Ligue des champions, PSG-Naples : comment Carlo Ancelotti transforme petit à petit l'héritage de Maurizio Sarri

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Un an après son licenciement du Bayern, le technicien italien s'est relancé en s'appuyant sur le travail de son prédecesseur, parti à Chelsea.

Si la Ligue des champions est une compétition qui lui réussit fortement depuis une quinzaine d'années, Carlo Ancelotti fera face à un parfum encore plus particulier puisqu'il retrouve une nouvelle fois le Parc des Princes, un peu plus d'un an après son dernier match avec le Bayern Munich et une défaite cuisante 3-0. Depuis, l'entraîneur de 59 ans a pris le temps de digérer cet échec et d'étudier les différentes offres. Neuf mois après, c'est Naples qui a hérité de ses compétences et de son expérience pour effectuer la transition avec Maurizio Sarri, en partance pour Chelsea. Un défi qui peut étonner, par le palmarès et le vécu européen du club napolitain face au standing de celui qui a remporté trois fois la coupe aux grandes oreilles. Pour l'instant, le mariage entre les deux parties prend bien puisque les Partenopei sont deuxièmes de Serie A et ont enregistré un succès de prestige contre Liverpool lors de la deuxième journée de C1. 

Ancelotti De Laurentiis Napoli

"Aider l'équipe à avoir encore un peu plus de personnalité"

Présentée pendant deux saisons comme l'équipe qui pratiquait le plus beau football d'Italie, avec un jeu basé à la fois sur des séquences de possession longue mais aussi des transitions en une touche de balle, Naples n'a pas su malgré son aspect romantique faire tomber la Juventus, intouchable malgré quelques coups d'éclats dont le succès sur la pelouse de la Vieille Dame, en avril dernier, avec une tête rageuse de Kalidou Koulibaly. Afin de changer de dimension, Aurelio De Laurentiis s'est donc tourné vers un profil unanimement respecté de l'autre côté des Pyrénées. Néanmoins, Ancelotti n'a pas tout chamboulé cet été. Par rapport à l'équipe-type de la saison dernière, seul Jorginho a rejoint Sarri du côté des Blues, lui permettant de mettre la main sur un groupe qui se connaît par cœur. À part le poste de gardien de but qui a été totalement chamboulé avec l'arrivée de trois renforts (Meret, Ospina et Karnezis), Naples a enregistré les renforts de Fabian Ruiz, Simone Verdi et Kevin Malcuit, destinés d'abord pour la rotation de l'effectif.

Pour ce qui est du terrain, le Naples version 2018-2019 n'est pas aussi épatant dans la maîtrise du ballon que celui de la saison précédente (possession et passes dans une rencontre) mais parvient presque à l'égaler au niveau des buts inscrits. Dans les colonnes de France Football mardi, le Mister a résumé le projet en place à Naples et quelle était sa contribution à venir. "Aujourd'hui, c'est une équipe différente On n'a pas Maradona, mais on construit une véritable équipe de haut niveau, avec des jeunes notamment. Ça fait plusieurs années que Naples joue très bien, donc la qualité est là. Je vais essayer d'apporter un peu d'expérience, d'aider l'équipe à avoir encore un peu plus de personnalité, de courage dans certains moments où on joue un peu moins bien."

Naples PS

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Cette personnalité évoquée par Carlo Ancelotti peut se rapporter à la défaite enregistrée au Juventus Stadium fin septembre. Malgré l'ouverture du score de Dries Mertens, les Napolitains ont plié à trois reprises, subissant la loi du champion en titre. Parmi les chantiers explorés par le natif de Reggiolo, l'utilisation des côtés. Son équipe, par exemple, réussit plus de centres (19,7%) que celle de son prédécesseur (15,8%). À ce sujet, l'utilisation d'Arkadiusz Milik en pur avant-centre n'est pas anodine. Sur le plan de l'engagement, le Naples de cette saison remporte plus de duels (50,6% contre 48,6%) mais en contrepartie commet plus de fautes (12,3 par match contre 9,5). Une énergie à canaliser, surtout quand on se prépare à affronter l'une des meilleures attaques d'Europe, portée par un duo Mbappé/Neymar en feu.

Jugé sur ses résultats continentaux ?

Si De Laurentiis a consenti à un effort pour faire revenir Ancelotti en Italie neuf ans après son départ de l'AC Milan, c'est aussi pour obtenir de bien meilleurs résultats sur le plan européen. Adepte parfois d'un turnover étonnant en Ligue des champions, Maurizio Sarri avait atteint les huitièmes de finale il y a deux saisons avant d'échouer lors de la phase de groupes en 2017-2018, notamment face au Shakhtar Donestk. Immense habitué de ces joutes continentales, celui qui s'est engagé jusqu'en 2020 (plus une année en option) avec Naples a fait parler son savoir-faire en parvenant à battre dans les ultimes instants Liverpool, finaliste de la dernière édition. À l'épreuve du Parc des Princes, il aura certes moins de pression qu'au Bayern il y a un an mais l'objectif de sortir de cette poule où figure également l'Étoile Rouge de Belgrade est bel et bien concret.

Une nouvelle fois dans FF, l'ancien milieu de terrain de l'AS Rome résumait à sa manière sa patte si particulière qui peut parfois étonner dans un football moderne où les philosophies de jeu sont devenues des bases quasiment incontournables chez les grandes écuries européennes. "Il n'y a pas de style Ancelotti clairement établi, car je construis mon jeu en fonction de la caractéristique de mes joueurs. Certains entraîneurs partent d'une idée de jeu et cherchent à faire entrer les joueurs dans ce style. Moi, je regarde les joueurs que j'ai et j'adapte mon style à eux." Un pragmatisme qui lui a très souvent porté vers des titres, rarement vers des échecs et qui pour l'instant, comble les tifosi napolitains.

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