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Zinédine Zidane

ICC - Avant City - Real, Zidane est-il le Guardiola du Real Madrid ?

14:07 UTC+2 26/07/2017
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Le désir de Florentino Pérez a été de faire de Zinédine Zidane, le Pep Guardiola du Real Madrid. Des points communs existent entre les deux coaches.

Florentino Pérez a longtemps eu, en tant que président du Real Madrid, une unique obsession. Celle de faire tomber le Barça, roi d'Espagne et symbole du beau de jeu depuis 2009. Si cet objectif a été très partiellement réalisé avec la Liga remportée sous la direction de José Mourinho, elle a gagné en ampleur depuis une saion et demie eu égard notamment aux deux Ligues des champions gagnées consécutivement par les merengue de Zinédine Zidane. Entraîneur du Real Madrid depuis janvier 2016, le natif de Marseille est souvent comparé à Guardiola depuis ses débuts. Sur certains points cela peut se comprendre, et Florentino Pérez le voyait bien, lui qui a toujours voulu faire de Zidane, "son" Guardiola. 

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Au Barça, le natif de Santpedor a commencé par diriger l'équipe B du club catalan, parvenant par la suite à intégrer dès sa première saison en A des joueurs qui deviendront importants dans la conquête du sextuplé (Pedro et Busquets). Une façon d'envisager la profession d'entraîneur sans une pression trop importante, dans un contexte connu tant Guardiola, comme Zidane au Real, est au fait de l'environnement. Juan Manuel Lillo, l'un des mentors de Guardiola, a apprécié le passage de son ami au plus bas de l'échelle : "Moi, le Barca qui m’a captivé, c’est celui du Barca B. Et il n’y avait pas Messi. C’était des petits enfants sur des terrains de troisième division contre des adversaires qui avaient les dents longues. Et si vous regardez comment l’équipe a joué du début jusqu’à la fin de saison, ils ont dominé tous leurs adversaires et sont montés", expliquait-il dans une interview au quotidien argentin Clarín le 23 novembre 2015. Le passage de Zidane en tant qu'entraîneur de la Castillla du Real Madrid a été moins remarqué mais suffisant aux yeux de Pérez pour le voir prendre la succession de Benitez sur le banc du Santiago Bernabeu. Comme Guardiola encore, Zidane a pris la succession d’un entraîneur qui n’avait que peu gagné, pas du tout en fait, Benitez. Un avantage considérable car par sa seule présence, le Français a su galvaniser un groupe qui semblait totalement déconnecté du football de très haut niveau. Avoir travaillé avec José Mourinho et été l'adjoint de Carlo Ancelotti sont autant d'arguments favorables pour expliquer la réussite du technicien, souvent loué pour sa gestion humaine. 

Une volonté d'apprendre chez les deux hommes

Julian Nagelsmann (29 ans), élu coach de l'année en Allemagne grâce à son très bon travail avec Hoffenheim, a exposé une vision affirmée du coaching actuel : "Si vous visez un succès à court terme, les connaissances techniques sont suffisantes. Mais pour réussir sur le long terme, vous devez savoir comment gérer vos joueurs, comment les faire travailler ensemble, comment gérer leurs problèmes privés pour qu'ils soient bien dans leur tête. Etre empathique est très important", assurait-il, considérant que la gestion humaine composait 70% d'importance dans le succès, les 30% restants étant liés à la tactique. Sur le plan footballistique, Guardiola et Zidane ne répondent pas à la même logique. Quand l'un, le premier, voit le jeu à travers des idées, le second, à l'inverse, représente une vision rattachée à l'essence du madridisme : la gagne. C'est la finalité historique du Real Madrid, peu importe la forme. Si elle est attrayante, tant mieux, si non, les titres auront de quoi faire oublier quelques fausses notes dans les productions globales. Le turn-over qu’a instauré Zidane la saison passé en Liga est un cas unique. Disposant d'un effectif incroyable aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif, le Français a su impliquer l'ensemble de son groupe vers un objectif commun, le succès. Et ce n'était pas aisé au départ, même au sein du groupe du Real Madrid. "Au début, je ne pensais pas que c'était si bon pour l'équipe. Lorsque vous jouez et ne jouez pas, vous pensez que vous allez manquer quelque chose. Mais finalement Zidane a prouvé que c'était possible et nous a aidés à gagner tous ces titres", avouait Luka Modric à Marca, le 8 juillet dernier.

De par sa gestion, ses résultats, et la confiance qu'il sait témoigner aux jeunes joueurs, Zinédine Zidane a su prouver qu'il était un entraîneur important dans le panorama mondial. Dans l'optique de sa formation de coach, il a rendu visite à Marcelo Bielsa, à l'époque de l'OM ou encore à Pep Guardiola, alors entraîneur du Bayern Munich. Le technicien espagnol n'avait lui aussi pas rechigné à effectuer un voyage initiatique avant de devenir coach. En Italie, il a rencontré Fabio Capello et a pu découvrir de l'intérieur la Serie A, avant de voir Juan Manuel Lillo, au Mexique. Par la suite, Guardiola a aussi pu converser avec d'autres grandes références : César Luis Menotti, Marcelo Bielsa, Arrigo Sacchi, Ricardo La Volpe et, bien sûr, le regretté Johan Cruyff. Les démarches effectuées témoignent d'une volonté d'apprendre, de comprendre certaines méthodes et les assimiler pour, par la suite, pouvoir les enseigner de façon limpide. Sur ce point précis, Zidane et Guardiola sont semblables.

Finalement, Zidane est-il le Guardiola du Real Madrid ? Si, à travers le prisme des titres, la question pourrait avoir une réponse positive, sur le plan global, c'est moins net. Inspiré par Carlo Ancelotti, Zinédine Zidane apparaît plus proche du technicien italien que de n'importe quel autre dans le panorama actuel. Ancelotti était vu comme "le pacificateur" lors de son arrivée au Real Madrid, un surnom qu'il devait notamment à son caractère d'homme tranquille, évitant les remous. Dans son approche, plutôt habile et travaillée, sans un mot prononcé plus haut qu'un autre, Zidane tend à suivre le chemin de Carlo Ancelotti, plutôt que celui de Pep Guardiola. Adjoint d'Ancelotti durant une période au Real, Zidane avait eu des mots forts envers lui : "C'était un bon moment pour moi, pour lui et pour le club. Je n'aurais pas été capable de prendre ce rôle avec un entraîneur que je ne connais pas. Je n'aurais jamais pu être l'assistant de Mourinho par exemple", assurait-il à Canal+. Zidane compte autant de Ligues des champions à son palmarès d'entraîneur que des références comme Guardiola et Mourinho. Ancelotti, lui, en compte trois. Et il y a fort à parier que l'entraîneur du Real Madrid aspire à égaler son ancien mentor.