Equipe de France, Didier Deschamps : "Le moment pour donner du temps de jeu"

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Didier Deschamps était présent en conférence de presse lundi à Clairefontaine avant les matches face au Pays de Galles (10/11) et l'Allemagne (14/11).

Alors que l'équipe de France s'est retrouvée ce lundi à Clairefontaine, Didier Deschamps s'est exprimé sur l'actualité des Bleus avant les matches amicaux contre le Pays de Galles, vendredi prochain au Stade de France, et l'Allemagne à Cologne le 14 novembre.

Quelle est la part entre consolider et améliorer ce qui a été fait auparavant ?

Didier Deschamps : L'un ne va pas à l'encontre de l'autre. Le vécu et ce qui s'est passé avant est important. On n'est pas dans la dernière ligne droite pour la Coupe du monde, c'est donc encore le moment pour donner du temps de jeu. Ce ne sera pas la même équipe sur les deux matches, il y aura peut-être un système différent. L'objectif est d'obtenir deux bons résultats en mettant la meilleure manière possible.

Que pensez-vous du début de saison poussif d'Antoine Griezmann et cela vous inquiète-t-il ?

Pour Antoine ou un autre joueur, ça dépend aussi de l'équipe dans laquelle il joue. L'Atlético de Madrid restait sur une série de matches moins convaincants. Antoine reste Antoine, avec toutes ses qualités. Il est peut-être un peu moins décisif. Il n'est pas forcément au meilleur de sa fome mais je n'ai pas d'inquiétude particulière. La sélection est toujours une bouffée d'oxygène pour certains joueurs. Pour d'autres, en revanche, quand ça se passe très bien, ils arrivent un peu trop détendus. Antoine joue beaucoup, il enchaîne les matches, et même s'il a un gros volume de jeu, beaucoup de fraîcheur, il peut être un peu moins bien. Mais je le répète, je n'ai pas d'inquiétude particulière. L'important, c'est la fin de saison. Qu'ils arrivent en pleine santé et pas trop usés physiquement. Je sais déjà que ce ne sera pas le cas parce que les saisons sont remplies. Mais c'est le lot de tous les sélectionneurs.

Nabil Fékir a-t-il passé un palier et comment jugez-vous sa célébration de dimanche ?

Il a retrouvé la pleine possession de ses moyens après sa grave blessure. Cela n'a pas été simple. Il enchaine les matches, avec un jeu à risque où il prend pas mal de coups. Il a retrouvé son explosivité, ce qui lui permet de faire la différence, de marquer et de faire marquer. Pour sa célébration, je connais bien Nabil, il ne calcule pas, il est instinctif. Dans le contexte, évidemment, je ne pense pas que c'était le geste approprié, mais il a senti les choses comme ça. C'est un être humain, ce n'est pas un robot. Il ne devait pas le faire, mais je préfère retenir sa performance et le niveau qu'il a ces dernières semaines.


"Fékir, une option différente de Griezmann"


Aujourd'hui, Nabil Fékir peut-il perturber la hiérarchie et concurrencer Antoine Griezmann ?

Je n'appelle pas ça des perturbations. Il est dans la même position. Sur un côté, il perd beaucoup trop d'influence dans son jeu. C'est un attaquant axial, de préférence aligné en doublette avec un autre attaquant. C'est un peu le même registre qu'Antoine, une option différente à un poste assez proche dans l'utilisation. Antoine (Griezmann) peut jouer sur un côté, parce qu'il a un plus gros volume de jeu et qu'il l'a fait plus régulièrement que Nabil. Mais lui aussi est plus performant dans un rôle d'attaquant axial.

Nabil Fékir et Antoine Griezmann évoluent donc dans un registre similaire. Par quelles qualités peuvent-ils se différencier ?

Nabil a cette qualité d'éliminer l'adversaire par son explosivité. Il a un registre différent de tous les autres joueurs offensifs. Antoine est plus là, dans la touche technique, pour faire jouer les autres. Ils peuvent marquer et faire marquer tous les deux. Ce sont deux gauchers. Antoine, par rapport à Nabil, a cette capacité à aller plus dans la profondeur sans ballon, mais Nabil a plus la capacité d'éliminer dans des petits espaces. C'est la différence entre les deux même si l'apport dans le collectif est globalement le même.

Quel regard portez-vous sur le geste de Patrice Evra ?

Déjà, je n'ai pas tous les éléments. Je sais que le club et l'UEFA ont lancé une enquête. Patrice est bien conscient qu'il n'avait pas à faire ce geste, mais je ne suis pas là pour juger, pour le défendre. C'est un geste qu'il ne doit pas faire. Malheureusement, il l'a fait et les instances et l'UEFA prendront les décisions qu'il y aura à prendre.

Qu'attendez-vous de Benjamin Pavard et Steven N'Zonzi, les deux nouveaux de la liste ?

