ENTRETIEN - Laurent Abergel (Nancy) : "Si c'est bon pour le groupe, on peut me mettre n'importe où"

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EXCLU GOAL - C'est avec humilité, mais non sans ambition, que le latéral droit de Nancy (L2) aborde la reprise du championnat ce week-end.

La saison débute ce vendredi pour Nancy avec la réception de Béziers (20h00). Le début d'un exercice que les Nancéiens espèrent réussi. Passés par des moments difficiles, avant d'empocher leur maintien sur le fil, les hommes de Didier Tholot tenteront de repartir sur les mêmes bases qu'en fin de saison dernière. Laurent Abergel (25 ans) est revenu pour Goal sur la préparation estivale du club lorrain. L'occasion d'évoquer son repositionnement comme latéral droit et ses objectifs pour la saison à venir.

Quel bilan tirez-vous de la préparation estivale qui s'est soldée par un match nul 0-0 contre Strasbourg ?

Laurent Abergel : Plutôt positif. On a essayé de travailler les automatismes au maximum, de créer un groupe au plus vite parce qu'on sait que ça doit être une force. On le voit avec nos recrues, surtout les premières. On a l'impression que ça fait déjà un an qu'elles sont là. Ça doit se retranscrire sur le terrain. On veut d'abord être bons défensivement. Ce qu'on a retrouvé sur nos derniers matches. Mais il faut aussi continuer à se préparer physiquement car la saison qui nous attend sera longue.

On a retrouvé un bien meilleur visage de l'ASNL en fin de saison dernière, on imagine que l'objectif est de repartir sur cette bonne dynamique...

C'est ça. Avec le coach Tholot, on a tout de suite senti une différence, et ça s'est traduit par de meilleurs résultats sur les derniers matches. Heureusement, parce que ça ne sentait pas très bon. Le coach n'a pas changé sa façon de travailler, le groupe le ressent et c'est de bon augure pour la saison à venir.

Le changement de visage de l'équipe est-il uniquement lié à l'arrivée de Didier Tholot justement ?

Je ne pense pas que ce soit la seule raison, mais disons que ça a été l'électrochoc. Sans dénigrer les anciens coachs, sa manière de travailler nous a plu directement et aujourd'hui son groupe lui ressemble.

Des recrues d'expérience comme Danilson Da Cruz et Ernest Seka sont arrivées. Manquait-il ce genre de profils à Nancy ?

Peut-être. Mais je dirais surtout que c'est ce qu'il faut en Ligue 2. Le coach en a souvent parlé et c'est important d'avoir de bons gabarits qui savent aussi être bons avec le ballon.


"Da Cruz est vraiment un leader, un patron"


Danilson Da Cruz a hérité du brassard à peine un mois après son arrivée. Comment avez-vous pris la nouvelle ?

Ce n'est pas choquant. À l'époque, j'avais été surpris qu'il hérite du brassard si tôt à Reims. Mais pour le côtoyer depuis quelques semaines, c'est vraiment un leader, un patron. Il n'y a même pas à discuter. Il est naturellement comme ça. Son envergure sur le terrain et en dehors va nous faire énormément de bien.

Vous seriez-vous imaginé capitaine ?

Je l'ai souvent été en jeunes, mais en pros très peu. Après, je n'ai pas besoin d'être capitaine pour avoir mon rôle à jouer. Je sais que je peux apporter quelque chose au groupe et je suis bien de mon côté, sans le brassard.

Aujourd'hui, vous considérez-vous comme un relais du coach ?

Le coach a des joueurs sur lesquels il peut s'appuyer. Je pense en faire partie. Pour en avoir parlé avec lui, je sais que j'ai un rôle encore plus important à jouer par rapport à la saison dernière. Il m'attend là-dessus et ça me convient parfaitement. Ça me donne envie de me donner encore plus pour le groupe.

Laurent Abergel Nancy Ligue 2

On a l'impression que vous avez pris de l'importance avec l'arrivée de Didier Tholot. Finalement, vous êtes un leader, mais dans un autre style...

La saison dernière s'est plutôt bien passée pour moi. Elle m'a permis d'avoir ce rôle, mais comparé à Dani (Da Cruz) par exemple, c'est différent. Mon rôle est moins prononcé, même si j'ai un lien à faire entre les plus anciens et les plus jeunes sachant que je suis dans la tranche moyenne. Je ne suis pas le plus jeune, je ne suis pas le plus vieux, mais j'aime bien faire ce relais. Je m'entends bien avec tout le monde et je pense que j'ai un rôle à jouer à ce niveau-là.

Sur le terrain aussi, on a vu du changement avec votre repositionnement comme latéral droit. Sincèrement, pensiez-vous avoir les qualités pour être performant à ce poste ?

Sans être arrogant, je le savais. Parce que par le passé, j'ai déjà évolué à ce poste. Mais je ne me voyais pas progresser si vite et changer aussi clairement de poste. Ce n'est pas moi qui décide et ça ne me dérange pas non plus. Le coach a été clair là-dessus, ça m'a sûrement permis de m'acclimater plus facilement à ce poste. On peut me mettre n'importe où. Tant que j'ai l'impression de servir à quelque chose, je le fais.

Aujourd'hui, souhaitez-vous vous installer sur la durée à ce poste ?

Je suis du genre à vivre au jour le jour. Si ça se passe bien pour moi et pour le groupe, tant mieux. Si ça se passe moins bien, on passera peut-être à autre chose. Mais je suis parti pour faire la saison à ce poste même si le coach sait que je peux dépanner au milieu parce que c'est là où je joue à la base.


"Jouer à domicile doit être une force, avec nos supporters"


Ne pensez-vous pas que cette polyvalence puisse vous desservir ?

On m'a souvent dit ça, mais pour l'instant tout va bien. Je pensais rester au milieu de terrain toute ma carrière et finalement tout est allé très vite. J'ai pu le constater avec le coach. Mais franchement, ce n'est pas de la langue de bois. Tant que c'est dans l'intérêt du groupe, ça me va.

Quels ingrédients le groupe devra-t-il mettre pour éviter de reproduire les erreurs de la saison passée ?

Il va falloir repartir sur les mêmes bases que notre fin de saison, ne pas se prendre pour d'autres et être une équipe combative. On ne sera peut-être pas la plus belle équipe à voir jouer, mais on va essayer d'être solide, tout en essayant d'avoir des libertés offensives en se projetant vers l'avant du mieux possible.

La pression de Picot semblait aussi vous paralyser...

Je ne sais pas si c'est une impression ou une réalité, mais on a eu un gros coup de mou ici. D'entrée, le coach a mis l'accent sur le fait qu'on devait reconquérir notre stade. Ça doit être chez nous et pas chez quelqu'un d'autre. C'est l'idée. Jouer à domicile doit être une force, avec nos supporters.

Quel message avez-vous à transmettre à ces supporters qui ont souffert la saison dernière ?

Ils ont souffert parce qu'on n'a pas fait tout ce qu'il fallait pour qu'ils soient bien chez eux. On va devoir avancer ensemble et j'espère qu'ils continueront à nous supporter comme ils l'ont fait à la fin de la saison. Quand c'était compliqué, eux aussi se sont remis en question. Ils sont venus nous supporter parce que ça ne sentait pas très bon pour le club. Si on reste là-dessus, je pense qu'on peut réaliser une bonne saison.

Aucun objectif clair n'a été établi au niveau du classement ?

Non. Je pense qu'il faut voir match après match. Il va falloir être solide à domicile et gratter le maximum de points à l'extérieur. Si on met tous les ingrédients, on aura le droit à de belles choses.

Propos recueillis par Benjamin Quarez

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