Les premiers mois du Real Madrid sont-ils vraiment inquiétants ?

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Battue lors de sa dernière sortie européenne, l'équipe de Zidane a aussi pris du retard en Liga. De quoi tout remettre en cause ?

C'est dans une période noire que l'on mesure la portée d'un exploit, finalement. Quand le Real Madrid a remporté une deuxième Ligue des champions de rang, en mai, l’équipe de Zidane a fait ce que personne n'a accompli avant elle dans l'ère moderne du jeu. Ce souvenir, fort et frais dans les têtes, la place encore sur le toit de l'Europe, pour l’instant. Mais cette équipe a changé, un peu. C’est une réalité qui la rattrape aujourd’hui. Faut-il vraiment s'inquiéter pour elle ?

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"La crise, jamais !"

Depuis deux mois, Cristiano Ronaldo a la tête des mauvais jours. La semaine dernière, au sortir d’une défaite sans appel à Wembley contre Tottenham (3-1), le Portugais a pris ses responsabilités pour monter au front. "Je ne sais pas ce qu’une crise signifie". Le terme est lâché. "La crise, jamais ! Même si nous perdons 4-5 matches (…) C’est une mauvaise période mais nous voulons changer et je suis sûr que nous allons le faire. Nous devons admettre que nous ne sommes pas comme nous voudrions être. Nous savons que nous sommes dans une mauvaise phase mais les choses changent". Ronaldo a trop de bouteille pour ne pas anticiper la suite.

Cristiano Ronaldo Real Madrid

Dans les faits, le Portugais a raison. Parler de crise pour une équipe qui a marché sur l’Europe au printemps n’a pas vraiment de sens. Mais le Real reste le Real. Un club régi par la loi de la dernière impression. Il a donc suffi d’un démarrage moyen en Liga et de deux défaites pour que tout s’embrase dans la capitale espagnole. La photographie du classement a fait le reste. Distancé par un Barça en reconstruction, devancé par un Valence revigoré, le champion tangue un peu. L'ensemble fait désordre. Mais l’automne est toujours plus propice aux réglages, Zidane le sait. Et le poids qu’il représente à Madrid lui offre du sursis.

La suspension de Ronaldo a retardé sa saison

En entrant un peu dans le détail, l’entraîneur français va devoir régler quelques points épineux pour retrouver la machine qu’il conduisait encore en août dernier. Le premier concerne son joueur majeur. Après un été agité, Cristiano Ronaldo traîne encore son début de saison comme un fardeau. Programmé pour affoler les compteurs, le Portugais a dû patienter comme un lion en cage pour marquer son premier but en championnat… à la mi-octobre. C’est très, très loin de ses temps de passage habituels. C’est très loin de Lionel Messi, aussi. Suspendu 5 matches en août pour un geste d'humeur sur un arbitre, Ronaldo force son jeu.

À ses côtés, Karim Benzema traverse également une période creuse. L’attaquant français a été tancé par la presse espagnole et quelques personnalités étrangères, comme le très bruyant Gary Lineker, qui a pointé du doigt son bilan chiffré. Auteur d’un petit but en Liga, l’ancien Lyonnais déplore publiquement la nature du jugement. D’autant que l’attaque madrilène ne bénéficie pas de la même profondeur que la saison passée. Joker de luxe de Benzema, Alvaro Morata avait scoré davantage que le Français (15 buts contre 11), ce qui donne encore plus de relief à ses performances.

Zinedine Zidane Gareth Bale Real Madrid

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Le problème majeur de ce cru 2017-18 réside peut-être là : avec les départs de ses seconds couteaux, Zidane n’a plus la même latitude pour effectuer une rotation aussi importante que l’année dernière. C’était une méthode acceptée par ses joueurs - ce qui est une première victoire en soi - et dont les vertus étaient aussi physiques que psychologiques. Elle avait le mérite de reposer les organismes tout en créant une émulation positive. L’ensemble du groupe l’avait louée, Ronaldo inclus. Et le Ballon d’Or n’a pas hésité à cibler ce point précis : "Les joueurs qui sont arrivés cet été ont beaucoup de potentiel et représentent l'avenir du Real Madrid. Mais tous les grands joueurs manquent aux grandes équipes. Pepe, Morata et James sont de grands joueurs et nous rendaient plus forts".

Zidane a du temps pour panser les plaies

Malgré ces tares, la situation du Real Madrid ne devrait pourtant pas s’éterniser. Confronté à la période la plus difficile de sa jeune carrière d’entraîneur, Zinédine Zidane a adopté une posture mesurée. Et c’est certainement la bonne. Car l’idée de rappeler qu’il n’était pas le meilleur entraîneur du monde il y a quelques mois l’autorise à dire qu’il n’est pas devenu le pire. Calme et fédérateur, Zidane envoie des signaux positifs à son groupe en utilisant ce ressort-là. Son discours est subtil. Il place aussi ses hommes face à leurs responsabilités. 

Et puis les formes vacillantes de quelques cadres soulignent, enfin, que le Real Madrid doit simplement digérer son année riche. Marcelo, par exemple, a temporairement perdu ses jambes de feu. Toni Kroos et Luka Modric sont un peu moins clairvoyants dans leurs choix. Isco ne plane plus et (re)porte un peu trop le ballon. Ces petits détails font pencher la balance mais ils n’ont rien de rédhibitoire. La large victoire contre Las Palmas (3-0), dimanche, a d’ailleurs permis au club blanc de stopper l’hémorragie. C’est une première étape, même pour un champion d’Europe. Cette équipe a un peu changé, oui. Elle est retouchée. Pas gangrenée. Le printemps est loin, Zidane a du temps pour panser les plaies. 

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