La machine Polandowski : la seule équipe plus attrayante que l'Allemagne pour l'Euro 2016

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Les hommes d'Adam Nawałka ont peut-être terminé deuxièmes dans leur groupe de qualification, mais Robert Lewandowski et sa bande ont formé une équipe attrayante.

Le célèbre Danny Blanchflower avait lancé : "Le jeu, c'est la gloire. C'est faire les choses avec style, avec fanfare, sortir et battre l'autre, ne pas attendre et mourir d'ennui".  La Pologne ne peut pas être une équipe qui prend toujours le jeu à son compte, mais on ne peut pas l'accuser d'être ennuyeuse. Loin de là. Un classement des équipes européennes nationales fourni par Opta qui calcule l'intensité des matchs en utilisant un algorithme basé sur les fréquence des tirs a d'ailleurs révélé que les hommes d'Adam Nawałka étaient l'équipe la plus excitante en Europe en ce moment. Pour faire simple : les Polonais garantissent des buts. Et en nombre...

Les Européens de l'Est ont été les meilleurs buteurs lors des qualifications pour l'Euro 2016 en trouvant le chemin des filets 33 fois en 10 matchs. Bien-sûr, nous devons concéder que 15 de ces buts ont été inscrits contre les victimes expiatoires du groupe D, Gibraltar. Mais avec une moyenne de 2.25 buts au cours de ses huit autres sorties, la Pologne a été la plus compétitive du tournoi. En effet, seulement sept points séparaient les quatre meilleures équipes (Allemagne, Pologne, République d'Irlande et Écosse) - il n'y avait pas de groupe serré.

Dans ce contexte, le ratio de buts de la Pologne était incroyablement impressionnant, tout comme leur victoire 2-0 contre l'Allemagne à Varsovie en octobre l'année dernière, qui a non seulement permis à la nation d'obtenir une première victoire pour sa 19e confrontation contre son voisin, mais qui lui a également permis de mettre fin à une série de 33 matches sans défaite pour les champions du monde en qualifications. À bien des égards, cette performance dans la capitale polonaise incarne la philosophie du football de Nawałka. En résumé, ne pas avoir la balle, mais la conserver le plus longtemps possible. "Parfois, la possession est excessive", avait-il déclaré après un match lors duquel son équipe n'avait eu que 38% de possession.

Et voilà la clé, la raison pour laquelle la Pologne est tellement excitante. C'est une équipe qui ne croit pas au dogme de la possession - elle n'a eu en moyenne que 50% de possession au cours de sa campagne de qualification, ce qui est inférieur à la Grèce (59%), qui a terminé dernière du Groupe F. L'unique préoccupation de la Pologne est de mettre le ballon au fond des filets, un art dans lequel elle est très habile.

C'est une machine à buts incroyablement efficace. En qualifications, elle avait en moyenne moins de tirs cadrés que l'Italie, les Pays-Bas, la Russie, l'Autriche, l'Espagne, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique et l'Angleterre - et pourtant elle les a tous dominé, même ceux dans les groupes les moins compétitifs. Elle a également accumulé neuf buts de plus que l'Allemagne.

Robert Lewandowski, sans surprise, était la personnification de l'efficacité de la Pologne devant le but. Le crack duBayern Munich a égalé le record de 13 buts lors d'une campagne de qualifications. Bien sûr, l'attaque de la Pologne est construite autour de ce joueur de classe mondiale, mais c'est la précision de tirs de Lewandowski qui est particulièrement remarquable, l'attaquant ayant cadré plus de frappes (25) que tout autre joueur. A titre de comparaison, Gareth Bale a fait 10 tirs de plus que Lewandowski, mais il a moins cadré et a terminé avec 6 buts en moins.

Il serait toutefois réducteur de dépeindre la Pologne comme une équipe d'un seul homme. Aucun joueur n'a créé plus de buts en qualifications qu'Arkadiusz Milik (six, qui ont tous été conclus par Lewandowski), tandis que l'attaquant de l'Ajax a aussi six pions pour faire bonne figure. En outre, le milieu de terrain de Séville Grzegorz Krychowiak a disputé chaque minute de la campagne de qualification et le milieu du Torino Kamil Glik a été monstrueux derrière. Pourtant, la force de la Pologne réside dans son collectif. Son unité fait tout.

Après que Lewandowski et Jakub Błaszczykowski soit impliqués dans l'obtention du brassard de capitaine après des éliminatoires de la Coupe du monde 2014 que "Kuba" a manqué sur blessure, Nawałka a écarté son ancien leader.Mais l'ailier de la Fiorentina Blaszczykowski a rapidement été rappelé pour la fin de cette campagne et a depuis été réintégré dans l'équipe.

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Nawałka a réussi à obtenir le meilleur de chaque joueur pour la cohésion de l'équipe. Ils sont unis, déterminés et motivés. Ils ne cessent de se battre, ne s'arrêtent jamais de jouer, peu importe le scénario, peu importe le score, comme en témoigne le fait qu'ils ont marqué huit buts dans les cinq dernières minutes de leurs matches de qualifications. Aucun ne fut plus important que celui de Lewandowski lors du match nul 2-2 contre l'Ecosse à Glasgow, qui a permis à la Pologne de s'offrir un affrontement décisif contre l'Irlande avec une avance au classement sur les hommes de Martin O'Neill.

En résumé, c'est une équipe beaucoup plus forte que la somme de ses individualités. On ne peut nier l'importance de Lewandowski mais la Pologne est une véritable équipe. Comme Nawałka a déclaré après que la Pologne a scellé sa place à l'Euro : "Robert a donné à cette équipe une lueur, mais ils étaient tous au premier plan. Chaque secteur a fonctionné. C'était un collectif fantastique. Nous faisons des progrès et je dirai sans pudeur que nous ne sommes pas encore au bouquet final...".

Il arrivera en France l'été prochain. Voir la Pologne atteindre enfin les huitièmes de finale d'un Championnat d'Europe est envisagé par les observateurs. Mais avant cela, ce qui est sûr, c'est que personne ne va mourir d'ennui en la regardant.

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