Entretien - UNFP, Mohamed Larbi (sans club) : "Être au chômage n'est pas une fatalité"

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Libre de s'engager où il le souhaite, l'international tunisien (31 ans) se préparer avec l'UNFP FC. Il prend du recul par rapport à sa situation.
Engagé avec l'UNFP FC pour cette intersaison, Mohamed Larbi retrouve des sensations. Sans club depuis son départ de l'ES Tunis, le milieu offensif de 31 ans se prépare avec l'équipe qui donne l'occasion à des footballeurs comme lui de retrouver des sensations et surtout se mettre en avant pour trouver un nouveau défi. Détendu et souriant, le joueur qui s'était révélé au Gazélec Ajaccio en 2015-2016 se confie sur ses envies de rebondir prochainement. 

Comment s’est passé votre troisième match de préparation face à Nancy (0-1) ? 

On a perdu sur un but d’écart et une petite erreur, c’était serré on méritait mieux, on voulait gagner, c’est le troisième match en même pas dix jours, on est là pour enchaîner et se mettre en conditions. On rejoue ce week-end et il faut se préparer, même si c’est particulier et que le principal n’est pas là, c’est toujours bien de faire des résultats.

L’enchaînement des rencontres tous les trois jours n’est-il pas trop dur quand on reprend ?

On fait 45 minutes par match. Personnellement ça me fait du bien c’est ce qu’il me fallait à cette période, si j’arrive à enchaîner ça va me permettre de me remettre au niveau. Quand tu as été privé de ça pendant cinq mois ça fait un bien fou, rien ne remplace la vie de groupe en tant que footballeur c’est un plaisir. Je m’entraînais seul, c’était dur. 

Que s’est-il passé à l’Espérance Sportive de Tunis en janvier dernier ? Vous avez quitté précipitamment le club… 

Je n’ai pas d’explications franchement car j’ai joué 90 minutes sur les quatre derniers matches avec l'ES. J’ai marqué le but de la victoire même puis le 19 janvier j’ai eu une remise de lettre de rupture unilatérale de contrat de la part du directeur sportif. Derrière, j’ai essayé de vite me retourner j’ai eu une proposition à Levadiakos (D1 grecque) pour six mois, je suis allé passer la visite médicale et j’étais prêt à partir sans ma famille. Mais la fédération tunisienne n’a pas délivré tous les papiers, et c’était trop tard comme c’était le dernier jour de mercato.

Moralement ça n’a pas du être évident sur le moment…

Après tout ce qui s’était passé ces deux dernières années, ça faisait mal : en tant qu’international tunisien, on m’empêche de jouer et en plus de rebondir. J’ai subi des blessures, il y a eu ça, pendant un mois, c’était très dur. Mais c’est du passé, il faut avancer. 

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Avez-vous encore des liens avec vos anciens clubs en France (Tours, Sochaux, Gazélec) ?

J’ai quelques dirigeants en contact car j’ai créé des liens, c’est dommage de voir Tours descendre aussi bas, pareil pour le Gazélec, c’était cruel. Ça m’a fait quelque chose. Sochaux a eu une bonne nouvelle, c’est un club historique qui mérite beaucoup mieux. 

De quelle manière avez-vous gardé le rythme en l’absence de club ?

J’ai mon préparateur physique personnel sur Lyon, Ludovic Perge qui m’avait très bien remis de ma grosse blessure début 2018. J’ai mangé du foncier avec 2/3 entraînements par jour c’était essentiel, surtout à 31 ans. 

Comment avez-vous abordé le chômage en tant que footballeur professionnel ?

Avant d’être professionnel j’ai bossé, j’ai été au chômage, je n’ai pas eu de parcours classique avec le centre de formation et un contrat professionnel à 17 ans. Un jeune dans ce cas-là qui se retrouve sans club peut avoir honte et il ne faut surtout pas ressentir ça. Être au chômage, être sans club, n’est pas une fatalité.


"Je me sens très bien physiquement, j’ai des qualités et je suis frais dans ma tête."


Où avez-vous envie de rebondir ? Priorité à la France ?

L’étranger ne me fait pas peur, j’ai envie de montrer qu’en France je suis très bien physiquement, j’ai des qualités et je suis frais dans ma tête car j’ai connu le monde professionnel tard avec le Gazélec, j’ai connu la L1 à 28 ans et je l’ai quitté sur des blessures, maintenant c’est comme ça. Il faut rebondir, je sais que j’ai encore des capacités intéressantes pour le haut niveau.

Pour ce qui est de la sélection tunisienne, avez-vous eu des contacts avec Alain Giresse ces derniers mois ?

Je n’ai pas eu de contacts avec lui car je n’étais pas sélectionnable, ça ne servait à rien de l’avoir à ce moment-là. Je ne perds pas espoir, dans les deux sens ça va vite, je ne suis fermé à aucun projet. Dès qu’on est bon, on peut se faire remarquer. Je n’ai jamais perdu espoir alors que j’étais en CFA2, ce n’est pas maintenant que ça doit m’arriver. J’ai confiance en moi.

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Alain-Giresse-Tunisia

Malgré votre emploi du temps chargé avec l’UNFP FC, êtes-vous à fond derrière l’équipe pour cette CAN ?

Évidemment je regarde, je connais la plupart des joueurs en équipe nationale, je suis parti en stage pour les voir avant qu'ils ne décollent pour l'Egypte. Depuis le début du tournoi, on a été moyens c’est sûr car on n’a pas le jeu le plus flamboyant mais maintenant en quart de finale tout est jouable. Personnellement j’y crois ! Si on peut gagner la CAN sans jamais remporter de match on prend, même si évidemment on préfère des victoires.

Propos recueillis par Adrien Mathieu

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