Equipe de France - Evra doit assumer son leadership sur le terrain

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En grande difficulté contre le Cameroun puis la Roumanie, Patrice Evra peine à être aussi bon sur la pelouse que devant les micros. Une réaction est attendue.

Il est de ces joueurs qui ne laissent personne indifférent, et ce n'est certainement pas pour lui déplaire. À 35 ans, Patrice Evra a l'occasion de garnir son palmarès d'un grand tournoi international. Son rôle est multiple dans le groupe de Didier Deschamps, mais le défenseur de la Juve devra aussi convaincre sur le terrain.

À un poste où la concurrence est plus importante que sur le flanc droit, Evra a eu le mérite de garder son costume de titulaire. La jeune génération (Digne, Kurzawa) ou d'autres concurrents plus chevronnés (Mathieu, Trémoulinas - tous deux blessés pour cet Euro) ne sont pas parvenus à le déloger. Conforté par le poids des années et ce statut d'inamovible, l'ancien Mancunien se complaît dans un rôle de grand frère qui sied à sa personnalité. 

Il faut dire qu'Evra est un homme de verve. Depuis quelques temps, ce n'est plus pour justifier son cas personnel qu'il est appelé à la barre, mais pour affronter les tempêtes, casser la routine, avertir les maux d'une équipe avec ses propres mots. Et avec assurance, toujours. Puis un sourire, parfois.  Il est ce qu'on appelle un bon client mais il y a tout de même quelque chose d'assez déconcertant là-dedans.

Statistiques de Patrice Evra contre la Roumanie (Opta).

Le spectre de Knysna existe-t-il encore pour lui ? C'est une image qui s'effrite. Mais son rendement sportf, lui, ne fait pas l'unanimité. Vendredi, pour l'entrée en lice de l'équipe de France contre la Roumanie (2-1), le Bianconero a été le Tricolore le plus en difficulté. Il a provoqué un penalty pour l'égalisation roumaine, et l'ensemble de sa copie n'a pas rassuré. En retard dans ses interventions, peu inspiré dans ses montées, le latéral a réalisé une prestation dans la lignée de son match face au Cameroun (3-2), il y a deux semaines.

C'est lui, pourtant, qui s'est arrêté le plus longtemps dans les couloirs du Stade de France pour bavarder avec les journalistes, comme pour éteindre les braises avant qu'elles ne prennent vraiment. Il n'a pas fui ses responsabilités, il ne les fuit jamais, mais il avait d'autres messages à faire passer..."Malheureusement on prend un but, c'est un penalty à cause de moi, mais je pense que la charnière centrale a fait du bon boulot", a t-il notamment déclaré. "Je peux mieux faire. J'étais énervé de créer ce penalty pour mes coéquipiers. Mais ce qui m'intéresse ce soir ce n'est pas ma prestation c'est vraiment cet état d'esprit, ce bleu de chauffe qu'on a tous mis". 

Quelque part, toute cette soirée fut un concentré de ce que Patrice Evra peut présenter. Il est parvenu à séduire, encore, en choisissant ses formules. Mais il devra désormais répondre à ses détracteurs sur le rectangle vert. C'est sur ce point précis qu'il sera scruté. En bon grand frère, il doit être le premier à le savoir.

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