Euro 2016, pas de changement majeur pour la sécurité après les attentats de Bruxelles

Commentaires()
Getty Images
Malgré les attentats survenus à Bruxelles mardi, le comité de pilotage de l'Euro 2016 a gardé son cap concerné la sécurité de l'évènement.

Les attentats survenus mardi à Bruxelles ont relancé le débat sur la sécurité autour de l’Euro 2016. Jusqu’à en faire craindre le report, voire l’annulation. "La situation est trop grave pour jouer à Nostradamus, a rétorqué le secrétaire d’État chargé des Sports Thierry Braillard dans les colonnes de L’Equipe ce mardi. L’Euro ne sera pas reporté ou annulé. On le répète depuis plusieurs mois, la menace terroriste a été intégrée à nos réflexions depuis le début." En effet, il n’a jamais véritablement été question d’annuler ou de reporter l’évènement. Pas même de jouer des matches à huis clos, même si plusieurs voix s’élèvent dernièrement pour évoquer un tel scénario. À l’UEFA ou à la FFF, ce sont des options qui sont repoussées. La priorité absolue, c’est la sécurité. Et ce n'est pas une nouveauté.  

Le sujet était l’ordre principal de la dernière réunion du comité de pilotage, prévue avant les attentats de Bruxelles, à Paris mardi. Noël le Graët, président de la FFF, Jacques Lambert président du comité d’organisation de l'Euro 2016 et Bernard Cazeneuve ministre de l’Intérieur étaient présents pour faire le point sur l’avancement des mesures prises depuis plusieurs mois, avant même les attentats du 13 novembre dernier dans la capitale française. "Ce n’est pas l’Euro en tant que tel est qui menacé, ce sont la France et toute l’Europe", a assuré Jacques Lambert au micro d’Europe 1 ce mardi pour réaffirmer ce qui est expliqué depuis début 2015 et que les attentats n'ont fait que renforcer et non modifier. 

Plus de budget pour assurer la sécurité 

Tous les membres proches ou lointains de l’organisation de l’Euro 2016 ont tenu à affirmer que les choses ne se faisaient pas dans l’urgence. Depuis plusieurs années, les questions de sécurité sont discutées et les dispositifs prévus réadaptés en fonction des nécessités évaluées après de nombreuses simulations.

En juin prochain, les stades ressembleront à des forteresses. Il n’y aura pas un mais deux périmètres de sécurité délimités par des palissades, des palpations pour chaque personne qui pénètre dans ces périmètres, voire même des détecteurs de métaux à l’entrée des enceintes. "Il y en aura là où on pense qu’il doit y en avoir, poursuit Jacques Lambert. Ce ne sera pas dans tous les stades."  Un dispositif qui sera similaire dans les fans-zones, qui posent aujourd’hui la plus grande menace. Mais il n’est pas question de les fermer non plus. En réalité, la concentration contrôlée d'individus est vue comme un atout plut qu'un inconvénient. 

Vérifier que les décisions sont bien adaptées à la situation 

Un durcissement des dispositifs, prévu depuis plusieurs mois, a amené une augmentation du budget sécuritaire de 15%. Un coût lié à la présence d’entreprises privées autour des stades. 900 agents sont prévus en moyenne par rencontre (1200 au Stade de France), ce qui correspond à 30% de plus par rapport aux normes habituelles. 

Au total, 10 000 personnes seront mobilisées. "Il y aura une réévaluation permanente du niveau de risque avec une cellule dédiée, explique Jacques Lambert. Nous avons procédé à une identification des matches sensibles, il n’y en a pas plus de 5 sur la première phase. Nous avons renforcé la sécurité des camps de base et des hôtels. La sécurité des équipes sera assurée par les hommes du RAID et du GIGN."

Des forces de l’ordre qui auront tous leurs effectifs à disposition pendant la compétition. Personne n’a été autorisé à poser des congés en juin, ni en juillet et depuis plusieurs semaines, les simulations de situations de crise s’enchaînent dans les 10 villes hôtes de la compétition. "Il y a de la crainte, bien entendu, affirme une source policière. Mais cette dernière permet d’être surpréparé au pire". Jacques Lambert, lui, reste serein. "Le risque est une donnée avec laquelle nous devons composer avec sang froid." Une manière de montrer que la France est prête à accueillir l'Europe. 

Fermer