Face au Porto de Conceição, Jardim s'est complètement trompé

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La lourde défaite de Monaco à domicile face à Porto (3-0) est avant tout un échec tactique. Dans le domaine, Conceição a surclassé Jardim.

La perte de Kylian Mbappé, de Benjamin Mendy, de Tiémoué Bakayoko et de Bernardo Silva est une entaille nette et précise dans le niveau intrinsèque de l'AS Monaco. Si les résultats du début de saison ne l'avaient pas encore clairement démontré, la défaite face au FC Porto, mardi soir au Louis II, a largement mis le constat en lumière. Mais en dépit de la coupe estivale taillée dans son effectif, Leonardo Jardim a également sa part de responsabilité dans le lourd revers subi face à une équipe tactiquement très au point. Pour le technicien portugais et son équipe, tout est allé de travers. 

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Cette fois, Conceição l'a battu

Comme depuis le début de la saison dernière, Leonardo Jardim a présenté son 4-4-2 pour inaugurer le retour de la Ligue des champions en Principauté. Il faut dire qu'avec une animation où les latéraux s'en donnent à coeur joie vers l'avant et où les excentrés dézonent à loisir pour soutenir l'axe et amener une grande densité dans les 30 derniers mètres adverses, Monaco a pris l'habitude de faire déjouer bon nombre de ses adversaires. Pas Porto. Pas le Porto de Sergio Conceiçao qui après avoir fait mine de subir dans le premier quart d'heure a tout simplement manié son hôte à la perfection. "Ils ont réussi à marquer le premier but (un peu contre le cours du jeu, ndlr), ils ont fait un très bon match tactiquement et ça a été plus compliqué pour nous", expliquait Radamel Falcao en zone mixte. Pour venir à bout de l'AS Monaco dans son antre - ce qu'aucune équipe n'avait plus réussi à faire depuis les Rangers en septembre 2000 - Porto a tout contré. 

Les Dragons, qui n'avaient plus rencontré les Monégasques en Ligue des champions depuis la finale de 2004, ne venaient pas en Principauté en terre inconnue. À leur tête, Sergio Conceiçao, qui y avait pris 4-0 avec le FC Nantes au mois de mars dernier, avait en tête que la vengeance est un plat qui se mange avant tout s'il est bien préparé. "Je connaissais la dynamique de cette équipe et un petit peu Leonardo Jardim. On a essayé de bloquer les points forts de cette équipe et on a réussi, lançait l'entraîneur de Porto après la rencontre. Dans les faits, les Portuenses ont tout simplement miné tous les terrains d'expression de l'animation monégasque. "Je connaissais leur manière de jouer, reprennait Conceiçao. On sait que les excentrés rentrent beaucoup à l'intérieur pour que les latéraux prennent la profondeur. On a mis l'équipe en place pour bloquer ces caractéristiques". 

Face aux contraintes, les solutions n'étaient pas les bonnes

Comme tous les maîtres tactiques, Leonardo Jardim n'est pas infaillible. La titularisation d'Adama Diakhaby pour amener de la profondeur à son équipe s'est révélée être une erreur, tout comme son remplacement à la pause par Guido Carrillo finalement tout aussi transparent que son jeune coéquipier. "À 1-0, Porto a fermé l'axe et on a eu besoin de quelqu'un pour gagner les duels. Le joueur le plus fort de l'effectif dans ce domaine est Carrillo, mais on a manqué d'agressivité". Et de beaucoup d'autres choses... à en croire Fabinho : "On a été prévisibles. On n'a fait qu'essayer de faire des centres contre une équipe qui a des défenseurs de deux mètres et qui ont pris tous les ballons aériens. On n'a pas trouvé d'autres solutions. On n'a même pas essayé, on n'a fait que ça". Un manque d'imagination caractérisé par la défaillance de certains cadres comme Joao Moutinho ou Thomas Lemar, incapables de peser dans un secteur de jeu où Monaco a sombré. 

Au coeur  du marasme tactique dans lequel Monaco s'enfonçait, Leonardo Jardim a pour une fois manqué de clairvoyance. Guido Carrillo, à la réception d'aucun centre n'a été d'aucune aide, pas plus que Rony Lopes ou Baldé Keita entrés en seconde période. Là où Monaco manquait de solutions à la baguette et de force dans l'entrejeu, les remplaçants n'ont alors fait que contourner un problème trop présent pour être camouflé. Où était Youri Tielemans ? La question mérite d'être posée alors que le Belge, pourtant envoyé à l'échauffement dès la mi-temps, est allé se rassoir au moment du remplacement de Ghezzal, longtemps seul au niveau de l'événement. Battue sur une longue touche pour l'ouverture du score, la jeune garde championne de france en titre manque d'expérience, de cohérence et de talents à maturité. "On le savait depuis le début qu'il faudrait du temps à cette équipe", coupait Vadim Vasilyev en zone mixte. Pour le plus haut niveau européen, il en faudra peut-être même un peu plus que prévu. 

Julien Quelen, à Monaco.

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