ENTRETIEN - Youssouf Hadji (Nancy) : "Je ne suis pas là pour voler une année"

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Amoureux du Maroc et de Nancy, Youssouf Hadji (37 ans) dispute certainement sa dernière saison sous le maillot nancéien. Il espère terminer en beauté.

Youssouf Hadji a rempilé pour une saison supplémentaire avec l'AS Nancy-Lorraine. Sûrement la dernière d'une belle et riche carrière qu'il espère terminer en beauté dans le club qui l'a lancé en première division. À 37 ans, il se sent encore prêt à donner le meilleur de lui-même pour encadrer les jeunes et réaliser de belles performances à chaque fois que Pablo Correa fera appel à lui. Pour Goal, l'attaquant de Nancy a accepté de revenir sur son été mouvementé et s'est livré sans filtre sur l'amour qui le lie à l'ASNL.

Christophe Hérelle, déjà tant de chemin parcouru

Vous avez prolongé votre contrat quelques jours seulement avant la reprise, pourquoi si tard ?

Youssouf Hadji : C'est assez simple à expliquer. On s'était mis d'accord avec les dirigeants pour que je reprenne sur une période d'essai. Je savais que ça pouvait se faire, mais aussi que ça pouvait ne pas se faire. Cela dépendait de mon état de forme. Au final, ça s'est plutôt bien passé et c'est pour ça que j'ai fini par prolonger.

Dit comme ça, on a l'impression que tout a été simple à gérer, n'êtes-vous pas passé par quelques moments de doutes ?

Sincèrement, non. Je m'étais super bien entretenu pendant les vacances. Il fallait juste voir si je pouvais encore digérer une préparation. De ce côté-là, j'ai été rassuré. Tout s'est vraiment bien passé, je n'ai pas eu de pépins physiques et avec l'expérience c'est vrai qu'on arrive mieux à gérer tout ça.

Auriez-vous pris vous-même la décision d'arrêter si vous aviez senti que vous n'aviez plus les jambes ?

Bien sûr, et c'est d'ailleurs ce que j'avais dit aux dirigeants. J'ai tellement de respect pour le coach (Pablo Correa), pour le président (Jacques Rousselot) et pour le club que je ne peux pas tricher. On m'a jugé sur le terrain et si à un moment j'avais senti que je ne pouvais pas tenir le coup, j'aurais été le premier à dire stop.


"Une reconversion à Nancy pourrait m'intéresser, mais..."


Pablo Correa a rapidement exprimé son envie de vous garder, on imagine que ça vous a aidé à aborder la préparation sereinement...

Avec Pablo, ça fait des années qu'on se connait. Il sait très bien ce que je peux apporter à l'équipe, non seulement sur le terrain mais aussi dans le vestiaire. Quand j'ai lu qu'il voulait me voir prolonger, je me suis dit que qu'il ne fallait surtout pas le décevoir.

Finalement, vous allez encore avoir un rôle primordial dans l'encadrement des jeunes...

C'est un rôle que je tiens depuis deux-trois ans et je me rends compte chaque année de son importance et de la difficulté que ça comporte. J'ai la chance d'être réputé dans le vestiaire. Là-dessus, j'ai vraiment un rôle à jouer et ce rôle peut être aussi important en dehors que sur le terrain.

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Youssouf Hadji Nancy Ligue 2

Pouvez-vous garantir à 100% que vous disputez votre dernière saison ?

On ne sait jamais ce qui peut se passer, mais je pense que oui. C'est pour ça que j'aimerais finir ma carrière sur une bonne note en marquant encore quelques buts pour le groupe.

Une reconversion au sein du club a-t-elle déjà été actée avec les dirigeants ?

Pour l'instant, il n'y a aucune reconversion. Je profite d'abord de mes derniers moments en tant que joueur et je regarderai les opportunités ensuite. Une reconversion à Nancy, c'est quelque chose qui pourrait m'intéresser, comme m'investir pour le football marocain, mais je n'en suis pas là et on verra ça plus tard.

Pour être clair sur cette prolongation, il semblerait que vous soyez payé au nombre de matches joués...

C'est vrai, et c'est une manière pour moi de montrer que je ne suis pas là pour voler une année ou quoi que ce soit d'autre. Pour moi, c'est vraiment un contrat au mérite.


"Si je suis emblématique ? Je ne m'en rends pas forcément compte"


Vous avez l'image d'un amoureux de l'ASNL, comment expliquez-vous cet attachement si fort pour ce club ?

Vous savez. Quand on est dans un club il y a en général beaucoup de choses qui changent. Moi, j'ai toujours connu Pablo Correa, le président, l'adjoint Paul Fischer, Vincent Hognon, qui a rejoint le club et avec qui j'ai joué. Il y a des choses qu'on retrouve à Nancy, qu'on ne retrouve pas ailleurs. C'est pour ça qu'on est obligé d'être attaché à cette ville, à ce club et aux personnes qui font qu'il existe.

Vous voir finir ailleurs qu'à Nancy était-il vraiment envisageable ?

Je me suis toujours senti bien ici, j'ai ma maison, ma famille, mon club. Aujourd'hui, je termine ma carrière à Nancy et pour moi ça veut dire beaucoup. Avant d'être joueur de l'AS Nancy Lorraine, j'étais supporter. Mon frère (Mustapha) a joué ici. Du coup, les premiers maillots que j'ai mis sont ceux de mon frère à Nancy. J'allais le voir jouer au stade donc forcément ça aide. Et d'ailleurs, quand j'ai eu le choix de rentrer au centre de formation, à Metz ou à Nancy, ça a tout de suite été une évidence.

Aujourd'hui, vous faites partie des joueurs emblématiques de l'ASNL, en avez-vous conscience ?

Je ne m'en rends pas forcément compte. C'est surtout quand j'allais en sélection avec le Maroc qu'on me parlait souvent de Nancy. C'est peut-être là que j'en ai pris un peu conscience, mais sincèrement je n'y prête pas trop attention. Sûrement parce que je suis encore joueur ici.

En parlant de joueur emblématique, le Troyen Benjamin Nivet a fait monter son l'Estac en Ligue 1 à 40 ans, est-ce un destin qui vous inspire ?

C'est grâce à des joueurs comme lui qu'on a encore confiance en des joueurs comme moi. À 40 ans, il reste le patron de son équipe. Il l'a fait monter en Ligue 1 et ça serait super de faire pareil même si ça paraît compliqué parce qu'on a perdu beaucoup de joueurs et qu'on est en quelque sorte en reconstruction.

Cela signifie que Nancy ne joue pas forcément la montée cette saison ?

Quand on est en Ligue 2 et qu'on porte le maillot de Nancy, qu'on le veuille ou non c'est la montée qu'on joue. On va essayer d'aller la chercher, mais on le sait, ça ne va pas être facile.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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