Ligue des champions - Griezmann, Lloris, Mbappé... Les Bleus ont des bosses

Dernière mise à jour
Commentaires()
Engagés aux quatre coins de l'Europe cette semaine, les champions du monde ne se sont pas mis en évidence.

Le blues post-Coupe du monde guette-t-il les Bleus ? La photographie de cette semaine laisse à croire qu'il y a du vrai dans ce mythe, bien que les cas soient trop nombreux, et variés, pour en faire une réalité. Ce qui est sûr, c'est que Didier Deschamps a lancé le message rapidement, en annonçant que "c'est dans les plus grandes victoires qu'on fait les plus grandes bêtises". Le sélectionneur des Bleus a trop roulé sa bosse pour ne pas connaître les pièges qui suivent une grande conquête. Il a vécu la situation, connu cette sensation et, de son propre aveu, raté la saison qui a suivi le sommet de sa carrière. On n'en est pas encore là, bien-sûr, mais cette semaine européenne a été franchement pénible pour les champions du monde.

Griezmann et Mbappé sans inspiration

Parce qu'ils personnifient cette équipe de France un peu plus que les autres, Antoine Griezmann et Kylian Mbappé étaient très attendus. Pendant la trêve internationale, les deux leaders offensifs des Bleus avaient pris toute la lumière l'un après l'autre. Cela n'a pas été le cas mercredi soir, pour l'un comme pour l'autre. Peu influent, ni dans le jeu ni par à-coups, Antoine Griezmann a coulé avec l'Atlético à Dortmund, lors d'une soirée qui restera comme la pire claque reçue sous l'ère Simeone (4-0). Kylian Mbappé n'a guère été plus heureux au Parc, contre Naples (2-2). En dehors d'une accélération qui aurait dû être décisive en début de match et son décalage pour Meunier sur le premier but parisien, le prodige français a été éteint par le travail de harcèlement de ses gardes du corps - notamment Kalidou Koulibaly, pris une seule fois. Son face-à-face manqué contre Ospina a complété une soirée à oublier, où un éclair d'Angel Di Maria aura sauvé les meubles...

PS Bleus

Il faut dire que les contextes collectifs n'ont pas favorisé l'expression des deux artistes de l'équipe de France. Griezmann a beau cristalliser les hauts et les bas de l'Atlético, Lucas Hernandez et Thomas Lemar ne l'ont pas vraiment aidé. Surtout le second, qui évolue dans sa zone, et qui affiche rarerement un tel déchet technique dans ses choix. Un refrain identique dans les rangs du PSG où "la structure" de l'équipe s'est effritée au fil des minutes, dixit Thomas Tuchel. Presnel Kimpembe n'a pas échappé au naufrage en se faisant avoir (comme un bleu) sur l'appel-contre appel de Lorenzo Insigne qui a amené l'ouverture du score. Déjà malheureux avec les Bleus, le jeune défenseur du PSG traverse une période creuse. Et Alphonse Areola, de son côté, n'a pas su sortir l'arrêt qu'il fallait dans les temps faibles parisiens. 

Lloris a vu rouge

Les mésaventures des Bleus ne se sont pas limitées à ces deux matches. Hugo Lloris, par exemple, a encore vécu une drôle de soirée contre le PSV Eindhoven (2-2). Comme un sourire jaune, son rictus après son expulsion en disait long sur ses turbulences du moment, entre un soucis extra-sportif très médiatisé de l'autre côté de la Manche et une nouvelle sortie aventureuse - sur le terrain - dans ce match de Ligue des champions. Le capitaine des Bleus a vu rouge pour un tacle à retardement en dehors de la surface. "Hugo ne méritait pas rouge, mais on ne peut pas blâmer l'arbitre", a réagi Mauricio Pochettino. "Pourquoi devrait-il s'excuser ? Un jour, quand j'étais jeune, j'ai fait une grosse erreur et mon entraîneur m'a dit 'tu n'as pas besoin de t'excuser'. Seuls ceux qui sont sur le terrain peuvent faire une erreur. Quoi qu'il en soit, ce n'était pas une erreur, c'était une action de jeu. Ça peut arriver dans le football".

L'article continue ci-dessous

Chucky Lozano Hugo Lloris

Pour Lloris, comme pour d'autres, les parenthèses internationales ressemblent à des oasis. Sans vivre les mêmes choses, Paul Pogba peut dresser le même constat. Toujours englué dans une période trouble à Manchester, le milieu des Bleus est tombé contre son ancien club, une Juve bien campée sur ses certitudes, qui a fait la loi à Old Trafford (0-1). Pogba a même touché du bois sur une frappe bien sentie en fin de match. Quand ça ne veut pas... Raphaël Varane et Ousmane Dembélé ne peuvent pas en dire autant puisque le défenseur du Real Madrid et l'ailier du Barça ne sont même pas entrés en jeu, respectivement contre le Viktoria Plzen (2-1 et l'Inter Milan (2-0). Pour Dembélé, la dynamique interpelle. Messi n'était pourtant pas là. Et Ernesto Valverde a eu une réponse assez lapidaire en évoquant son choix : "Il ne faut pas chercher à interpréter. Dembélé est un joueur de l'équipe comme un autre, je n'ai pas grand-chose à ajouter. Il doit toujours être prêt à jouer". Enfin, Dijibril Sidibé a rendu une nouvelle copie sans relief, à Bruges (1-1), bien que Monaco ait quand même cassé sa mauvaise spirale.

Matuidi et Nzonzi, rares satisfactions

Au final, sur les 14 champions du monde engagés dans ces joutes continentales, rares sont ceux qui ont su tirer leur épingle du jeu. Benjamin Mendy était titulaire lors du succès net et sans bavure de Manchester City en Ukraine, contre le Shakhtar Donetsk (0-3), mardi soir. Steven Nzonzi a connu le même dénouement avec la Roma contre le CSKA Moscou (3-0). L'ancien Sévillan est à créditer d'une prestation très intéressante au milieu, où sa sobriété et son activité ont fait beaucoup de bien aux Giallorossi. Mais c'est un autre français d'Italie, Blaise Matuidi, qui obtient la plus belle mention avec un gros combat livré à Old Trafford. Les années passent, mais l'homme aux trois poumons ne change pas. Avec un sourire au coin, l'ancien Parisien a lâché son ambition après le match, et pas du bout des lèvres : "On a un objectif très clair : aller au bout". Sa Juve a quelque chose d'autoritaire, alors on le croit sur parole.

Prochain article:
Ronaldo estime la victoire de la Juve contre le Torino logique
Prochain article:
Le Real Madrid achève l'année 2018 avec son pire bilan offensif du 21ème siècle
Prochain article:
Tottenham - Opéré de l'appendicite, Eric Dier ne rejouera pas en 2018
Prochain article:
Tuchel, Neymar et la Ligue des champions : les confidences de Thilo Kehrer (PSG)
Prochain article:
Les fans de la Roma en colère, 100 bannières contre Pallotta: "Va-t'en"
Fermer