le premier match officiel de la saison, cela représente beaucoup de travail et d'efforts. Les joueurs qui sont entrés en jeu ont fait la différence et il faut continuer comme ça. Nous sommes un bon groupe et on doit le démontrer à chaque match. (Sur sa manière habituelle de fêter ses buts, qu'il n'a pas pu montrer dans ce match) : Je me sentais un peu étouffé parce que ce n'est que mon deuxième match (cette saison) mais on la verra bientôt, ma célébration".

Zidane, Thuram... De grands champions ont rempli leur vitrine en deuxième partie de carrière

Antoine Griezmann a 27 ans. Un âge qui s'assimile à un virage. Jusqu'alors, sa carrière ne s'accordait pas à son immense talent. Il n'avait remporté qu'une Supercoupe d'Espagne avant cette année 2018. Mais l'histoire retiendra que l'Europe League conquise contre l'Olympique de Marseille en mai dernier, où le Français avait brillé de la tête et des épaules, restera un déclic pour étoffer son palmarès. 

Il ne faut pas oublier que si ce n'est pas la norme, certains grands champions français se sont construits après leur titre de champion du monde. Zinédine Zidane n'avait remporté que deux Scudetti avant de devenir le héros d'une nation quand Lilian Thuram, lui, vivait à cet instant la première grande victoire de sa carrière. Les deux avaient déjà quelques années derrière eux, comme Griezmann. Et les deux avaient une vitrine bondée quand ils ont raccroché. Antoine Griezmann sait ce qu'il lui reste à faire. 

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