J'attends qu'ils soient eux-mêmes. Ce sont deux joueurs différents. L'un est jeune, c'est Benjamin. Il était performant avec les Espoirs, il l'est avec son club, Stuttgart. Même s'il est peut-être un peu surpris d'être là, si je le prends c'est que j'estime qu'il a le potentiel pour être là et revenir. Ca se fera ou non, mais il a toutes les qualités pour évoluer au niveau international. Steven est plus mature, expériementé. Il a l'habitude de jouer les matches de Champions League. Il a plus d'assurance, même si c'est la première pour lui aussi. Si je les appelle, c'est pour les voir et si possible, forcément, qu'ils aient du temps de jeu.

Quel rôle pourrait avoir Adrien Rabiot, en l'absence de N'Golo Kanté, dans l'éventualité où vous passeriez dans un système à une pointe basse ?

Adrien s'est exprimé sur sa préférence. Le PSG joue régulièrement dans un milieu à trois. On a tendance à éxagérer sur le rôle de pointe basse, ça peut aussi être un rôle sur le papier. Moi, par exemple, je n'attends pas que ce milieu axial reste plus bas que les autres, ça dépend des phases aussi, des complémentarités entre les trois milieux. Adrien préfère jouer un peu plus libre. Il a une bonne frappe, est capable de marquer des buts. C'est un jeune joueur, son match en Bulgarie doit lui servir aussi. Comme je n'ai pas Kanté, il peut jouer dans cette position. Steven (N'Zonzi) et Corentin (Tolisso) aussi. Ce ne sont pas les mêmes registres mais c'est une question de complémentarité entre les trois joueurs.

Quel est l'état de forme de Raphaël Varane et comment va s'établir la hiérarchie au niveau des gardiens ?

Raphaël Varane va faire le point cet après-midi avec le staff médical. Il a eu un petit souci d'adducteurs, il n'a pas pu jouer ce week-end. On va voir l'évolution dans les 72 heures, je ne vais pas prendre de risques. Pour la hiérarchie des gardiens, en l'absence d'Hugo, c'est Steve (Mandanda) le n°1, Alphonse Areola est n°2 et Benoît Costil le n°3. Steve peut jouer les deux matches, je ne sais pas s'il y aura une alternance, et je vais d'abord en parler avec les intéressés.


"Ce n'est pas la dernière chance de Martial"


Comment jugez-vous la progression d'Alphonse Areola et peut-il passer devant Steve Mandanda dans la hiérarchie ?

Alphonse a été mis n°1 sans avoir beaucoup d'assurance jusqu'à la fermeture du mercato. Il a la confiance d'Unai Emery et quelqu'un qui est confiance, ça se ressent. Il dégage beaucoup de sérénité, de tranquillité. Il n'est pas à l'abri d'une erreur, j'espère qu'il en fera le moins possible, mais il dégage beaucoup d'assurance dans un club dans lequel il n'est pas forcément soumis à beaucoup de travail. Il a aussi un travail important dans la relance et est plutôt bon par son jeu au pied. C'est un jeune gardien qui gagne en maturité et en assurance. Concernant la hiérarchie des gardiens, je veux que les choses soient claires. Il y a un n°1, un n°2 et un n°3. Hugo (Lloris) est le n°1, même s'il est absent. Steve est le n°2. J'ai la chance et le privilège d'avoir de très bons gardiens, mais je ne peux en faire jouer qu'un, ce qui ne veut pas dire que je ne fais pas confiance aux autres.

Est-ce la dernière chance d'Anthony Martial que vous avez rappelé pour ce rassemblement ?

Anthony était là à l'Euro. Il a eu une période moins heureuse pour lui, il n'a pas eu le temps de jeu espéré. Il ne joue pas tous les matches, mais il en joue quand même pas mal. Il a retrouvé de l'efficacité, il fait marquer, il marque. C'est un jeune joueur, je l'ai pris très tôt aussi, il n'a pas perdu ses qualités, et ce qu'il fait ces dernières semaines m'a amené à le rappeler. Ce n'est pas sa dernière chance. Il faut qu'il se batte avec sa nature. Parfois, il est trop relâché. Il faut se maintenir à ce niveau, se remettre en question, mais ce qu'il fait avec Manchester est bon. Il a mûri et il faut qu'il garde ça. Plus il jouera, mieux ce sera.

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Ce rassemblement doit-il vous permettre de dégager une équipe-type ?

La vérité d'aujourd'hui ne sera pas forcément celle du mois de mai. Je ne suis pas là pour dégager une équipe-type. Je n'ai pas de chantier prioritaire. On ne va pas avoir beaucoup d'entraînements. Durant la période qui précède la compétition, on aura un peu plus de temps. L'objectif Coupe du monde est dans ma tête, mais j'ai aussi, là, une possibilité de voir les associations possibles et de donner du temps de jeu.

Le retour de N'Golo Kanté dimanche avec Chelsea vous laisse-t-il des regrets de ne pas l'avoir sélectionné ?

Quand j'ai fait ma liste mercredi soir, j'ai échangé avec "NG". Il était encore dans une période où il avait quelques doutes, avec des sensations qui n'étaient pas naturelles. Je ne vais pas dire que j'étais surpris de le voir titulaire, mais les infos que j'avais au moment de la liste n'étaient pas les mêmes que celles que j'ai eues en fin de semaine.

B.Quarez & J.Quelen, à Clairefontaine

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