Ligue des champions, Tottenham - Christian Eriksen, l'artificier de l'ombre

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Le milieu danois est aujourd’hui un élément indispensable à la réussite de Tottenham. Le tout en laissant le devant de la scène à ses partenaires.

Christian Eriksen a tout du bon soldat. Dans l’ombre d’Harry Kane et de Dele Alli qui attirent la lumière, le milieu de terrain s’épanoui dans une équipe de Tottenham où il prend des allures de maître à jouer. Maillon fort de l’effectif de Mauricio Pochettino, il confirme cette saison – bien qu’à retardement – le potentiel qu’il avait déjà étrenné sur les pelouses de l’Eredivisie lors de ses jeunes années passées à l’Ajax Amsterdam. A 26 ans, il réalise une saison à l’image de la dernière campagne qui avait vu les Spurs finir dauphin de Chelsea en Premier League : étincelante.

Son but égalisateur il y a trois semaines en huitièmes de finale de la Ligue des champions sur les terres de la Juventus Turin (2-2) a un peu plus confirmé qu’il était aussi redoutable que talentueux. Polyvalent, le Danois joue d’abord pour ses partenaires et remplit parfaitement son rôle de pourvoyeur de ballons. Mais lorsqu’il faut aller vers le but, il se sent tout aussi à l’aise, en témoignent ses statistiques : 9 buts, 8 passes décisives en 33 matches toutes compétitions confondues cette saison. Des chiffres qu'il aura l'occasion d'améliorer lors de la réception de la Juve ce mercredi en C1.

Le génie discret, héritier de Laudrup

Pas étonnant donc de voir son nom associé à celui de grands joueurs au poste similaire. A la manière d’Andres Iniesta pour Lionel Messi et Luis Suarez, il est devenu indispensable à Dele Alli et Harry Kane, tout comme Luka Modric l’est pour Cristiano Ronaldo et Gareth Bale. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Barcelone et le Real Madrid se sont tous les deux renseignés sur le joueur qui est lié aux Spurs jusqu’en 2020. Il apparaît, aux yeux des dirigeants catalans et madrilènes, comme une alternative plus que logique à ses homologues qui ont respectivement 33 et 32 ans. 

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Christian Eriksen, Denmark

Malgré ses qualités techniques, son rendement sur le terrain et l’intérêt des plus grandes écuries européennes, le natif de Middelfart est discret et ne cherche pas la lumière. Une qualité que loue son entraîneur, Mauricio Pochettino : "Christian, ce n’est pas le genre de joueur qui a besoin de retours de la part des fans, des médias, confiait récemment le manager des Spurs. J’aime beaucoup cela. Il est si spécial."  Une personnalité aux antipodes de celles que produit le football moderne, fait de stars et de spécimens fantasques. Là encore, il tire son épingle du jeu.

Le Danemark lui aussi croit en son prodige. Lors des barrages de la Coupe du monde 2018 en novembre dernier, Christian Eriksen a qualifié à lui seul son pays au terme d'une prestation immense au match retour (0-0 à l'aller). Un triplé face à l'Irlande a porté son total à 11 buts en 11 matches. Sa vision du jeu, son art du placement et de l'exploitation des espaces ne sont pas sans rappeler celles de son illustre ainé, Michael Laudrup. Moins complet, il partage pourtant bien des similitudes avec son compatriote. Ne reste plus qu'à marcher sur ses traces...

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