Équipe de France, Blaise Matuidi : "Une famille est née"

Commentaires()
Getty
En conférence de presse ce vendredi matin, à Istra, Blaise Matuidi a répondu aux questions des journalistes à deux jours de la finale du Mondial.

Que pensez-vous de la Coupe du Monde d'Olivier Giroud et mérite-t-il les critiques dont il fait l'objet ?

Blaise Matuidi : C'est un joueur qui est là depuis un moment. Il est très important. C'est un cadre. On est très contents de sa Coupe du Monde. Il ne marque pas, mais il fait beaucoup lors de ses matches. Pour lui, c'est peut-être frustrant, mais le plus important c'est que l'équipe gagne et qu'il aide l'équipe à gagner. Je trouve que les critiques ne sont pas justifiées.

Les Croates ont joué trois prolongations de suite, comment exploiter leur fatigue ?

On ne pense pas au fait qu'ils aient joué trois prolongations. On a vu qu'ils ont fini en trombe lors du dernier match. On croyait même qu'ils jouaient leur premier match dans ce Mondial. C'est une équipe qui a beaucoup d'expérience. On s'attend à un match très difficile et je ne pense pas que les matches disputés aux prolongations seront un handicap pour eux.

En quoi Didier Deschamps est-il responsable de votre parcours exceptionnel et comment a-t-il évolué ?

Cela fait longtemps, moi en particulier, qu'on côtoie le coach. Il a su créer un groupe à son image et c'est important. C'est lui le patron, c'est lui le chef du navire. Il a fait de grandes choses en tant que joueur, et en tant qu'entraîneur aussi. Il a toujours eu cette rigueur et cette façon de diriger qui font qu'on est différent. On est très heureux d'avoir un sélectionneur comme lui et tous ses résultats ne sont pas anodins. Ses choix payent et il faut lui tirer notre chapeau.

Blaise Matuidi France Belgium

Êtes-vous triste de quitter Istra ou impatient d'être à dimanche ?

On a passé de bons moments. Certains que vous avez pu voir, d'autres non. Et c'est tant mieux. C'est la compétition dans laquelle je me sens le mieux. Le groupe vit bien, il y a une super ambiance. J'aurais pu rester des mois et des mois tellement on est bien. Mais il y a une fin à tout et j'espère qu'elle sera heureuse.

Votre style de jeu, un peu à l'italienne, porte ses fruits...

On a un style de jeu qui est propre à nous. Pas forcément à l'italienne, parce qu'on est Français. C'est un style qui nous convient bien avec les joueurs en place. Je m'y retrouve parce que ça ressemble un peu à ce que j'ai en club, à la Juventus. Mais le plus important c'est de gagner, et quand on gagne ça porte ses fruits. J'espère que ce sera encore le cas dimanche.


"Varane ? On le sent taille patron"


Paul Pogba disait jeudi que l'équipe se voyait déjà championne en 2016. Qu'est-ce qui change cette année ?

On n'a pas le même groupe. Il est plus jeune, il y a beaucoup d'insouciance, et ça c'est bien. Ça nous a servis. Contre l'Allemagne, quand on avait gagné, on était euphoriques, un peu trop. L'environnement faisait aussi que c'était le cas. Mais là, on est conscients que rien n'est joué. C'est une finale et l'adversaire voudra gagner autant que nous. C'est une expérience en plus que l'on a, et on va essayer de se servir de ça pour réaliser un grand match et aller au bout.

Des cadres comme vous peuvent-ils avoir un rôle à jouer auprès des plus jeunes, plus insouciants justement ?

Vous avez pu voir que les jeunes sont très matures. La pression doit être positive. Elle ne doit pas nous inhiber. C'est le cas jusqu'ici. Il faut que ça continue. Même si c'est une finale, il faut aborder ce match comme les autres et tout donner.

Matuidi

Comment dort-on à quelques heures de la finale ?

Pour l'instant, bien. Mais c'est vrai que c'est un rêve d'enfant qui se réalise. La Coupe est tellement proche qu'on a envie de la toucher. C'est le match de notre vie, on a tous eu envie de jouer des matches comme ça, et c'est à nous de tout mettre en oeuvre pour soulever cette Coupe du Monde.

Raphaël Varane et Hugo Lloris ont-ils changé dans la vie de groupe ces deux dernières années ?

