Équipe de France - Le mal récurrent des Bleus face aux défenses regroupées

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Alors que la Russie leur tend les bras, les Bleus doivent venir à bout de la Biélorussie, une équipe compacte. Un schéma qu'ils n'apprécient guère.

Il ne reste plus qu’une marche à gravir pour se qualifier pour la Coupe du Monde 2018. Ce mardi soir, la France reçoit la Biélorussie, déjà éliminée, pour consolider la première place dans son groupe et s’épargner les barrages, alors que la Suède rode derrière en cas de défaite. Si l’équation semble simple sur le papier, les Bleus éprouvent cependant de grandes difficultés à se défaire de ce type d’équipes, qui misent tout sur leur assise défensive pour prendre un point, voire mieux. À l’aller, à Borisov, Griezmann et les siens n’étaient pas parvenus à forcer le verrou adverse. Plus récemment, le Luxembourg est parvenu à ne pas perdre lors d’un 0-0 mémorable à Toulouse, une première depuis 1914. Une tendance qui inquiète, à huit mois de l’échéance russe.

Didier Deschamps : "Nous ne sommes pas les plus beaux"

Un équilibre encore en recherche

Depuis l’émergence des Ousmane Dembélé, Kylian Mbappé et Thomas Lemar, le secteur offensif de l’Équipe de France est présenté comme l’un des plus impressionnants au monde, au milieu de l’Espagne, l’Allemagne, l’Argentine et le Brésil. Dans les actes, on a pu observer un festival contre des Pays-Bas réduits à dix en septembre dernier (succès 4-1) mais aussi une animation beaucoup moins fluide face au Luxembourg malgré une domination outrageuse, qui frôle l’invraisemblable à ce niveau : 76% de possession de balle, 34 tirs, 635 passes réussies… On se souviendra aussi des 17 centres tentés pour 0 réussi de Layvin Kurzawa dans cette rencontre.

Pour Florent Toniutti analyste football sur chroniquestactiques.fr, cette impasse des Bleus face aux équipes qui "mettent le bus" provient de plusieurs raisons observées sous l’ère Deschamps, commencée en août 2012. "Très simplement, par rapport à d’autres équipes comme l'Espagne, l'Allemagne et la Belgique, cette sélection n’est pas dans le jeu de position avec ses principes qui sont sensées faciliter la tâche. Des milieux qui décrochent pour effectuer la relance que ne peuvent accomplir les défenseurs, ce qui enlève forcement du monde entre les lignes ou encore des situations où l’on écarte sur les côtés sans avoir de solutions dans les espaces intermédiaires ce qui obligent les latéraux à centrer sans provoquer de déséquilibre."

Didier Deschamps pragmatique jusqu’au bout ?

À la tête des Bleus depuis cinq ans, l’ancien coach de Monaco, de la Juventus et de l’OM a des résultats plutôt satisfaisants si l’on observe sa trajectoire ascendante : quart de finale à la Coupe du Monde 2014 et finale à l’Euro 2016. S’il est devenu après son succès contre la Bulgarie l’entraîneur français qui compte le plus de victoires à la tête des Bleus (42), c’est le fond de jeu qui est de plus en plus pointé du doigt. Dans cette phase éliminatoire, la France n’a marqué que 16 buts, ce qui la place au 20e rang des attaques en Europe, derrière l’Écosse, le Monténégro et l’Irlande du Nord, avant son dernier rendez-vous.

Malgré ces défaillances dans la manière, le sélectionneur ne semble pas vouloir changer de cap. "Didier Deschamps plus que pragmatique est spéculateur, commente Florent Toniutti. Il ne va jamais penser à la façon de déstabiliser mais plutôt comment le pousser à la faute, ou ne pas faire d’erreur. C’est problématique face à un petit qui attend. Si on ne met pas tous les atouts pour le bouger, en ne prenant pas de risque nécessaire, les positions seront figées et le bloc pourra conserver son imperméabilité." Ce qui souligne indéniablement un paradoxe : quand les Bleus doivent faire le jeu, ils sont souvent décevants mais quand l'autre équipe prend aussi des initiatives, parfois plus, les Français sont alors implacables, comme lors de leur double victoire face aux Néerlandais.

Pas de bouleversement, mais des ajustements

Si le premier tableau dressé a de quoi conforter les pessimistes, il ne faut pas négliger ce que l’Équipe de France a accompli depuis plusieurs années en l’emportant face à des sélections de prestige comme l’Allemagne en 2016, l’Angleterre en juin dernier mais également sa double-confrontation face aux Pays-Bas. Fort avec les faibles, faibles avec les forts, les coéquipiers d'Hugo Lloris seraient presque parvenus à renverser l’adage si l’on se souvient tout de même de la défaite 2-0 subie face à l’Espagne où l’écart de niveau avait été saisissant au Stade de France.

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Adrien Rabiot Bulgaria France Wolrd Cup 07102017

Sur quels joueurs fiables faut-il alors s’appuyer pour se défaire de ces équipes très regroupées ? Pour Florent Toniutti, la compo alignée contre le Luxembourg était celle qu’il fallait, malgré la déception au bout : "Quoiqu’on en dise, Giroud a été efficace dans ce qu’on lui a demandé de faire. Mbappé est excellent à droite avec le PSG et n’a pas de complexe à avoir. En attendant l’éclosion de Rabiot qui a été assez mitigé dans son apparition face à la Bulgarie, le coeur du milieu français doit être Lemar, Kanté et Pogba."

Hors Lemar, les deux autres piliers de cet entrejeu, blessés, seront absents ce mardi pour affronter la 77e nation du classement FIFA, la Biélorussie. Oublié le 4-3-3 de Sofia, le sélectionneur pourrait passer à un 4-2-2 afin de reformer le duo Giroud-Griezmann devant. Pour le milieu, Tolisso pourrait accompagner Blaise Matuidi dont la créativité et le don de soi seront des qualités précieuses pour cet adversaire qui n’a plus rien à jouer mais qui ne viendra pas à Saint-Denis comme un simple faire-valoir. C’est là tout l’enjeu et le danger des hommes de Didier Deschamps, pour tracer leur route jusqu’à Moscou.

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