Evra s'éclate de nouveau avec les Bleus et il veut le montrer

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Même si Patrice Evra avoue qu'on le prend trop souvent pour le "papa" dans cette équipe de France, il ne boude pas son plaisir d'avoir retrouvé un tel groupe en sélection.

Il fut un temps où voir Patrice Evra arriver en conférence presse coïncidait avec le besoin de mettre fin à une polémique naissante. La latéral gauche se faisait souvent discret dans les médias mais quand il se confrontait à la parole des journalistes, c'était souvent électrique. La faute à cette épisode douloureux de Knysna en 2010 où le Français avait été rendu coupable des maux de l'équipe de France. C'est pourtant lui qui a évité une grève de match dont les Bleus ne se seraient probablement pas encore relevés. Cette épisode loin derrière lui, "Tonton Pat"- comme il est surnommé par ses coéquipiers - n'est plus le même quand il s'agit de répondre aux questions de la presse. Lui-même le confesse en pointant une date précise. "Depuis France-Ukraine, c'est autre chose pour moi en équipe de France, avant c'était compliqué."

Mercredi, le Turinois s'est présenté pour la deuxième fois en conférence de presse depuis mi-mai et une première apparition juste avant d'affronter l'Ecosse à Metz (3-0). Des interventions auxquelles il faut ajouter les nombreux passages en zone mixte après les matches. Sauf à Lille après le match nul face à la Suisse (0-0), Patrice Evra a passé beaucoup de temps à expliquer l'état d'esprit de cette équipe de France, toujours avec le même sourire et l'envie de montrer qu'il se régale à nouveau en bleu.

Il ne s'agit pas pour lui de défendre le niveau de jeu des Bleus, au contraire. Patrice Evra n'a jamais été du genre à mâcher ses mots. "On n'a pas été bons sur nos débuts de matches, on réagit trop. Il faut agir sinon ça ne pourra plus passer. On est des fous à croire qu'à chaque fois on peut s'en sortir." Pour autant, l'ancien monégasque veut croire au destin de ce groupe. Et il ne laissera personne s'écarter de l'objectif initial. En dehors de l'intimité du vestiaire en revanche, le natif de Dakar fait corps avec les siens. Sur Pobga et Griezmann : "Il faut les laisser tranquille. Paul est quelqu'un qui aime bien faire, il veut tout réussir mais on ne peut pas le faire à chaque fois. Il va bien, il est heureux, ne vous faites pas de soucis avec lui." Sur Giroud : "La personne qui critique sans arrêt un joueur n'aime pas cette équipe de France, quand on critique Olivier, on critique toute l'équipe de France. Il faut laisser les gens et s'il est là c'est qu'on a besoin de lui." Sur "Big Sam" (Samuel Umtiti) qui s'apprête à disputer sa première sélection dimanche face à l'Islande. "S'il est là c'est qu'il le mérite. Que ce soit lui ou Eliaquim (Mangala) ils seront à l'aise car on sera là pour eux." Avec Patrice Evra, personne n'est laissé au bord de la route. Knysna aura au moins été bénéfique sur ce point : à 35 ans, le Français est prêt à prendre des coups pour ses partenaires. "Quand je joue avec quelqu'un devant moi, je lui dis qu'il ne doit pas s'occuper de défendre. Et puis si on prend un but, je dis que c'est de ma faute."

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Un niveau de jeu décevant 

Le défenseur prend son rôle de protecteur très à coeur. Ne pas voir l'équipe de France en demi-finales serait un échec pour celui qui n'a jamais atteint ce niveau en sélection. Patrice Evra n'est plus le capitaine des Bleus, il n'a plus besoin de prendre la parole dans le vestiaire, mais son rôle est devenu plus obscure, pas moins important. L’intéressé sait qu'il ne pourra parler avec franchise à ses partenaires qu'avec des prestations convaincantes sur le terrain. "Je dois montrer l'exemple sur le terrain avant tout. J'aime bien faire une conclusion à la fin des compétitions mais j'ai été déçu après mon premier match où je concède le premier penalty de ma carrière. En match décisif par contre, je réponds toujours présent." A 35 ans, Evra veut montrer à ses jeunes coéquipiers qu'ils n'ont pas de temps à perdre. "On a de la chance d'être là, il faut en être conscient. Tous les joueurs aimeraient être là mais il faut aussi jouer sans pression, cela reste du football. Si on est là, c'est qu'on a le niveau. Je ne veux pas vendre du rêve à mes coéquipiers mais on peut faire quelque chose de gros. Si quelqu'un s'écarte, veut faire la star, on le remet à sa place." Pas de doute, Patrice Evra a bien changé. 

Loïc Tanzi, à Clairefontaine

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