Hugo, je ne pense pas. Il a toujours eu cette grande expérience. Il a toujours été le même et c'est sa grande force. C'est le capitaine et il a toujours eu le même rôle. Son assurance nous aide énormément. Il parle peu mais quand il parle ses mots sont très importants. Il est écouté, il a cette force de caractère qui fait de lui le capitaine qu'il est depuis des années. Si on en est là aujourd'hui, il en est l'un des grands artisans. Raphaël, en revanche, a pris de l'envergure. Il a passé un cap en équipe nationale. On le sent taille patron, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Il s'extériorise beaucoup plus et ça nous aide énormément.


"Ce groupe donne envie de rester encore des années"


Le résultat de dimanche peut-il avoir une influence sur votre avenir en sélection et pensez-vous que l'équipe de France est partie pour avoir la main mise sur l'Europe et le monde à l'avenir ?

Quand je vois ce groupe, ça me donne envie de rester encore des années. On est vraiment bien tous ensemble, mais à un moment donné les cannes et le coeur vont dire stop. C'est sans doute ma dernière Coupe du Monde. On ne sait pas de quoi va être fait demain, mais il faut être réaliste. Il y a des jeunes qui poussent et un jour ça va dire stop pour le haut-niveau. Je vais vivre ce moment-là, cette finale de Coupe du Monde, et après je réfléchirai. Je suis fier de faire partie de cette équipe, de ce groupe. Porter ce maillot est un grand honneur et je continuerai à tout donner pour le pays parce que jouer pour son pays c'est le summum. C'est quelque chose de magnifique. Je prends énormément de plaisir et je vais profiter au max jusqu'au bout.

L'attention de vos adversaires sur Kylian Mbappé influe-t-elle sur le jeu de l'équipe de France ?

Kylian a énormément de qualités, dans la percussion, dans son jeu avec ou sans ballon. Malgré son jeune âge, il démontre énormément de qualités, il dégage beaucoup de force. C'est un danger permanent pour les adversaires. Plus les matches ont avancé dans la compétition, plus les adversaires ont eu un oeil attentif sur lui. Ca nous a libérés des espaces pour les autres joueurs, et j'espère qu'il sera aussi dangereux dimanche pour nous aider à remporter ce titre.

L'article continue ci-dessous

Quel regard jetez-vous sur la complicité de N'Golo Kanté et Paul Pogba sur et en dehors du terrain ?

Elle parait plus que naturelle. Ce sont des joueurs qui couvrent un maximum de terrain. Défensivement, ils font un boulot énorme. Kanté est dans son registre et Paul a beaucoup progressé là-dessus. Ils ont la capacité à trouver vite les attaquants à la récupération du ballon. Paul, justement, avec sa finesse technique. Même si Kanté le fait aussi. Paul a une qualité de passes et de jeu long qui en fait un joueur différent alors que Kanté est un maître de la récupération, un monstre pour occuper le terrain en entier. On est très contents de les avoir à ce niveau.

L'acclimatation plus que rapide des jeunes comme Benjamin Pavard et Lucas Hernandez vous surprend-t-elle ?

Honnêtement, je suis supris. C'est arrivé très vite. Quand on arrive en équipe de France, on dit qu'il faut une année voire deux pour se fondre dans le moule. Eux, ils sont arrivés sans pression et ils ont joué avec leurs qualités. Être aussi bons dans une grande compétition comme celle-ci, avec la pression que cela implique, c'est fantastique. Bravo à eux. On ne les attendait pas et ils ont répondu présents. Franchement, oui, ils m'épatent.

La notion de sacrifice est très forte au sein du groupe, comment le staff fait-il passer ce message ?

C'est clairement notre grande force. On peut se battre les uns pour les autres. Mais comme je l'ai dit, c'est dû à l'ambiance. On vit tellement bien. On est capable de passer des heures et des heures ensemble. Ça peut aller jusqu'au bout de la nuit, et c'est ce qui fait que sur le terrain on peut se battre les uns pour les autres. On a 23 guerriers. Même ceux qui ne jouent pas sautent de joie sur les buts. C'est l'état d'esprit d'une famille qui est née et elle se doit de finir en remportant ce trophée. En tout cas, on fera le maximum.

Prochain article:
Barça-Levante 3-0, avec un Dembelé de gala, le Barça renverse Levante
Prochain article:
Les regrets de Cassano : "J'aurais pu avoir le niveau de Messi"
Prochain article:
RUMEUR, le Barça vise Carlos Vela cet hiver
Prochain article:
Le Mondial 2022 avec 48 équipes ?
Prochain article:
Manchester United, Pogba : "Les choses sont plus faciles pour tout le monde"
Fermer