Liga - Kevin Gameiro au FC Valence, récit d'une décadence

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Auteur de 2 buts depuis son arrivée chez l'actuel 14ème de Liga, Kevin Gameiro se montre à l'image de son nouveau club cette saison : décevant.

"Je me positionne en outsider. On verra ce qu’il se passe et peut-être que mes qualités de super-sub feront la différence. Je l’espère de tout mon cœur en tout cas. Il y a des joueurs indéboulonnables en équipe de France dans mon secteur de jeu. Après, il reste peut-être une place à prendre. On connaît mes qualités, comment je réagis à certaines situations, le sélectionneur sait tout ça. Je vais suivre l’annonce de la liste avec attention", déclarait le Français Kevin Gameiro le 15 mai dernier, dans une interview accordée au Figaro. Quelques jours plus tard, le sélectionneur de l'Equipe de France dévoilait la liste des 23 joueurs qui allaient remporter la Coupe du Monde. Une liste dans laquelle ne figurait pas le natif de Senlis. 

Une deuxième saison à Madrid passée dans l'ombre 

Une déception pour le principal intéressé. Une formalité pour Didier Deschamps. Et pour cause, restant sur un exercice terminé avec 7 buts inscrits en championnat chez les Colchoneros, l'attaquant venait tout simplement de boucler sa saison la moins fructueuse sur le plan comptable depuis très exactement dix années et une Ligue 1 édition 2007/2008, durant laquelle il avait inscrit 6 réalisations sous les couleurs de Strasbourg. Trop peu pour espérer être du voyage en Russie, et ce malgré une quatrième Ligue Europa remportée, sans avoir joué la finale qui plus est. 

Kevin Gameiro Atletico de Madrid

Pourtant, à l'automne 2016 et après cinq ans d'absence, Didier Deschamps avait rappelé ce joueur issu de la fameuse génération 87 pour le récompenser de ses belles prestations, effectuées lors de ses débuts à l'Atlético de Madrid, durant lesquels son efficacité face au but était encore présente. Son entente avec l'homme en forme du moment et partenaire en club en la personne d'Antoine Griezmann, mise en lumière par son doublé contre la Bulgarie au Stade de France (4-1) avait alors laissé entrevoir un retour prometteur. Kevin Gameiro avait alors un boulevard devant lui.

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Deux ans après ce rassemblement chez les Bleus, potentiellement le dernier de sa riche carrière, force est de constater que celui qui est désormais âgé de 31 ans a loupé le coche. La faute en partie à une concurrence trop rude lors de sa deuxième saison au sein de l'Atletico de Madrid, Diego Simeone ayant rapatrié Diego Costa de Chelsea, qui ne s'était pas fait prier pour reprendre une place qui, dans le coeur des fervents supporters des Colchoneros, lui revenait de droit. Moins aligné et donc moins en confiance, c'est un Kevin Gameiro jugé sur le déclin par certains observateurs ibériques qui faisait le choix de s'en aller. Direction un troisième club espagnol après le FC Séville et l'Atlético de Madrid, celui du FC Valence.

Collectif en crise, attaquant en crise 

"Un pari de venir à Valence ? Pour moi, c'est un grand club. Quand je suis venu avec l'Atletico, il y a toujours eu beaucoup d'ambiance. C'est un stade très chaud et pour les joueurs c'est une bonne chose. Si je marque un but, sentir la chaleur du public serait très bien. Je veux marquer 20 buts... Ou plus". Tel était le discours ambitieux de l'ancien attaquant du Paris Saint-Germain à son arrivée sur la côte sud-est de l'Espagne. Des mots forts, qui témoignaient alors d'un optimisme retrouvé. Logique, Kevin Gameiro ayant été transféré pour 12 millions d'euros chez un club qui venait de terminer à la quatrième marche du très relevé championnat espagnol, synonyme de qualification pour la Ligue des Champions. Bien plus qu'un point de chute, donc.

PS Kevin Gameiro

Malheureusement, après quatre mois d'aventure commune, ce qui avait tout d'une alliance prometteuse déçoit en Espagne. En effet, ayant pris part à 21 rencontres toutes compétitions confondues sous ses nouvelles couleurs, Kevin Gameiro n'a trouvé le chemin des filets qu'à deux petites reprises cette saison. Coupable de son manque de réalisme, victime d'un collectif en perdition. Car s'il aurait aisément pu accroître ce faible total depuis le début de cet exercice, force est de constater que le Français est très loin d'être mis dans les meilleures conditions par ses partenaires, le FC Valence affichant des lacunes criantes en Liga. Certes, le club n'a perdu qu'à 3 reprises. Sauf que c'est autant que son nombre de victoires. Certes, il n'a encaissé que 11 buts. Sauf que de nouveau, c'est autant que son nombre de buts marqués. Bref, les protégés de Marcelino nous créditent d'un exercice sans relief, symbolisé à merveille par leurs huit matches nuls en championnat. Un manque de caractère, de repères, de beaucoup trop d'ingrédients. 

Conséquence directe à cela, Los Merengots pointent à une médiocre 14ème place au classement et pourraient même descendre à la 17ème position si tous les vents leurs sont contraires au terme de la 15ème journée disputée ce week-end. Ce samedi, ils auront toutefois l'occasion de redresser la barre en marge d'une rencontre de prestige, puisque le FC Valence recevra le FC Séville, dauphin du FC Barcelone, à 16h15. Une rencontre décisive mais surtout symbolique pour Kevin Gameiro, ayant évolué en Andalousie entre 2013 et 2016. Un club qui représente l'apogée de sa carrière, dans lequel il a remporté trois Coupes d'Europe et inscrit quelques 67 buts en 145 rencontres. Ironie du sort, l'ancien Merlu ne pourra même pas s'offrir la rédemption espérée face à son ancienne formation, ayant été contraint de déclarer forfait, victime d'une surchage musculaire à la cuisse. Décadence.  

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