Ligue des champions - Simeone, Tuchel et les 5 leçons tactiques des 8e de finale

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Getty/Goal
Il y a eu plusieurs belles performances tactiques lors de ces 8e de finale. Les entraîneurs de l'Atlético, du PSG et de Tottenham se sont illustrés.

Les matches allers de ces 8e de finale de Ligue des champions n'ont pas donné de résultats improbables. En raison d'une prudence générale, 7 des 16 équipes engagées n'ont pas réussi à marquer. Les huit confrontations restent globalement indécises.

Une lecture plus pessimiste consiste à dire que les disparités entre les meilleures équipes et les autres s'est quand même vue et que la qualité individuelle des joueurs a surpassé l'intelligence tactique. Manchester City et le Real Madrid ont connu des difficultés contre Shalke 04 et l'Ajax, mais cela n'a fait que retarder l'expression de la différence de niveau entre les équipes.

Cela reste un tour intéressant du point de vue tactique avec des remplacements inspirés et des ajustements à la mi-temps qui ont fait la différence pour Tottenham, le PSG et l'Atlético de Madrid.

Voici cinq leçons tactiques à retenir de ces rencontres


Un Liverpool prudent et moins excitant cette saison


Liverpool a marqué 18 buts lors de ses 7 matches à élimination directe la saison passée en Ligue des champions, ce qui rend d'autant plus surprenant le 0-0 des hommes de Jurgen Klopp contre le Bayern Munich. Une pression de tous les instants comme Liverpool le fait souvent en première période aurait pu être une bonne stratégie aussi, étant donné la faiblesse défensive des Bavarois ces dernières semaines.

Au lieu de cela, les Reds sont restés prudents. Les défenseurs sont restés bas, et aucune équipe ne s'est véritablement projetée en attaque, espèrant un exploit des attaquants laissés seuls devant. C'est aussi pour cela que deux milieux relativement lents, Javi Martinez et Jordan Henderson, ont été les deux meilleurs joueurs du match.

Il semble que la campagne de Ligue des champions des Reds sera à l'image de celle de Premier League : plus mesurée.


La résilience habituelle de l'Atlético récompensée grâce aux changements de Simeone


L'Atlético Madrid a battu la Juventus avec une stratégie classique chez Diego Simeone. Alignés en 4-4-2, leur pressing intense a empêché la Juventus de mettre du rythme, alors que Juanfran a intelligemment muselé Cristiano Ronaldo. L'Atlético a été agressif tout au long de la rencontre, apparaissant comme un potentiel vainqueur de la compétition.

Ce sont les changements de Simeone qui ont finalement scellé le sort de ce match. Analysant la vulnérabilité croissante de la Juve dans les airs et sur les contres, il a fait entrer Alvaro Morata et décalé Griezmann, une solution payante. Le Français a percuté sur son aile - ce que n'avait pas fait Saul Niguez en première mi-temps - et amené le danger à plusieurs reprises dans les 30 dernières minutes.

Morata a marqué un but refusé par le VAR et récupéré un coup franc à la 77e minute, avant de remettre le ballon de la tête pour le but de Gimenez sur le corner consécutif. L'Espagnol a remporté cinq duels aériens en seulement 32 minutes sur la pelouse.


Tuchel prend le meilleur sur Solskjaer à la mi-temps


Hésitations et prudence ont été les maîtres mots des 45 premières minutes de ce match à Old Trafford.

Les deux entraîneurs étaient certainement relativement confiants à la pause, et au coup de sifflet il était clair qu'aussi bien l'Allemand que le Norvégien avaient fait preuve d'un grand sens tactique. United a été forcé de changer quand Jesse Lingard et Anthony Martial sont sortis sur blessure, mais la décision de Solskjaer s'est avéré une erreur de jugement.

Nous avions eu le droit jusque là à un match compact au milieu de terrain, avec peu d'espaces, avec Marco Verratti qui régnait sur le milieu de terrain, alors que Paul Pogba était pris par un marquage individuel de Marquinhos. Manchester aurait ainsi dû à ce moment-là tenter de changer le rapport de force sur les côtés, alors ne faire qu'apporter du jeu lent avec Juan Mata et Alexis Sanchez.

Solskjaer aurait peut-être dû faire entrer Romelu Lukaku et passer en 4-3-1-2, un système qui avait beaucoup servi lors du mois précédent. Lukaku et Rashord auraient pu prendre la profondeur, avec Mata à la baguette derrière eux.

Les ajustements de Thomas Tuchel ont confirmé l'erreur de son homologue, en demandant à Thilo Kehrer de former un véritable trio défensif pendant les temps de possession, probablement pour bloquer Martial, sans savoir qu'il allait être remplacé. Rashford s'est alors retrouvé complètement isolé, alors que Sanchez et Mata étaient pris par les défenseurs centraux excentrés du PSG. Avec un duo Lukaku-Rashford devant, les Mancuniens auraient pu tenter d'exploiter les espaces entre ces trois défenseurs.

Si Solskjaer était passé en 4-3-1-2, United aurait pu contrer le PSG en deuxième mi-temps :

Man Utd Tactics PSG 2019


Une Ajax malchanceuse ébouriffe le Real


La première apparition de l'Ajax en phase finale de Ligue des champions depuis 2006 a permis d'envoyer un message : le club de Cruyff est de retour au haut niveau. Leur pressing tout terrain a posé de gros problèmes aux champions d'Europe, malgré une défaite finale (1-2).

Avec un peu plus de réussite, on aurait pu assister au début d'un joli parcours digne de Monaco. Ce pressing, emmené par Dusan Tadic, David Neres et Hakim Zyech, a empêché le Real de remonter depuis derrière, alors que les trois milieux opéraient un marquage individuel sur leurs trois adversaires.

Le Real a été en difficulté, avec de longues périodes de possession stérile dans sa propre moitié de terrain, alors que Zyech et van de Beek s'engouffraient dans les espaces autour de Casemiro. Seul le manque d'expérience - et une décision du VAR - a privé l'Ajax d'un autre résultat.

Les deux buts du Real ont été inscrits sur des contre-attaques, une de chaque côté, mettant en lumière les dangers d'un pressing tout terrain. Les jambes avaient commencé à flancher et le Real en a profité, impitoyable comme un triple champion d'Europe.


La tactique de Pochettino fait basculer le duel Sancho-Verthongen


Comme à Old Trafford où les changements tactiques de la mi-temps ont débloqué la rencontre, ce fut le cas à Wembley. Jadon Sancho a été dangereux pendant les 45 premières minutes, s'engouffrant intelligemment dans l'espace entre le défenseur gauche Jan Verthongen et le central Toby Alderweireld.

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Mauricio Pochettino a alors réglé le problème. Tout d'abord, la ligne défensive est montée d'un cran pour réduire ces espaces. Mais plus important : Serge Aurier est resté plus bas, offrant plus de sécurité à ses centraux et permettant à Alderweireld d'aller chercher Sancho. Un ajustement qui a fortement limité l'influence du jeune Anglais (4 dribles en première mi-temps, aucun en deuxième) et libéré Verthongen qui s'est projeté vers l'avant, offrant une passe décisive et marquant un but. La possession laborieuse des Spurs est alors devenue plus incisive.

Hit map de Jan Verthongen en deuxième mi-temps contre Dortmund :

Jan Vertonghen Touch Map Second Half Tottenham Ajax 2019 Jan Vertonghen touch map | Second-half | Tottenham 3-0 Ajax

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