ENTRETIEN LIGUE 2 - Kévin Cabral, révélation de Valenciennes : "Il ne faut pas que je me relâche"

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C'est l'un des jeunes talents à suivre en Ligue 2. Formé au PSG avec les Diaby, Zagadou, Soumaré ou encore Nsoki, Kévin Cabral fait son bonhomme de chemin à Valenciennes. Titulaire indiscutable de l'équipe nordiste, l'ailier de 21 ans s'impose comme une révélation cette saison avec 10 buts et 4 passes décisives toutes compétitions confondues. Ses bonnes performances ont attiré l'oeil de plusieurs clubs à l'échelon supérieur. Une actualité riche que l'ancien Parisien a accepté de commenter pour Goal avant d'affronter Toulouse, troisième de Ligue 2, ce mardi soir (20 heures).

Vous avez vécu une sale soirée samedi à Clermont avec l'expulsion d'Emmanuel Ntim et cette défaite 4-0. Dans quel état d'esprit est le groupe ?

Kévin Cabral : C'était une soirée cauchemardesque, on peut le dire, mais le fait d'enchaîner rapidement sur un autre match va nous aider à vite passer à autre chose. On est tourné vers la prochaine rencontre. Ce sera contre Toulouse, un gros morceau, et on va essayer de se rattraper.

Mine de rien, vous n'avez plus gagné en Ligue 2 depuis cinq matches. Comment expliquez-vous cette mauvaise passe ?

C'est une mauvaise série, c'est sûr, mais dans le contenu ce n'est pas si mal. En ce moment, on a beaucoup de faits contraires, il va falloir inverser la tendance et on sait que ça passe par le travail. 

Que faudra-t-il faire pour bousculer Toulouse et arracher enfin cette victoire qui vous ferait du bien ?

Il va falloir d'abord retrouver une solidité défensive, parce que c'était l'une de nos plus grandes forces jusqu'ici. On devra être plus efficace dans les zones de vérité.

C'est une saison vraiment particulière pour tout le monde, et vous n'échappez pas à la règle. Comment jugez-vous cette saison de VA pour l'instant ?

C'est une saison qui restera dans les mémoires de tout le monde. Jouer sans supporter, à huis clos, c'est bizarre. Avec le temps, on s'est habitué à pas mal de choses comme le test COVID avant les matches. On s'habitue au port du masque, on n'a pas le choix mais on espère vite un retour à la normal quand même.

« Je n'ai plus la même mentalité qu'avant... je gagne en maturité »

D'un point de vue personnel, vous réalisez une saison très intéressante avec 10 buts et 4 passes décisives toutes compétitions confondues. Vous êtes satisfait ?

Même s'il reste encore pas mal de matches et qu'on peut toujours faire mieux, je pense que c'est plutôt positif. J'ai des objectifs en tête et je vais essayer de les atteindre. Aujourd'hui, je suis très content de mes statistiques mais il ne faut pas que je me relâche.

Sur quels aspects avez-vous progressé ces derniers mois ?

Sur le plan mental déjà. Je n'ai plus la même mentalité qu'avant. Avec le temps et l'enchaînement des matches, je gagne en maturité. Au niveau du dernier geste, c'était mon pêché mignon. Là, je termine plus mes actions même s'il y a encore du déchet. J'ai vraiment progressé là-dessus et je vais essayer de progresser encore.

Vous avez fait 5 ans de formation au PSG, qu'est-ce que ça vous a apporté et quels souvenirs vous en gardez ?

C'était des belles années de formation avec une très grosse génération. Aujourd'hui, beaucoup de joueurs de la génération 99 évoluent au plus haut niveau. Ils jouent dans des grands clubs, parfois en Ligue des champions ou en Ligue Europa. Je ne garde que des beaux souvenirs de mes années au PSG. On était une vraie bande de potes. On est resté en contact et franchement c'était incroyable ! Je suis issue de la banlieue parisienne, c'est un plaisir d'avoir joué pour ce club.

PS Kevin Cabral

Vous n'avez pas été prolongé en U19 deuxième année. Comment avez-vous vécu ce départ du PSG ?

Au début ça m'a mis un petit coup au moral, forcément. Mais dans la tête, j'ai su rester fort. J'ai vu en Valenciennes un beau projet où il y avait davantage de possibilités pour les jeunes qu'au PSG. Je suis venu en U19 avec un coach qui m'a toujours poussé à aller de l'avant (Franck Triqueneaux). J'ai fait mes classes ici et je ne regrette pas du tout mon choix aujourd'hui. Valenciennes m'a donné mes premières minutes en pro, m'a fait signer mon premier contrat pro, et je leur serai redevable à vie.

C'est un club qui est entré dans votre cœur, on peut le dire ?

C'est quand même ma troisième année à Valenciennes. Ce n'est pas rien. Je me suis attaché au club, mais aussi à la ville. Cette année, c'est celle où je joue le plus en professionnel et malheureusement il n'y a pas les supporters. Je suis un  peu déçu par rapport à ça mais c'est un club qui a une grande, grande place dans mon cœur.

Le fait de voir d'anciens Parisiens comme Nsoki ou Diaby jouer dans l'élite, ça vous inspire quoi ? Continuer à bosser pour un jour les rejoindre là-haut ?

Clairement ! On se dit qu'on a commencé avec eux, qu'ils ont bien avancé et que rien n'est impossible. Ils ont le même âge que moi, ils ont été formés dans le même club. On a vécu les mêmes choses. Je suis super content pour eux et je me dis pourquoi pas moi un jour.

L'été prochain pourrait être un tournant puisque plusieurs clubs de Ligue 1 vous suivent. Avez-vous déjà un plan pour le mercato ?

Non. Franchement je me concentre sur ce que j'ai à faire avec Valenciennes. Il reste une quinzaine de matches, je ne me prends pas la tête avec ce qui peut se dire autour. Moi, je ne gère pas ça, c'est plus mon entourage. Je suis vraiment focus sur le foot et la fin de saison à Valenciennes.

Propos recueillis par Benjamin Quarez