Équipe de France - Kylian Mbappé : "Régner avec la France sur l'Europe et le monde"

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En conférence de presse à Clairefontaine, Kylian Mbappé s'est livré sur ses ambitions. Tout en passant en revue l'actualité des Bleus et du PSG.

Casquette à l'envers, la démarche de Kylian Mbappé dans l'auditorium est assurée. La tonalité de son "bonjour" pose tout de suite le décor et fait comprendre à tout le monde que le prodige parisien est une nouvelle fois venu affirmer avec force ses convictions. Sur l'équipe de France, son évolution et ses ambitions, le Ballon d'Or, sa place de leader au PSG... Le numéro 10 des Bleus a une nouvelle fois conquis.

Didier Deschamps a parlé de "joueurs dans le confort" après la défaite face aux Pays-Bas. Qu'en pensez-vous ? 

Je pense que c'est un mélange de plusieurs choses. Ce qui est sûr c'est qu'on s'est complètement loupé. On peut dire que ça arrive mais ce n'était pas le bon moment pour se louper. Oui, la fatigue... On est des grands joueurs donc on doit être capable de jouer 60 matches dans la saison. C'est collectivement et individuellement qu'on n'a pas su répondre et ça a donné ce résultat négatif. Le coach envoie des messages, il pense qu'on était trop détendus donc s'il le pense c'est qu'il faut le prendre en compte et vite corriger ça.

Le match face à l'Uruguay prend-il une plus grande importance du fait de cette défaite ? 

Le football donne toujours l'occasion de se rattraper. On va jouer contre une équipe qui considère qu'il n'y a aucun match amical. C'est le dernier match de l'année donc on devra montrer notre meilleur visage devant notre public pour faire plaisir à tout le monde. 

Êtes-vous impatient de voir le résultat de l'Allemagne face aux Pays-Bas ? 

Bien sûr qu'on est impatient parce que malgré ce qu'on a montré sur le terrain on a envie d'y aller.

À l'entraînement les étirements n'ont pas l'air d'être votre truc... 

(rires) C'est vrai vous avez raison. C'est un peu long et c'est vrai que je suis un peu dissipé. Promis, je vais faire des efforts (rires).

Après le match face à l'OM vous aviez dit pouvoir assumer le rôle de leader au PSG. Pouvez-vous tenir le même discours avec l'équipe de France ?

Je ne parle que du terrain. En dehors, je ne suis qu'un joueur d'une vingtaine de sélections donc il ne faut pas tout mélanger, savoir rester à sa place tout en prenant ses responsabilités. Je pense que je commence à prendre plus d'importance dans les équipes pour lesquelles je joue. Être un leader c'est savoir faire la différence pour l'équipe quand elle en a besoin, ce que je n'ai pas su faire vendredi. J'essayerai de le faire mardi si j'ai l'occasion de jouer.

Le fait que les votes pour le Ballon d'Or soient clos peut-il inconsciemment vous faire lever le pied ? 

On est des joueurs de haut niveau et on se doit d'être performant. Ce serait un manque de respect pour tous les joueurs qui nous soutiennent et nos coéquipiers qui nous ont permis d'être dans cette situation là. Cette année le Ballon d'Or est beaucop plus disputé, s'il y en a un qui le remporte ce ne sera pas démérité, j'espère que ce sera un Français pour récompenser notre aventure.

Allez-vous envoyer un message à Cavani pour le chauffer avant le match ? Et que pensez-vous de la relation que vous avez avec Griezmann et Giroud, peut-elle être améliorée ?

Il est déjà chaud Cavani, pas besoin ! (rires). Notre relation était faible face aux Pays-Bas, on ne va pas se le cacher mais ça vient de nous parce qu'on n'était pas au niveau. Ça ne veut pas dire qu'on a un probleme dans notre relation. Il faudra faire mieux, on ne peut pas se permettre de boucler l'année avec un résultat si négatif. 

Qu'avez-vous pensé de la petite altercation entre Neymar et Cavani ? 

Cavani est un grand joueur qui fait beaucoup de bien au PSG. J'ai envoyé un WhatsApp à Neymar de la vidéo et il a rigolé, c'est vous dire. Ça ne les empêchera pas de se faire de grands câlins et de marquer des buts ensemble à Paris. 

Les défenseurs adverses anticipent plus vos courses et vos mouvements désormais, comment faites-vous évoluer votre jeu ? 

Ça fait déjà un moment qu'on est plus observé. C'est bien, ça permet de développer d'autres choses. Affronter les grands joueurs c'est enrichissant et c'est à moi aujourd'hui de relever le défi. Si je le fais, il y en aura un autre qui se présentera, c'est comme ça, une carrière. 

Souhaiteriez-vous être dispensé des efforts défensifs ? 

Vous voulez la vérité ? Oui (rires) mais ce n'est pas possible. Il n'y a que deux joueurs qui ne défendent pas et il marquent 60 buts dans la saison. Le jour où je marquerai 60 buts dans la saison on pourra en reparler. Les envies c'est une chose mais on ne peut pas toujours les réaliser. Il faut se forcer, défier son naturel. Si l'équipe en a besoin, il faut le faire. C'est sûr que des fois il y a des manques. Ça se travaille, il faut continuer et je suis sûr qu'un jour je pourrais le faire avec plus de constance. 

Le niveau de la Ligue 1 est-il un frein à la progression du PSG en Europe ? 

Non je ne pense pas. On doit se calquer que sur nous, pas sur les autres. En Espagne ils ne jouent pas des Clasico tous les jours. Notre problème à Paris c'est qu'à partir d'un certain score, je ne sais pas s'il y a un radar ou autre mais on freine. C'est à nous d'être plus constant sur 90 minutes et ce sera plus facile de faire la passerelle ensuite dans les grands matches. Le problème vient de nous et pas du championnat. 

Ne faudrait-il pas vous fixer à un poste définitif pour l'évolution de votre carrière ? 

Non parce que montrer qu'on est différent, c'est ça. Ne pas toujours être dans le confort, montrer qu'on peut être bon et mettre tout le monde d'accord à n'importe quel poste. Pour les adversaires ça peut aussi être une difficulté, de ne pas savoir sur quel Kylian ils vont tomber. Je n'ai pas de préférence. Pour moi un grand joueur peut jouer partout, Cristiano Ronaldo joue partout. 

Vous allez avoir 20 ans et vous êtes un candidat naturel au Ballon d'Or. Vous êtes champion du monde. Que peut-on vous souhaiter pour la vie ? 

Une Ligue des champions, un quadruplé national, un Euro dans deux ans ! Plein de choses... Gagner, c'est ce que je veux, régner avec la France sur l'Europe et le monde. 

Julien Quelen, à Clairefontaine.  

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