News Résultats en direct
Euro 2016

Lagerbäck et le développement des infrastructures guident l’Islande vers l’Euro 2016

23:29 UTC+2 06/09/2015
Gylfi Sigurdsson Iceland Netherlands Euro 2016 qualification 13102014
En véritable progression ces dernières années, l'Islande a su profiter du plan de développement des infrastructures sur l'île. Retour sur cette qualification historique.

L'Islande y est ! Elle a réussi l'exploit de se qualifier pour sa première phase finale d'une grande compétition internationale. En juin prochain, les Islandais débarqueront à Paris, des étoiles plein les yeux et avec une grande envie de bien faire, qui la caractérise depuis quatre ans maintenant et le lancement d'un nouveau cycle. Un triste 0-0 contre le Kazakhstan n'a pas suffi à contrecarrer les plans de l'Islande, qui se qualifie ce soir avec 7 points d'avance sur le troisième, la Turquie, à seulement deux journées de la fin des éliminatoires.

Déjà, l’Islande avait été à deux doigts de se qualifier pour la Coupe du Monde 2014, n’étant battue qu’en barrage par la Croatie, après de nombreuses occasions ratées lors du match aller à Reykjavik. Il s’en était fallu de peu, mais ce barrage avait constitué un record de performance pour l’île aux 300 000 habitants.

Des performances exceptionnelles

Tombée dans un groupe très compliqué, l'islande a réussi à se qualifier pour l'Euro 2016 à deux journées de la fin. Un exploit pour la bande à Lagerbäck, dont la relève pointe déjà le bout de son nez, en témoigne sa victoire (3-2) contre les Espoirs Français en fin de semaine.

Avec les Pays-Bas, derniers troisièmes du Mondial 2014, la Turquie et la République Tchèque, en plus des "petites" nations représentées par la Lettonie et le Kazakhstan, l'Islande affiche un bilan presque parfait : huit matches, six victoires, un nul et une défaite. Elle a marqué près de deux buts par match (15) et n'en a encaissés que 3, comme l'Espagne, la Belgique et l'Angleterre.

Avec son milieu technique et combatif, autour du leader Gylfi Sigurdsson, bien entourés par les chiens de garde Gunnarsson et Bjarnason, l'Islande est une équipe hyperactive, à l'aise dans le jeu aérien comme dans les contre-attaques rapides au sol. Un style mixte hérité de changements profonds dans la pratique de ce sport sur l'île.

L'amélioration des infrastructures comme moteur de développement

Ces bonnes performances, les Islandais les doivent en partie à Lars Lagerbäck, le sélectionneur suédois. Nommé en 2011, il a accompagné le développement du football sur l’île et en récolte aujourd’hui les lauriers. Les joueurs qui composent cette sélection font partie de la première génération islandaise à pouvoir jouer au football toute l’année, grâce à la construction d’infrastructures adaptées. Auparavant, à cause des conditions climatiques, les jeunes apprentis footballeurs ne pouvaient jouer que de fin avril (les bonnes années) à début octobre. Le championnat local continue d’ailleurs de suivre cette saisonnalité.

Au début des années 2000, l’Islande a lancé une campagne de construction de terrains couverts et en pelouse synthétique. Conscient de l’intérêt grandissant des Islandais pour le football (augmentation du nombre de pratiquants de 6% entre 2004 et 2012), qui représente un loisir essentiel pour la population (derrière la pêche qui reste une industrie et un passe-temps), les autorités ont choisi un axe de développement permettant aux footballeurs de pouvoir exercer ce sport 365 jours par an.

Aujourd’hui, il existe une trentaine de terrains synthétiques, une dizaine de terrains couverts et plus de 150 petits terrains synthétiques. Le gourvernement prévoit la construction de dizaines d’infrastructures de ce type dans les prochaines années, afin de continuer et accélérer le développement du football.

Enseigner le football, c’est aussi avoir des gens compétents en place. L’Islande l’a compris et de plus en plus d’entraîneurs suivent les formations UEFA et obtiennent les licences de l’organisation européenne. Il y a un vrai travail de développement chez les jeunes Islandais. La fédération a mis un système de détection des jeunes talents en place au milieu des années 2000, afin d’améliorer la découverte des futurs joueurs de la sélection, avec des stages chez les U15 et U17.

Les Sigthorsson, Finnbogason et Gudmundsson de demain s’entraînent désormais dans des infrastructures de premier plan, toute l’année et l’Islande ne peut que progresser, malgré les difficultés inhérentes à sa situation géographique (éloignement, concentration des infrastructures sur la côte ouest de la capitale Reykjavik) et politique (crise en 2008).

Lagerbäck et des qualifications à la pelle

L’Islande peut aussi compter sur son sélectionneur, Lars Lagerbäck, spécialiste pour qualifier ses équipes nationales en phase finale des grandes compétitions. Il l’a réussi à cinq reprises consécutives avec la Suède (record du pays, entre 2000 et 2008) et avec le Nigeria (2010), avant d’échouer de justesse avec l’Islande, en barrage de la dernière Coupe du Monde.

Passé par la formation et les U21 suédois, Il n’hésite pas à lancer des jeunes en sélection, même s’il conserve toujours un noyau dur de joueurs. Il n’est pas un entraîneur défensif, pas plus qu’un homme de spectacle, mais il sait s’adapter et aborde une stratégie mixte, entre défense solide et fantaisie offensive. Hier soir, il se disait notamment “content du comportement défensif de son équipe, mais un peu déçu du rendement offensif”, arguant qu’il y a “plusieurs manières de jouer ce type de match, qui aurait pu aussi se finir sur un 3-3”.

Depuis l’année dernière, Lars Lagerbäck travaille en duo avec Heimir Hallgrimsson. L’homme dont l’expérience d’entraîneur s’est faite essentiellement dans le foot féminin, prendra la suite de Lagerbäck en 2016, si possible après une participation à l’Euro en France.

En attendant, le football islandais se porte à merveille. L’équipe A est première de son groupe des qualifications à l’Euro 2016 avec trois victoires en trois matches, tandis que les Espoirs ont ramené un bon nul 0-0 du Danemark en barrage aller de l’Euro U21 2015. Et derrière, les jeunes pousses progressent. Comme souvent, les Pays-Bas s’intéressent à ces adolescents Islandais de qualité, et nombre de ceux qui fréquentent aujourd’hui les U19 et U17 sont dans les centres de formation d’Alkmaar, de l’Ajax et d’Heerenveen, dont la pépite annoncée Albert Gudmundsson.

Comme le dit si bien Lagerbäck, l’Islande n’a encore rien fait malgré ses trois victoires, mais il s’agit d’un beau tremplin en vue de l’Euro 2016. L’île des volcans est désormais prête à s’enflammer pour ses footballeurs...

addResponsivePlayer('1h0g0fk8ut4n812i9gzdmtl5tj', '877345d2c0df429d9ea9ebba075648dc', 'n4y5igg2t5l1vvgbv2wzyeiy', 'perf1h0g0fk8ut4n812i9gzdmtl5tj-n4y5igg2t5l1vvgbv2wzyeiy', 'eplayer40', {age:1429705422000});